Cinéma : revivez le procès Guy Georges (jour 6)

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Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998 lorsqu’il est arrêté, le criminel a opéré dans l’est de Paris, violant, poignardant. Sur les écrans cette semaine, le film « L’affaire SK1 », signé du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » va publier pendant deux semaines ses comptes-rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans pour ses sept victimes

Dimanche 25 mars 2001. Bilan de la première semaine.

« Guy Georges va-t-il avouer ?

Quarante-huit heures de réflexion, le temps du week-end, et des aveux. Comme il l’a déjà fait en 1998 devant les policiers. C’est ce qu’a promis à demi-mots Guy Georges vendredi devant la cour d’assises de Paris, alors que sa défense prenait l’eau. Ce lundi matin, le président Yves Jacob lui donnera donc la parole. Une parole propre à soulager sa conscience, propre à apaiser les proches de ses onze victimes supposées. Propre enfin à rendre un visage plus humain à ce tueur en série présumé qui s’évertue à nier depuis une semaine, sourire en coin.

Au fond, pouvait-il en être autrement ? Il a fallu quatre jours pour que Guy Georges, interpellé par une partie civile, accepte de dire le mot « innocent », puisqu’il s’en réclamait. A sa mère même, il a répondu étrangement : « Je ne suis pas coupable puisque je ne suis pas condamné ».

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Mais la défense de l’accusé, qui consiste à dénoncer des « aveux extorqués », des enquêtes incomplètes, qui se cherche de façon désespérée d’autres coupables tous azimuts, atteint ses limites. Malgré un mode opératoire commun, on n’a pas trouvé l’ADN de l’accusé sur les scènes de crimes abordées jusqu’ici. Avec le dossier Agnès Nijkamp, ce n’est plus le cas. La jeune femme a été violée, égorgée le 9 décembre 1994 à Paris.

Vendredi, la jeune sœur d’une autre victime, Elsa Benady, a exhorté l’accusé : « Réfléchissez bien. A un moment, il faudra que ça sorte. Il faudrait un peu nous aider, si c’est encore possible. »

Du vinaigre sur la plaie

 Les témoignages poignants des proches ont indéniablement pesé au fil des jours. « Perdre un enfant, j’ai connu le pire qui soit. Penser à Elsa, gracieuse, charmante, souriante, c’est la seule façon de se maintenir », a confié Ghislaine Benady, sa mère.

Jeudi dernier, Liliane Rocher, mère de Catherine (égorgée en janvier 1994), avait ému la cour. « Les parents ne se rendent pas compte des infinies qualités de leurs enfants. Quand on se disputait, je trouvais le matin en allant à la salle de bain des Post-it sur le fil à linge avec écrit : Maman, je t’aime. Il y a l’avant, où on se dit qu’on n’a pas assez profité. Il y a l’après, où je m’étonne moi-même de pouvoir survivre. Mon mari était très introverti. Après cette histoire, il s’est autodétruit. »

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