Christian Rauth, vous connaissez ?

0
1231
Christian Rauth

Christian Rauth, vous connaissez ?

Mais si, souvenez-vous il fut « mulet » chez Navarro, mono dans « les Monos » et maire dans « Père et Maire ». On a pu le voir aussi dans différents autres films et téléfilms. Christian Rauth, c’est un acteur qui depuis quelques années est dans notre vie à tous grâce, entre autres, à la télévision.

Christian-Rauth Christian Rauth, vous connaissez ?
Christian Rauth

Mais voilà, eh bien figurez-vous qu’en plus de faire l’acteur, d’avoir sa compagnie de théâtre, de mettre en scène, cet homme-là écrit et il écrit même plutôt bien. Il a commis il y a déjà quelques temps un Poulpe, le Poulpe c’est Gabriel Lecouvreur, on lui a flanqué ce surnom car il a de très longs bras, aussi longs que des tentacules de poulpe, il est plus ou moins détective de gauche, a été créé par Jean-Bernard Pouy, et depuis des auteurs différents se collent à narrer une de ses aventures, je vous en ai parlé il y a peu avec Sarko et Vendetti de Sergei Chefdeville.

Quand Gabriel Lecouvreur est entre les mains de Christian Rauth, cela nous donne un Poulpe vindicatif et vengeur. Pascal Bassier, journaliste à France 3 est retrouvé mort, une balle en plein coeur, dans une camionnette de la chaîne télé, avec, à ses côtés, le cadavre d’un môme torturé, défiguré et ayant subi des sévices sexuels. L’affaire est vite classée, Bassier étant homosexuel, il aurait eu des attirances pour l’adolescent, et se serait suicidé après son horrible méfait.

Mais ce n’est pas du goût du Poulpe, qui était un ami d’enfance de Bassier et qui décide d’enquêter sur cette affaire. Car son pote n’était pas porté sur les enfants, loin de là et en plus un gaucher qui se suicide de la main droite, c’est assez rare.

Un Poulpe fluide, sympathique, une bonne intrigue, car Rauth a une imagination assez fertile. Sous cette trame de bétonnage de la vallée de la Brie, nous allons croiser un moine pédophile, une directrice d’école nymphomane, un puma, quelques commerçants pas piqués des vers et pas mal de détraqués en tout genre. Bref, ce Poulpe est un bon Poulpe et surtout il est la preuve qu’il ne faut pas coller d’étiquette aux gens. Christian Rauth n’est pas seulement un acteur et un scénariste de série télévisée, c’est avant tout un auteur qui mérite d’être lu !

fin-de-serie-193x300 Christian Rauth, vous connaissez ?Son second polar sorti aux éditions Michel Lafon : Fin de série, est aussi un petit bijou d’humour décalé : Séquence 97, une scène ordinaire, enfin presque : une fois que Lucas Kalou a tiré sur Eddy Ordo, l’interprète du célèbre commissaire Monti, puis retourné son arme contre lui, on s’apprête à faire une deuxième prise. Mais ni la vedette de la série ni Lucas ne se relèvent… Deux morts sur un plateau, on a rarement vu ça !

Enquête bouclée en trois jours par la DCPJ de Paris, qui conclut à la culpabilité de Lucas Kalou. Le comédien se serait suicidé après avoir éliminé la star qui l’avait publiquement humilié.

Rob Marin, l’adjoint de Monti dans le rôle de l’inspecteur Garcia, est indigné : jamais son ami Lucas n’aurait commis un crime pareil. Il décide de reprendre l’enquête mais il a tôt fait de comprendre qu’entre un tournage et la réalité policière… il y a un monde. Fort heureusement pour lui, le lieutenant Plume, de la SRPJ de Marseille, partage son opinion et lui offre son aide contre l’avis de sa hiérarchie. Ensemble, ils vont laver l’honneur de Lucas.

Commence alors une virée déjantée dans le monde de la télévision et de la police. Les balles sifflent et les coups bas pleuvent.

Pourtant il ne leur suffira pas de coincer le coupable, il leur faudra aussi découvrir le responsable.

Et là, comme on dit dans les histoires : ça peut venir de haut, de très haut… et même de très loin.

Certains passages font penser à certaines séries, avec de l’autodérision…

Rencontre avec l’auteur

Sébastien Mousse : Bonjour Christian, tout d’abord merci de m’accorder un peu de ton temps, ma première question est assez bête, tu as dû y répondre des masses de fois : Tu n’en as pas marre d’être surtout reconnu pour la série « Navarro », non pas qu’elle soit mauvaise, mais lorsque l’on écrit, on doit aimer que l’on s’intéresse à son travail ?

