Canicule en convoi, comment ne pas finir au cimetière

0
510
Elle est là : la canicule est de retour. Pas encore comparable au pic de chaleur de 2003, elle n’en est pas moins potentiellement dommageable.
2003, le retour ?

La canicule de 2003 et celle qui se profile dans les prochains jours sont différentes : ce qui caractérise cette canicule cru 2015, ce sont les records de température qui tombent un peu partout : intense, donc. En moyenne, la canicule de 2003 était plus  »fraîche » (je vous rassure, pour ceux qui s’en souviennent, cette phrase était aussi bizarre à écrire qu’elle l’est à lire), mais s’est caractérisée par sa durée dans le temps et le maintient des températures la nuit, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui.

Il est donc trop tôt pour tirer un bilan ou même définir le phénomène, mais pas pour s’en prémunir. Afin de conserver ses lecteurs vivants et en bonne santé le plus longtemps possible, voici quelques conseils pour les équipes de convoi.

Que faire en cas de forte chaleur en convoi ?

Adaptez les tenues

Rien n’empêche, lorsque les températures sont trop élevées, de procéder à un convoi en tenue allégée, d’une veste, par exemple. Les familles, qui subissent les même chaleurs que vous, ne vous en voudront pas. La seule précaution à prendre est de les faire prévenir, soit par l’assistant funéraire, soit par le Maître de Cérémonies. Par contre, veillez à ce que tout le monde soit en chemisette, ou, le cas échéant, en chemise à manches longues non retroussées : des manches retroussées, ça fait touriste.

Enfin, c’est le moment ou jamais de négocier avec le patron des tenues en coton. Le coton a l’immense avantage du coton est de laisser l’air circuler tout en absorbant la transpiration.

Lire aussi :  PFG, première marque du funéraire pour les Français

Utilisez la climatisation intelligemment

La plupart des corbillards sont aujourd’hui équipés de climatisation. Et la climatisation, c’est bien. Évitez toutefois de la pousser à fond : il est vrai qu’il peut être tentant de s’offrir un grand bol d’air à 16 degrés pour se rafraîchir lorsqu’il fait quarante en plein cimetière. Mais 40 – 16 – 40, c’est le score d’un rhume parfait.

Cherchez l’ombre

Vous n’avez pas le choix, à moins d’avoir une chance extraordinaire, la tombe ou vous inhumerez sera en plein cagnard. Par contre, il y a certainement des abris ombrés. Si possible, faites faire le recueillement et la partie statique dans cette zone. Vous verrez que la famille acceptera bien volontiers. Mieux vaut deux minutes de plus de vigoureux portage qu’un quart d’heure statique en plein soleil, le temps que tout le monde bénisse.

Buvez et hydratez vous

Buvez régulièrement et sans attendre d’avoir soif, au moins 1 litre et demi à 2 litres par jour, sauf en cas de contre-indication médicale. Le maître-mot est régulièrement : boire un litre et demi d’un coup ne sert à rien.

S’hydrater, c’est aussi chercher l’eau ou elle se trouve, c’est à dire dans certains légumes et les fruits. Un sandwich au concombre et au fromage frais, avec, au dessert, une pêche, est un bien meilleur menu quand il fait chaud qu’un burger ou une tartiflette.

Enfin, n’hésitez pas à utiliser les vaporisateurs d’eau. Astuce : vaporisez-vous allègrement le cou, sur les côtés, ou passent les veines et artères qui alimentent la tête. Ca vous évitera la céphalée de fin de journée, si vous y êtes sensible.

Que ne pas faire ?

Une bonne mise en bière ?

Lire aussi :  Bernier Probis vient d’acquérir F.A.M.A. en région parisienne

Il est tentant, entre deux convois, ou en fin de journée, le bon demi de bière servi dans un verre dégoulinant de condensation tellement elle est fraîche. Pas de chance, l’alcool contenu dans la bière déshydrate : le remède est pire que le mal.

Une bonne douche froide ?

Une douche froide pour se rafraîchir ? Assez déconseillé. Au pire, vous aurez le droit à un bon infarctus offert par votre organisme intensivement tout au long de la journée par le métier des pompes funèbres, qui n’est pas le moins physique. Au mieux, vous serez enrhumé. Par contre, prendre une douche tiède peut être sympathique. Surtout si on ne se sèche pas : l’eau qui s’évapore sur la peu procure une sensation de fraîcheur. Essayez.

Le droit de retrait

À partir du moment où le salarié estime que l’exercice de son travail présente un danger pour sa personne, il a le droit d’exercer ce que l’on appelle un droit de retrait. C’est ce que mentionne l’article L4131-1 du Code du Travail. Ensuite, l’employeur a la possibilité d’accepter ou de refuser ce droit de retrait. Si il le refuse, c’est un juge qui tranchera si l’initiative de l’employé constituait un motif raisonnable ou non. Si l’entreprise n’a rien fait pour remédier à la chaleur et au bien-être de ses salariés, cela peut d’ores et déjà constituer un motif raisonnable. Attention toutefois : ce métier, vous l’avez choisi en toute connaissance de cause, et un retrait peut entraîner une annulation ou un report de convoi, avec un préjudice inestimable pour une famille derrière. Donc, le droit de retrait, en pompes funèbres, c’est : vous avez le droit, mais ne le faites pas.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.