Cinéma : revivez le procès Guy Georges (jour 12)

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Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998, le criminel a opéré à Paris, violant, poignardant. Actuellement en salles, le film « L’affaire SK1 », du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » publie pendant deux semaines ses comptes rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans.

Lundi 2 avril 2001. Onzième audience.

« Les psys estiment Guy Georges incurable

Comment Guy Georges Rampillon, gamin placé à la Ddass, s’est-il mué en ce Guy Georges, tueur en série avoué que la cour d’assises de Paris juge pour sept assassinats et quatre tentatives ? Psychiatres et psychologues n’ont pas eu de trop d’une journée d’audience ce lundi pour y répondre. Avec cette conclusion claire : « une quasi-impossibilité d’imaginer pour lui une thérapie ou une prise en charge. » Dans son état, il est « condamné à la répétition », a ainsi constaté le docteur Michel Dubec.

Le médecin confie son sentiment étrange face à Guy Georges, l’homme qui s’adapte très bien à son environnement, qui propose un contact « facile, cordial », qui « fait entrer son interlocuteur dans la connivence ». Un séducteur qui embobine sa proie.

Des vingt actes criminels répertoriés dans la carrière de l’accusé, les experts relèvent un enchevêtrement de violence prédatrice (celle qui tue froidement) et de violence émotive (celle qui éclate en réaction). Cette violence prédatrice où le « sujet n’éprouve qu’indifférence pour sa victime », Guy Georges l’a d’abord ressenti.

Au fil des années, les attaques au couteau se sont teintées d’une dimension sexuelle. C’est en 1991, avec le premier des assassinats reprochés ici, que la dernière étape –le meurtre- apparait. La mort de Pascal Escarfail, dans son appartement parisien, sera copiée comme un rituel. Parce que cette personnalité au « moi » chancelant ne trouve d’équilibre que dans le passage à l’acte. Et dans son recommencement.

Un crime qui « apaise son excitation, mais qui lui procure plus tard du dégoût ». La femme agressée n’est vue que comme un objet qui n’éprouve rien, que comme une volonté d’emprise. Paradoxe : lui-même ne ressent rien pour elle.

Guy Georges n’est pas mentalement malade. Il possède une intelligence intuitive, qui le fait s’adapter : quand un événement imprévu l’empêche d’agresser, il fuit. Soit en abandonnant sa proie. Soit en quittant momentanément Paris. Ses fameuses pulsions ne sont donc pas si incontrôlables… Il est d’ailleurs tout à fait capable de mener parallèlement une vie normale.

« Quand je l’ai interrogé, témoigne le docteur Dubec, il était capable d’estimer que l’acte qu’on lui reproche n’est pas normal. » Eternel révolté, vaguement contestataire, il se dit victime de la société. Il estime avoir été parfois injustement condamné. Il a déjà agi par vengeance. Il faut aussi aller chercher son isolement dans une grande timidité, dans les conditions de sa naissance, et un mode de vie instable.

« Qu’est-ce qui pouvait l’arrêter ? », interroge l’avocat d’une famille de victime. A la cour, Georges a répondu ces jours derniers : « la mort ».

La cour s’interroge alors sur la portée des aveux passés dans le box. La voie de la réadaptation passe par la confidence, pas par l’aveu. L’accusé, soutient un médecin, ne ressent pas de culpabilité. Quelle thérapie possible, alors ? Dès 1980, quand Guy Georges avait 17 ans et déjà deux actes de violence à son actif, des praticiens exprimaient leurs réserves.

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