Cassandra et Sarah, écrire la mort pour la comprendre

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Sarah et Cassandra

Belles, jeunes, rebelles…Enfin…surtout rebelles. Écrire et en faire son travail ça n’est pas toujours évident. Écrire sur la mort l’est encore moins. Mais avouez, on fait ça plutôt bien non ? En tout cas, on essaie parce qu’écrire c’est aller sans cesse au delà de nous-mêmes.

Portraits croisés de deux femmes, qui ont choisi de croiser leurs parcours.

900 kilomètres, c’est la distance qui nous sépare elle et moi. Pas le même âge, ni la même formation, bref dit comme ça, peu de chose en commun.

Et pourtant… Cassandra a ce qui m’intrigue tant chez les professionnels du funéraire, non pas cette envie de travailler dans le milieu, mais l’envie irrépressible de ne plus jamais le quitter : « la mort était quelque chose de très effrayant pour moi, avec le temps et un peu de courage j’ai poussé la porte d’une boite de PF et j’ai demandé un stage, je me suis dis sois je suis traumatisée à vie, soit ça va me plaire (…) et je n’ai jamais pu décrocher de ce milieu »

En discutant on se rend vite compte qu’on est totalement complémentaires. Elle le dit elle-même dans sa présentation, cartésienne, elle sonde le cerveau humain. De mon côté totalement Goffmanienne, je n’envisage le monde et sa compréhension que dans les interactions. Elle, plutôt sombre, moi plutôt optimiste. On a tout pour se réunir.

Elle écrit sur la mort, j’écris sur les gens qui travaillent avec elle.

Sarah, 28 ans, auteure éditrice.
Sarah-225x300 Cassandra et Sarah, écrire la mort pour la comprendreOn me demande souvent comment j’ai pu faire des études de socio anthropologie sur la thanatopraxie.
C’est tout simple. Dans mon parcours j’ai toujours traité des questions du corps et de ses représentations, à un moment je me suis attaquée aux différents tabous dans la société. Et il s’est avéré qu’à l’heure du grand déballage érotico-porno-sanglant à la télé, à l’heure où voir quelqu’un se faire décapiter en passant à table ne choque personne, le cercueil lui, même vide, terrifie par sa seule présence.

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Fallait que j’aille voir ça !
On dit souvent que le milieu est dur, fermé. J’ai eu de la chance, j’ai été toujours très bien accueillie. J’ai vite compris que derrière le trocart se cachait des enjeux professionnels plus importants. Je suis toujours dessus, je sortirai un livre pour en parler, ça fait huit ans que ça me passionne et…ça n’est pas prêt de s’arrêter.

Cassandra, 22 ans, blogueuse et assistante funéraire.
Cassandra-300x200 Cassandra et Sarah, écrire la mort pour la comprendreJ’ai toujours aimé la criminologie à la base, mais entre la télé et la réalité, on n’a pas le même ressenti, je voulais voir quel serait le mien. Ce qui me pousse à écrire sur la mort c’est le côté métaphysique. Apprendre, bousculer et transmettre ce que j’ai appris, c’est ça qui me plait. Combattre l’ignorance aussi parce qu’on le sait, il y a beaucoup de fausse vérité autour de la mort. Le domaine est intéressant et intrigant dans le sens où la mort est l’une des rares choses que l’Homme ne peut pas contrôler. Jusqu’à présent personne ne peut changer ce cycle qui est vivre pour finir par mourir. (Photo par Jéremy R.)

Pour les retrouver sur la toile:

www.lapetitegomme.fr

https://www.facebook.com/MoriartyJ.Moran/

Par Sarah Paquentin

La petite gomme est une maison d’édition qui accompagne l’enfant dans des périodes complexes de sa vie, comme le décès d’un proche ou le divorce de ses parents.

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