Charlie Hebdo du funéraire du 8 janvier 2015

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Revue de presse spéciale Charlie Hebdo

  •  Des hommes armés ont attaqué, mercredi 7 janvier au matin, vers 11 h 30, le siège de l’hebdomadaire « Charlie hebdo », à Paris. Selon le dernier bilan, 12 personnes ont été tuées dont deux policiers et quatre grands noms de l’hebdomadaire, les dessinateurs Charb (également directeur de la publication), Cabu, Wolinski et Tignous. L’économiste Bernard Maris, qui signait des chroniques sous le pseudonyme d’Oncle Bernard, dans « Charlie Hebdo », s’ajoute à la liste des victimes de l’attentat.
  • Onze personnes ont également été blessées dont quatre se trouvent actuellement dans un état grave.
  • Le procureur de Paris François Molins a évoqué un groupe d' »au moins deux individus », ajoutant qu’un témoin avait fait état de trois assaillants. Plusieurs milliers de policiers et gendarmes sont lancés à leur poursuite. Un appel à témoin concernant deux frères, Chérif et Said Kouachi, 32 et 34 ans, a été diffusé par la police. D’après une source policière contactée par France 24, le raid est mobilisé sur deux villes, Reims et Charleville-Mézières, au nord-est de Paris.
  • Un jeune homme de 18 ans s’est présenté à la police mercredi soir, à Charleville-Mézières, après avoir vu son nom circuler parmi ceux des suspects dans les réseaux sociaux. Il a été placé en garde à vue.
  • Au cours de l’attentat, les assaillants auraient crié « Allah Akbar » et « on a vengé le prophète », selon plusieurs vidéos. Il n’y a pour le moment aucune revendication. Un numéro vert d’appel à témoins a été mis en place : 0805 02 17 17
  • Le président Hollande, qui s’est rendu sur place, a évoqué une « attaque terroriste ». Au cours d’une allocution télévisée, il a déclaré que la France avait été « attaquée en son cœur ». Il a annoncé une journée de deuil national jeudi et un moment de recueillement à 12 h. « Notre meilleure arme, c’est notre unité », a-t-il insisté.
  • Plus de 100 000 personnes se sont déjà rassemblées mercredi en fin d’après-midi et au cours de la soirée dans toute la France, selon un décompte de l’AFP, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat.
  • Une réunion interministérielle de crise s’est tenue dans l’après-midi après à l’Élysée autour de François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls. Le plan vigipirate a été activé au niveau maximal en Île-de-France. Les journaux et lieux de culte sont sous protection policière.

Rarement les rédactions de France n’ont travaillé dans une ambiance si plombée. L’attentat meurtrier contre l’équipe de l’hebdomadaire Charlie Hebdo, mercredi matin, a saisi d’effroi les journalistes. Certains connaissaient des victimes ; tous ont ressenti douloureusement l’assassinat de leurs leurs pairs et contre un idéal commun, la liberté de la presse. Après les hommages rendus par de nombreuses rédactions (sous la forme d’une minute de silence et en se joignant mercredi soir au rassemblement place de la République à Paris), certains sites Internet et les unes des journaux de jeudi témoignent de cette émotion et de cette indignation.

12 personnes ont été tuées mercredi 7 janvier lors de l’attentat contre « Charlie Hebdo » : huit journalistes, un employé du journal qui était à l’accueil, un « invité », un policier affecté à la protection des personnalités et un policier qui patrouillait à l’extérieur. Parmi les journalistes, cibles des terroristes, figurent notamment : le directeur de la rédaction et dessinateur Charb, le directeur artistique et dessinateur Cabu, les dessinateurs Tignous et Wolinsky et le journaliste Bernard Maris.

Il y a eu également, 11 blessés dont 4 graves, parmi lesquels le journaliste Philippe Lançon et deux policiers.

Charb

De son vrai nom Stéphane Charbonnier, Charb était protégé par le service de protection des personnalités depuis l’affaire des caricatures de Mahomet. Celui qui le protégeait a également été tué dans les locaux. Selon une de ses confrères, interrogée par le « Monde », qui n’était pas dans le journal, Charb « se déplaçait parfois sans ses policiers, ce qui est un signe qu’il n’était pas inquiet à chaque instant. »

Il a pris la suite de Philippe Val en mai 2009. Dans le journal, sa place était notamment dans la rubrique « Charb n’aime pas les gens ». Il dessinait régulièrement pour « Fluide Glacial » dans lequel il avait sa chronique : « La fatwa de l’Ayatollah Charb », ainsi que « L’Echo des Savanes », « Télérama », « L’Humanité ». Il a longtemps soutenu le Parti communiste, puis le Front de gauche.

