Cinéma : revivez le procès Guy Georges (Jour 1)

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Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998 lorsqu’il est arrêté, le criminel a opéré dans l’est de Paris, violant, poignardant. Sur les écrans ce mercredi, le film « L’affaire SK1 », signé du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » va publier pendant deux semaines ses comptes-rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans pour ses sept victimes

Mardi 20 mars 2001. Première audience.

« Guy Georges nie déjà

Passé le mur blanc des flashes qui assomment, à l’entrée de la Cour d’assises de Paris, le ton est donné comme une partition dont on sent qu’elle ne variera plus. Le président Yves Jacob, d’un ton urbain : « Bonjour monsieur. Vous êtes Guy Georges ? » Réponse d’une voix atone : « Ce n’est pas mon vrai nom ».

« Vous êtes né le 15 octobre 1962 à Angers de parents inconnus ? » Le présumé tueur de l’Est parisien conteste la version officielle, puisqu’il a localisé père et mère. Puis, face aux familles des victimes qui s’entassent sur quatre rangées, il lâche : « Je n’ai rien à voir avec les faits qui me sont reprochés.»

Guy Georges, 38 ans, cheveux courts, tee-shirt vert, blouson gris jette des regards à droite, à gauche, scrute ces parents orphelins des sept jeunes femmes violées et assassinées entre 1991 et 1997. Il s’arrête un instant sur la rousse Elisabeth O., seule des quatre rescapées à être présente, attentive depuis son fauteuil roulant à l’homme en face, que l’on présente en prédateur urbain.

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Après des aveux précis, l’accusé nie désormais. Il le clame plus tard au témoin Jeanne Morin, sa mère adoptive : « Maman, on a dit des choses dans les journaux. Comment peuvent-ils l’écrire ? Moi, je t’aime. » Après avoir confié son désarroi, la petite septuagénaire avoue : « Moi aussi je t’aime, mais mon cœur se vide. »

Ce procès qui s’est ouvert hier devrait mener la cour et les jurés (cinq hommes, quatre femmes) au-delà des deux semaines d’audience. Avant de sonder, le 2 avril, la psychologie incroyablement complexe de Guy Georges, chaque journée verra d’ici-là dérouler le film sanglant des sept crimes et des quatre tentatives.

« Pourquoi n’avez-vous agressé que des femmes », interroge le président. L’accusé, qui vient d’entamer le récit de son enfance, bloque net. Pas de réponse. Il est en revanche plus disert pour évoquer sa mère naturelle Hélène Rampillon, dont il a « enfin » appris l’existence. La sexagénaire, remariée aux Etats-Unis, s’est fait hier porter pâle.

Guy Georges Rampillon a perdu son nom à quatre ans en devenant pupille de la Nation. Il est confié à sept mois à la nombreuse famille Morin, bonne adresse de la Ddass près d’Angers. « Un enfant formidable, jamais de problème. Il ne se disputait jamais avec ses frères et sœurs », souligne maman Jeanne. Poussée un peu, elle se remémore soudain que Guy au fil des ans a agressé ses sœurs. Christiane à la barre de fer, et Roselyne en l’étranglant. Elle se souvient de « ses yeux rouges », des « livres sanguinaires » trouvés, du jour où Guy finalement a dû être confié en foyer.

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Christiane, 40 ans, sœur de lait terrorisée et en larmes, jette un froid. Car la « bagarre » comme le présente Guy était en fait une tentative d’étranglement dans le grenier. Tentative ratée de peu. Et d’évoquer une lettre, reçue en 1985, où Georges la menace de la renvoyer « jusqu’à la fin de ses jours collée dans un fauteuil roulant » pour avoir témoigné de sa dangerosité lors d’un précédent procès, dans les années 80.

L’accusé, avec aplomb, conteste l’avoir écrite. Mais Christiane exhibe la lettre. Elle a dit vrai. Malaise. »

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