Cimetières : c’est aussi la crise du logement

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Le Mont des Oliviers, à Jérusalem

Même chez les morts, la crise du logement sévit. Faute de places dans les cimetières locaux, une société funéraire israélienne de Jérusalem lance un projet à 45 millions d’euros : la construction d’une vaste nécropole souterraine, financée par la vente de concession à des clients étrangers.

Laisser la terre aux vivants : c’est le credo de cette société, dans une capitale où l’emplacement coûte jusqu’à près de 18.000 euros. Jérusalem, par sa symbolique, attire des candidats au repos éternel au-delà des murs, au-delà même du pays. Mais voilà : deux cimetières publics saturent, un troisième (privé) y arrive.

Il s’agit donc dans un premier temps de creuser des tunnels pour y accueillir 22.000 caveaux sous le très sacré Mont-des-Oliviers et son immense cimetière juif –une terre en partie revendiquée par les Palestiniens par ailleurs. Selon la tradition, les morts inhumés ici devraient être parmi les premiers ressuscités.

Du côté de Tel-Aviv, où la question de la surpopulation se pose aussi (110.000 concessions dans le grand cimetière local), c’est la solution verticale qui est privilégiée, avec une place au sol réduite. Un architecte a été mandaté en fin d’année dernière pour y bâtir 250.000 tombes verticales réparties en trente édifices. Les autorités religieuses ont approuvé. Insolite certes, mais pas unique. Un gratte-ciel de 32 étages propose de recevoir 180.000 personnes à Santo, au Brésil. Un autre est en projet à Mumbai (Bombay), en Inde. Quant à la surpeuplée Mexico, la capitale devrait hériter d’une tour associant également des sous-sols de 200 mètres de profondeur. En 2011, deux designers participant à un concours ont proposé pareille idée pour Paris : une tour mortuaire, près de la tour Eiffel.

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Il faut dire qu’il y a 230 ans, le Conseil d’Etat décidait de déplacer les ossements des cimetières parisiens (pleins et sans hygiène) vers les catacombes, des carrières d’extraction de pierre. Les premiers transferts débutaient vers ce qui est devenu depuis, alors que la ville a absorbé ses faubourgs de l’époque, le XIVe arrondissement. Les nouveaux cimetières devaient être créés dans la foulée (le Père-Lachaise, Montparnasse…).

Les cimetières sont pleins, et les municipalités doivent trouver des solutions, aidées par la croissance de la crémation. D’où de nombreuses reprises de sépultures abandonnées. A Paris, l’ossuaire de la Ville, au Père Lachaise, reçoit les restes de tous les cimetières locaux. Il est plein lui aussi. Un nouveau se construit cette année en banlieue sud, à Thiais.

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