Dans une interview au « Monde », il disait après l’incendie des locaux de l’hebdomadaire en 2011, en représailles de la publication des caricatures de Mahomet. : « C’est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux. »

Cabu

De son vrai nom Jean Cabut, avec ses lunettes cerclées et son éternelle coupe au bol, Cabu, 76 ans, était un pilier du journal. Il avait en ligne de mire les politiques, l’armée, toutes les religions… Son coup de maître est le « beauf », apparu en 1973 dans « Charlie Hebdo ». Une caricature de Français gueulard, alcoolique, raciste, inspiré d’un patron de bistrot, dont il fait une vedette. Au point de le faire entrer dans le dictionnaire: « Beauf. Beauf-frère (d’après une B.D. de Cabu). Français moyen aux idées étroites, conservateur, grossier et phallocrate » (Le Robert).

Ses caricatures de Mahomet publiées en 2006 ont valu à l’équipe de « Charlie » des menaces de morts. Ecologiste convaincu, il avait soixante ans de carrière et plus de 35.000 dessins à son actif.

Georges Wolinski

Le père du célèbre « Roi des cons » était aussi un pilier de la bande de « Hara-Kiri » dans les années 60 puis de « Charlie Hebdo ». C’est lui aussi qui caricaturera Michel Debré, alors ministre de la Défense, avec un entonnoir sur la tête.

Il participe également à l’aventure de « Charlie Mensuel », dont il est le rédacteur en chef de 1970 à 1981. A partir des années 80, il travaille pour différents quotidiens ou magazines comme « L’Humanité », « Libération », « Le Nouvel Observateur ». Dans « Charlie », chaque semaine, Wolinski met en scène deux personnages, un maigre timide et un gros, dominateur et péremptoire, qui enchaîne les propos de comptoir.

Le dessinateur, qui était âgé de 80 ans, avait quelque 80 albums à son actif, des compilations de dessins d’actu et de vraies BD, comme les célèbres aventures érotico-farfelues de Paulette. En 2005, il a été couronné par le Grand Prix du 32ème festival d’Angoulême et en 2012 la très digne BNF lui avait consacré une rétrospective pour ses 50 ans de dessins. Il acceptait ces honneurs avec le sourire, comme il avait accepté la Légion d’honneur épinglée par le président Jacques Chirac. Outre son autobiographie (« Mes aveux »), il a aussi écrit pour le théâtre (« Je ne pense qu’à ça », « Le Roi des cons »…) et la télé (« Scoopette, la nympho de l’info », pour Canal+), en privilégiant son sujet favori : les relations hommes-femmes et bien sûr le sexe.

Tignous

De son vrai nom Bernard Verlhac, Tignous était un collaborateur régulier de « Charlie Hebdo ». Agé de 57 ans, il a commencé à écrire pour la presse en 1980 et a collaboré régulièrement à « Marianne », « Fluide Glacial », « L’Express » ainsi qu’à des émissions télévisées avec Laurent Ruquier, Marc-Olivier Fogiel ou Bruno Masure, dans lesquelles ses dessins accompagnaient les débats. Il a couvert différents procès pour le journal satirique. Ses croquis du procès Colonna ont donné lieu à la publication d’un album en 2008 qui a reçu le prix France-Info 2009.

« Un dessin de presse, c’est super dur à réussir parce qu’il faut tout mettre dans une seule image. C’est tout le contraire de la BD », disait-il.

Son dernier livre, « Cinq ans sous Sarkozy », publié en 2011 chez l’éditeur 12 Bis, compilait ses dessins de presse. Une manière de se remémorer avec humour les hauts faits et affaires du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à travers l’oeil d’un des plus fervents détracteurs de l’ex-président de la République.

Bernard Maris

Journaliste et économiste de gauche, Bernard Maris était un habitué des plateaux télé. Il signait sous le nom de « Oncle Bernard » dans « Charlie ». Il a également écrit pour « Marianne », « Le Figaro Magazine », « Le Monde » et « L’Obs ». Il tenait aussi une chronique sur France Inter, intitulé « J’ai tout compris à l’économie ».

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