Centres de formation funéraire : saturation et argent facile

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centre de formation funéraire

Il y a un malaise dans la profession, et un malaise sérieux. Et ce n’est pas un hasard si je choisis le mercredi, jour où habituellement se trouve la rubrique formation, pour aborder ce sujet. En effet, c’est de business dont il est question, et de la pléthore de centres de formation funéraire qui ont quitté les rives de la transmission du savoir pour faire cap vers l’argent facile.

Pléthore de candidat nuit, point

C’est un phénomène que nous observions depuis quelques temps, mais un échange téléphonique avec un ami qui tient une pompe funèbre a confirmé ce que nous soupçonnions : « Dis, Guillaume, il faudrait peut être que tu fasses un article sur les centres de formation qui pullulent, parce que hier, mon assistante a reçu 14 CV. Oui, quatorze ! ».

Mon ami ayant pour habitude de rester correct, et de répondre systématiquement à toutes les offres, même par la négative, un dialogue s’est instauré avec certains prétendants. Et tous tiennent le même discours : on leur a certifié, en rentrant en formation, qu’ils trouveraient du travail aussitôt. Et tous galèrent.

Tous, ou presque, sortent de centres de formation aux métiers du funéraire qui enchaînent les sessions. Jusqu’à huit ou neuf par an. Et cet afflux de chair fraîche sur le marché du funéraire n’a, à terme, que des effets négatifs.

Trop de formation tue la formation

Parce que des centres de formation sérieux, ça existe. L’IFFPF, l’ENAMEF, l’EFFA, ROC ECLERC Académie ou Nova Formation, par exemple, tous de fonctionnement différent, partagent la même réputation de sérieux. D’autres écoles, internes à des groupes, comme la formation PFG, n’ont plus rien à démontrer.

Mais toutes ces écoles trient leurs élèves sur le volet. Sur les compétences, sur la motivation, sur les chances de décrocher un emploi par la suite. En un mot, une démarche responsable, garantissant à la fois l’avenir de ces jeunes gens et leur qualité, puisque la formation est dispensée à des personnes qui ne sont pas là par hasard.

Tous ces efforts, toutes ces démarches sont ruinées, littéralement, par des centres de formation anarchiques, qui n’ont pour seul objectif que de remplir leurs quotas.

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Coke en stock

Évidemment, une des hypothèses est : pourquoi continuer de payer, parfois bien, des conseillers funéraires, quand on a autant de chair à canon morte de faim qui sort des écoles ? Bien évidemment, les pompes funèbres attachées à leur image et à la qualité de service ne le feront pas. Mais tout le monde n’aura pas ces réticences : cela s’appelle le dumping social.

Mais quel est le problème, exactement ? Le problème est simple et double. Pardon : il y a deux problèmes, simples à comprendre.

Le premier, c’est que si j’ai envie de ne pas finir cet article, par exemple, et, à la place, d’ouvrir un centre de formation funéraire dans mon garage, rien ne m’en empêche. Non, attendez, ça ne compte pas, je suis un professionnel. Mieux : si mon chien, qui est à côté de moi tandis que j’écris, a envie d’interrompre sa sieste, et de monter une école de formation dans mon garage, rien ne l’en empêche.

Tout au plus l’ennuiera-t-on sur l’absence de sortie de secours, mais certainement pas sur le fait qu’il n’ait aucun diplôme, aucune expérience, aucune compétence. Une habilitation ? Pour quoi faire ?

Pôle Emploi, ta banquise fond

Le second, comme nous l’expliquait cyniquement le formateur d’un de ces centres, peut se résumer ainsi : « Tant que Pôle Emploi paie des formations à mes stagiaires, pourquoi je m’en priverais ? ». Oui, parce qu’attiré par des perspectives d’embauche réelles ou supposées, dans le secteur, Pôle Emploi paie des formations à tire-larigot.

Ah, un détail amusant, enfin, façon de parler : si vous allez à Pôle Emploi, vous inscrire en tant que professionnel du funéraire, vous serez identifié par un code profession. Code profession qui est identique, que vous soyez conseiller funéraire, porteur-chauffeur, marbrier ou thanatopracteur. Pensez donc, c’est la même chose, tout ça !

Les solutions ? Il y en a, plein. Exiger une habilitation pour les écoles, créer un numerus clausus, voire prendre son bâton de pèlerin et aller expliquer à Pôle Emploi que, bon, ce n’est plus la peine, on a ce qu’il faut, merci !

Mais surtout expliquer à tous ces petits jeunes qui se dirigent vers les écoles des métiers du funéraire, les yeux emplis d’espoir, que ce n’est pas la peine. Qu’ils ont une chance infime de trouver du travail, à condition de sortir du bon centre, et que la profession ne les attend pas. Pire : elle n’a pas besoin d’eux.

C’est triste, mais c’est ainsi.

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Formation, métiers et diplômes du funéraire

1 commentaire

  1. Bonjour je suis ravi de lire cet article qui est dans la totalité dans la réalité effective de nos jours. Je suis diplômé depuis 10 ans, dirigeant d’une modeste structure depuis et vrai que nous recevons tout les jours des postulat, mais nous sommes dans l’obligation de refuser en masse les nouveaux élèves et pire de voir le nombre de pompes qui voient le jour.

    Pour exemple un ami ouvre cette année ça structure sont habilitation fini par 1158 soit depuis le 1 janvier 2017 environ 1000 nouvelles habilitation rien que sur le 59.m, affligeant.

    Il m’explique que les pompes funèbres sont hébergé dans des domicile privé, le dirigeant seul gère les quelques familles qui s’adresse à lui et les subsides directement en grosse partie dans la poche et les cérémonies bacler.

    Pour ma part, je viens de déposer une demande pour l’ouverture d’un centre de formation, encore un me direz vous, mais nous avons palier à former PROPRE cette nous avons dépensé quelques sous mais je ne peu pas toléré de voir quitter MON centre des pauvre gars sans avenir.

    Disposent d’un espace de bâtiment important, nous avons la salle de classe, mais aussi une salle de préparation de cercueil ou les jeunes stagiaire equiperons un cercueil puis pour simuler une mise en bière, une fermeture du portage avec complexité.

    Et nous sommes entouré de professionnels, intervenants à chaque étape tel que thanato, banquier, comptable et avocat.

    Tolérance zéro, si il ne sais pas il ne sera pas diplômé, dès l’entrée nous demandons une lettre pour observer une véritable motivation et non un moyen de travailler dans diplôme.

    Moi dirigeant convaincu de mes sentiments et de ma passion, rien ne sera laisser au Hazard, pour faire une parabole  » le Funéraire tu le vie,ou tu le quitte »

    Salutations.

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