Cimetières : des morts qui font de la résistance

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Des cimetières déjà trop pleins, et des morts qui refusent de s’effacer : inhumés, les corps sont de plus en plus résistants, constate-t-on, et la décomposition ne se fait plus aussi bien. Faut-il donc repenser les pratiques funéraires ?

D’évidence, le temps de la nature n’est plus celui des hommes. A vouloir jouer sur la première, les seconds ont déréglé les choses, et la mort aussi n’y coupe pas. Il suffisait autrefois de huit à dix ans pour voir un cadavre redevenir poussière. Ce n’est plus le cas. Selon une étude allemande, un tiers des corps enterrés il y a 40 ans dans ce pays ne seraient pas encore décomposés. La Suisse et l’Autriche connaîtraient des situations semblables.

Chercheurs, entrepreneurs de pompes funèbres, administrateurs de cimetières allemands notamment cherchent des explications, et des solutions.

On a d’abord cru que les conservateurs présents dans la nourriture et les cosmétiques pouvaient jouer un rôle. Hypothèse aujourd’hui invalidée. On a aussi mis en cause l’appauvrissement des sols dû aux pesticides, à d’autres pollutions et au réchauffement, qui limiteraient la présence des bers et des bactéries « mangeuses ». D’autres experts ont pour leur part pointé un sur-arrosage des fleurs qui imbiberait le sol, avec le même effet, ou une surabondance d’azote (libéré par les cadavres) et de métaux lourds, qui ralentiraient le processus.

Et puis il y a l’effet des soins de conservations à base de formol demandés par les familles afin que le corps des défunts soit présentable avant les obsèques. Une tendance accrue depuis quinze ans en France.

Alors que faire ? Creuser plus profondément pour descendre plus bas les corps anciens, et faire de la place. Construire en hauteur. Privilégier des cercueils en pin aux cercueils en chêne, plus longs à pourrir. Injecter des produits chimiques dans les corps pour accélérer la putréfaction. Privilégier des caveaux en béton laissant passer l’air, réduisant le temps de la décomposition à douze années. Remplacer le cercueil par un linceul. Permettre l’enterrement en pleine nature. En Europe, chaque pays teste sa solution.

 

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