« Charlie Hebdo » : la police en deuil

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Un policier protégeant les personnalités menacées, un flic de base en tenue, une stagiaire d’un service municipal : la folie aveugle des terroristes a touché ces deux derniers jours des fonctionnaires de toutes origines, de tous services. « Nous avons payé un lourd tribut pour la défense des valeurs républicaines», a commenté un responsable syndical.

Aussi ont-ils leur slogan, affiché par exemple sur le site du syndicat SGP-Police : Nous sommes tous « Charlie », nous sommes tous « Policiers ». Pour qu’on n’oublie pas qu’il n’y a pas eu que des dessinateurs célèbres victime des récentes attaques.

Dès hier jeudi midi, à l’heure de la minute de silence nationale, des rassemblements de policiers se sont tenu un peu partout en France. Comme celui, plus médiatique, dans la cour de la Préfecture de Paris, en présence du Président Hollande et du gouvernement. Une centaine de fonctionnaires, recueillis. Comme à Marseille, aussi, où le préfet, l’état-major et une grosse troupe grave sont venus entourer Philippe Brinsolaro, policier, frère jumeau de Franck, 48 ans, garde du corps de Charb, abattu avec le dessinateur qu’il protégeait.

Très affecté, Philippe Brinsolaro a souligné le dévouement de ses collègues, leur rôle de protecteurs « de la Nation ». Franck, marié, deux enfants, habitant la Normandie, était affecté à l’unité spéciale de protection des VIP. L’imam modéré de Drancy (Seine Saint-Denis), Hassen Chalghoumi, lui-même menacé, l’a connu. « Ces gens protège la liberté. Ce sont des héros », a-t-il glissé à une télévision.

L’image a été saisie lors du rassemblement Place de la République, à Paris mercredi soir. Des manifestants criant « Police, merci ». Image rare ici, lieu habitué aux manifestations contestataires. Image insolite aussi, s’agissant de l’anticonformiste « Charlie Hebdo ».

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Horrifiés, plusieurs syndicats d’hommes en tenue, de gradés, ont appelé le gouvernement à la fermeté. A ce que des moyens importants soient mis à leur disposition. La colère est forte. L’émotion aussi, après la circulation sur internet de la vidéo montrant les terroristes blesser puis achever à terre le gardien Ahmed Merabet, 42 ans, en poste à la brigade VTT du 11e arrondissement parisien, originaire de Seine Saint-Denis. « On l’a très mal vécu », confie un fonctionnaire.

Ils incluent à leurs hommages Clarissa Jean-Philippe (26 ans), la jeune policière municipale stagiaire de Montrouge (Hauts-de-Seine). Elle avait quitté Sainte-Marie en Martinique pour la Métropole en 2013. Elle venait de passer Noël aux Antilles, avant de reprendre son service. L’AFP y a interrogé des habitants, qui se souviennent d’une « jeune fille très motivée, très enthousiaste, désireuse de réussir ». Sur son site internet, la municipalité de Montrouge se déclare ce vendredi « en deuil » et rend hommage à son agent « victime d’un terrible assassinat dans l’exercice de ses fonctions ». Elle assure la famille de son soutien et informe qu’un registre de condoléance est ouvert en mairie.

(Captures d’écran France 2 et site SGP-Police)

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