Carrières des pompes funèbres : progression ou impasse ?

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Une carrière dans les pompes funèbres : hasard ou destinée, il arrive qu’un jeune fasse ses premiers pas professionnels au service des morts, et se retrouve, surpris, à l’âge de la retraite…

Crise des vocations

2007-03-31-06-51-02-un-corbillard-cercueil-inhabituel-300x225 Carrières des pompes funèbres : progression ou impasse ?
La taille de la société fait peu sur les possibilités d’évolution. Faites plus attention aux conditions de travail…

Mais que décrire au jeune postulant qui souhaiterait entrer dans la profession ? Il est hélas triste de constater que, décrit de l’extérieur, ce métier difficile et exigeant peut se résumer à peu de chose près par : « Une fois que tu auras compris comment faire, tout ira bien, puisque dans quarante ans, tu feras toujours la même chose… ».

Il en est sûrement parmi nos lecteurs qui vont bondir de leur chaise, et pourtant : combien de porteurs entrés dans une entreprise moyenne de pompes funèbres occuperont un autre poste que porteur lors de leur départ à la retraite ? Combien, dans vos entreprises, avez-vous vu partir de jeunes au bout de quelques années, quelques mois parfois, généralement de bons éléments, parce qu’ils « n’allaient pas faire ça toute leur vie ? ».

Recruter, actuellement, est relativement facile, parmi les jeunes qui n’ont pas d’emploi et sont prêts à signer pour un salaire. Quoique, beaucoup m’objecteront que la plupart des candidatures sont, pour des raisons trop longues à expliquer ici et qui n’ont rien à voir avec la qualité des personnes, à jeter à la poubelle. N’empêche, il s’agit de motiver les personnels à rester, et la difficulté n’est pas que financière.

Structures

A de rares exceptions prêt, les échelons dans l’entreprise sont courts. L’on pourra, grosso modo, déterminer quatre paliers : chauffeurs-porteurs, Maître de Cérémonies, assistant ou conseiller funéraire et enfin responsable d’agence. Les termes peuvent varier. Mettons à part les thanatopracteurs, qui peuvent exercer, outre leur spécialité, toutes ces fonctions.

Les Maîtres de Cérémonies se font de plus en plus rares, en tant que spécialistes dédiés. De plus en plus, l’on voit des Maîtres de Cérémonies qui sont soit des porteurs sachant bien s’exprimer, faisant office pour l’occasion, ou bien les assistants ou conseillers funéraires eux-même, qui ont reçu la famille. Cette dernière solution étant préférable entre toutes, puisque l’expérience démontre que moins le nombre d’interlocuteurs est élevé, plus la satisfaction de la famille augmente.

La progression est d’autant plus limitée dans les petites sociétés ou le chef d’agence en est en même temps le propriétaire, même s’il en possède plusieurs ; dans la plupart des cas, la gestion des affaires courantes est donnée à un conseiller de confiance qui se voit ainsi confier un peu plus de variété dans ses tâches.

Carrières bloquées ?

Le cas le plus problématique est celui des porteurs. Emploi nécessitant peu de qualifications et donc peu d’études, les diplômes peuvent agir de répulsifs. Un employeur se dire qu’un porteur, généralement ayec un peu plus du SMIC, ne restera pas longtemps dans le poste s’il trouve un emploi mieux adapté à son niveau d’études, et donc à ses aspirations salariales.

Les jeunes non-diplômes se retrouveront, eux, bloqués au poste de Maître de Cérémonies, s’ils progressent, puisque un diplôme de conseiller funéraire exige un BAC + 2.

La seule évolution possible pour un porteur, à part se voir ouvrir quelques responsabilités comme l’entretien et la gestion technique d’un funérarium, est une évolution salariale. Celle-ci est relativement limitée : un convoi reste un convoi, et l’expérience d’un porteur améliorera la qualité de son travail, pas sa productivité. Un porteur équilibriste capable de porter sept compositions florales au pas de course à travers un lieu de cérémonie déplaira à la famille. L’évolution de salaire se basera donc uniquement sur l’ancienneté, d’éventuelles primes, que sur une « montée en grade » éventuelle.

Solutions ?

Les solutions, malheureusement, semblent inexistante. Et le problème est réel, comme le montrent des gréves dont nous avons parlé dans notre revue de presse, récemment.

Embaucher des jeunes un peu plus qualifiés, leur proposer un salaire décent dès le début, les faire évoluer en finançant leur formation ? Possible, mais coûteux, et dans la conjoncture actuelle, le turn over semblera une solution plus viable.

Et, bien sûr, insister sur le métier en lui-même. Combien de professions permettent d’avoir un aperçu si différent de toutes les strates de la société, combien de professions donnent la certitude, en commençant sa journée le matin, qu’on ne sait pas de quoi elle sera faite ? Les pompes funèbres sont un métier ou la routine n’existe pas. Pour certains, cela suffit amplement, mais pas pour tous.

Reste à souhaiter, pour ces jeunes gens, que le patron ait une fille ou un fils, et réussir à l’épouser. Evolution et piston sont deux mots qui vont très bien ensemble.

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