Christian Rauth : Marre, non ! Mais un peu surpris, oui… vu que j’ai commencé cette série en 1989 et terminé il y a plus de dix ans… C’est un peu le sparadrap du capitaine Haddock cette histoire de Navarro. Ça me colle à la peau. Mais bon… il y a pire comme fardeau. Le seul problème c’est sans doute pour les auteurs de polars qui me le posent. Il y en a pas mal qui se demandent encore pourquoi je viens marcher sur leurs plates-bandes. Quelle est ma légitimité ? C’est assez marrant, en même temps. On accepte qu’un auteur de romans soit flic, soit procureur, professeur ou ancien taulard, mais acteur… ça passe moins bien. On manque peut-être de diplômes ? Heureusement qu’il y a des gens qui ne s’arrêtent pas à l’étiquette. Comme Gérard Collard, par exemple, qui a parlé de mon livre magnifiquement ou un critique du Canard Enchaîné. De toute façon, la France c’est le pays des étiquettes. Chacun son pré carré…

SM : Aborder l’écriture directement par un Poulpe, c’est quand même assez osé, osé, mais aussi un bon tremplin, c’est une série assez lue et collectionnée… Le résultat est là, le pari est réussi, et le livre vient même d’être réédité, mais tu n’as pas eu le trac quand tu as livré ton manuscrit ?

la-bire-ne-fait-pas-le-moine-192x300 Christian Rauth, vous connaissez ?CR : Le Poulpe était mon premier roman. J’avais écrit pour le théâtre, pour le cinéma et la télévision, mais je n’osais pas me lancer dans la littérature. Le genre polar m’a paru être une entrée en matière possible. Et le fait d’avoir un cahier des charges avec l’obligation de respecter certains Codes, ça m’a rassuré. Et puis, je dois te faire un aveu : j’ai travaillé ce texte comme un malade. J’ai mis plus d’un an pour l’écrire. Je voulais écrire un numéro 164 du Poulpe à la hauteur des premiers numéros, ceux de J.B. Pouy ou Daeninckx ou Patrick Raynal.

SM : Tu fais aussi de la mise en scène, tu écris des scénarios, faire de ton Poulpe un film, ou un téléfilm, cela ne t’a jamais effleuré l’esprit ?

CR : Impossible de faire un film de mon Poulpe ! Trop barré ! Personne ne financerait un film qui traiterait d’une sorte d’affaire Dutroux, avec un pédophile qui finit bouffé par les tigres d’un cirque.

SM : J’ai vu sur ton mur, il y a peu que tu avais pris parti pour la levée d’interdiction des soins de conservation sur les personnes décédées et séropositives au virus HIV, comment as-tu connu cette information, pourquoi cet engagement ?

CR : J’ai été au courant, je crois, par un ami Facebook. Et j’ai relayé la pétition parce qu’en 2014 il est insupportable qu’une loi interdise les soins aux personnes décédées atteintes du VIH. Que ces hommes et ses femmes soient interdits de soins post mortem sous ce prétexte. C’est une loi inique, moyenâgeuse, et indigne de notre république.

SM : Comme tu le sais je suis thanatopracteur, militant du OUI, mais je me pose une question, notre profession est très peu connue, pourquoi, le grand public, les artistes s’intéressent à ce problème, ouvrent-ils des débats ?

CR : Notre société obnubilée par la réussite a privilégié la vie à tout prix : sport, mise en forme, longévité. On ne veut plus mourir, ou on veut mourir le plus tard possible. La mort ne doit donc plus exister. C’est une peur collective qui est maintenant bien ancrée dans les mentalités. C’est bien dommage. La mort est inéluctable, autant la regarder en face. Et quand on me parle de cette question existentielle, je réponds toujours la même chose : te préoccupes-tu de ce que tu étais avant ta naissance ?

SM : Quelle est ton actualité littéraire ou cinématographique du moment, Christian ?

CR : J’achève mon troisième roman, qui ne sera pas vraiment un policier, mais qui tournera autour de l’amour et la mort. Toujours à ma façon, entre drame et humour. Pour ce qui est de mon activité de comédien, j’ai tourné une mini-série de 6 épisodes pour France 3 : « Origines », série qui devrait être diffusée à la rentrée 2014. J’y ai pris du galon : je suis commissaire divisionnaire… Un flic de province un peu désabusé et haut en couleur… comme ses chemises. Je ne vous en dis pas plus.

SM : Je te remercie de cette nouvelle entrevue pour les abonnés et lecteur de Funéraire Info

Sébastien-MOUSSE-©Selene-de-Condat-252x300 Christian Rauth, vous connaissez ?
Sébastien MOUSSE ©Selene de Condat

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.