Cinéma : revivez le procès Guy Georges (jour 4)

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Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998 lorsqu’il est arrêté, le criminel a opéré dans l’est de Paris, violant, poignardant. Sur les écrans cette semaine, le film « L’affaire SK1 », signé du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » va publier pendant deux semaines ses comptes-rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans pour ses sept victimes

Jeudi 22 mars 2001. Quatrième audience.

« C’était une scène d’horreur

Un commandant de police : « C’était une scène d’horreur, de violence gratuite, un acharnement. Cela inspirait du dégoût. La tête et le buste ensanglanté de Catherine Rocher se trouvaient face contre terre entre le siège passager et la banquette arrière. Le bassin dénudé reposait sur le marche-pied, les genoux touchaient le sol du parking. Du sparadrap était resté collé au visage. Elle avait reçu dix coups de couteau. Le corps, fessier à l’air, avait été déplacé. J’ignore pourquoi. Pour un outrage post-mortem ? Dans un geste de dérision ? »

Catherine Rocher, brune de 27 ans, assistante commerciale en cosmétique, est la deuxième des sept victimes du « tueur de l’Est parisien », dans la série qu’examine la cour d’assises de Paris. Le chef d’enquête y voit « la signature » de Guy Georges, qu’il n’a « jamais retrouvé après son arrestation ». En tous cas un mode opératoire identique à un viol en sous-sol perpétré (et reconnu) par l’accusé à Nancy en 1984.

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Mais ce dernier, qui a d’abord nié avant d’avouer en 1998, affirme aujourd’hui avoir parlé aux enquêteurs parce qu’il « en avait marre des questions ». « Vous dites que ce n’est pas vous. Alors pourquoi ne pas vous dire innocent ? », lui lance l’avocat de la famille Rocher.

« Je ne suis pas innocent, je ne suis pas un ange, j’ai des antécédents, réplique Guy Georges, ambigu. Etre innocent, c’est avoir des ailes dans le dos ! » On le questionne alors sur ce sparadrap retrouvé en 1995 dans l’hôtel où il logeait. « J’avais mal aux genoux, c’était pour tenir la bande qui les protégeait. »

La défense, à la recherche d’un autre coupable, s’attarde sur une empreinte digitale imparfaite –pas celle de l’accusé – trouvée dans la voiture. Elle s’interroge sur un quinquagénaire bedonnant vu dans le parking peu avant les faits. La mère de la victime, elle, détourne la tête quand circulent des photos de sa fille. Le père est absent, mort de chagrin en 1998 sans connaître le visage de l’assassin.

Le 10 janvier 1994, un box pas éclairé au deuxième sous-sol d’un immeuble parisien, boulevard de Reuilly (12e arrondissement). L’employeur de Catherine, inquiet de son absence, ouvre la porte basculante. Le corps gît-là depuis la nuit du 6 au 7. Vers deux heures, la jeune femme est rentrée d’une soirée entre amis.

La suite se lit sur procès-verbal. Cette nuit-là, le tueur présumé regagne son hôtel du nord de Paris. Il rate le dernier métro à Nation, remonte les rues. La Citroën et sa jolie conductrice l’attirent. Il a un de ses sinistres flashs.

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Un policier qui assistait aux aveux de Guy Georges le 19 novembre 1998 est formel. L’accusé a habité le quartier de Reuilly. Il n’était pas incarcéré au moment du crime. Il connaissait des détails dont lui seul disposait : le véhicule était garé en marché arrière, la télécommande de la porte du garage a été emportée, la victime portait des bottes à lacets. Et quatre ans après, il se souvenait avoir tiré de l’argent de la carte bleue volée à la victime entre 3h25 et 4h51 à un distributeur.

Qui plus est, la façon de découper au couteau le soutien-gorge, le collant, le pantalon, le slip de la victime rappelle furieusement d’autres crimes reconnus d’emblée par l’accusé.

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