Colloque Sifurep : encadrer l’inéluctable évolution internet

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De gauche à droite : Loïc Damiani (Fontenay-sous-Bois), Danielle da Palma (avocate), Sandrine Abecassis (OGF), Catherine Dumas (SIFUREP), Tanguy Châtel (sociologue), François Michaud-Nérard (services funéraires Paris)et Eric Fauveau (Afterweb-Venture).

Quels usages pour l’emploi d’internet et du numérique dans le funéraire public ? Cette vaste question a occupé les débats du colloque annuel du syndicat de communes SIFUREP hier jeudi matin à Paris, qui réunissait des représentants de collectivités locales et des acteurs du secteur.

La mort se numérise, dans un secteur funéraire soumis à encore bien d’autres bouleversements. A l’heure de chercher la place des acteurs publics dans ce grand chambardement, le Syndicat Intercommunal (88 villes de région parisienne) s’interroge : comment accompagner ces évolutions ?

Sifurep-assistance-300x169 Colloque Sifurep : encadrer l'inéluctable évolution internetCar, affirme le sociologue Tanguy Châtel, le monde de l’internet n’est pas familier aux collectivités locales. Il facilite la pédagogie de la mort, tout en bousculant les pratiques, quitte à faire l’impasse parfois sur d’importantes répercussions éthiques et réglementaires. Et c’est cela que l’on attend des pouvoirs publics, poursuit-il : qu’ils nous protègent sans pour autant freiner sur l’innovation. Qu’ils expérimentent sans trahir.

Comparateurs de prix, annonces de décès et condoléances, retransmissions vidéo de cérémonies, mémoriaux, QR code sur les tombes : « La mort est invariable, mais elle s’inscrit dans son temps », résume Tanguy Châtel. « Nous devons accompagner les évolutions de la société », surenchérit François Michaud-Nérard, des services funéraires parisiens. « La ligne Maginot des agences classiques sera contournée », prophétise t-il.

Dès lors, son site internet offre les mêmes fonctionnalités que celui d’OGF, par exemple, un acteur ayant pris le virage numérique dès le début des années 2000. Ainsi, les familles pour la premières fois confrontées au crématorium du Père-Lachaise, à Paris, peuvent visiter virtuellement les lieux, ou trouver des propositions de textes ou de musiques sur internet pour leur cérémonie. « Nous essayons d’être agiles, même si l’organisation des obsèques à la carte sur internet, notamment, représente pour l’instant un volume d’activité réduit », confie François Michaud-Nérard.

Interrogée, l’avocate Danielle da Palma met en garde. Les prestataires numériques intervenant dans les obsèques (retransmissions vidéo, sites mémoriaux) doivent auparavant régler les questions liées au droit à l’image, à la propriété des données personnelles, à la sécurité des flux. Et, à lire certains contrats entre opérateurs et familles, elle y voit des lacunes criantes.

Eric Fauveau, dont la société Afterweb-Venture filme dans des crématoriums à la demande de familles, témoigne des contraintes juridiques qu’il a justement du affronter. Pourtant, retransmettre une cérémonie pour des proches de plus en plus dispersées est un service utile. « Encadrer, être rigoureux », voilà l’exigence, pour François Michaud-Nérard, notamment en matière de sites mémoriaux où, selon lui, l’accès et la durée de l’hommage doivent rester limités.

Face au numérique, le sociologue Tanguy Châtel a aussi une autre réserve. Celle du virtuel. « Les cérémonies rassemblent, sont un moment de concret qui facilité le détachement avec le défunt, pour entamer son deuil. » Là, que partage-t-on ? Et comment se détacher d’un mort s’il reste accessible en permanence ? « Et à quand les hologrammes interactifs », plaisante t-il.

Maire-adjoint à Fontenay-sous-Bois (94), Loïc Damiani raconte plutôt comment la commune a su mettre en valeur depuis 2013 son patrimoine (notamment funéraire) grâce au numérique. Trois parcours touristiques émaillés de monuments dotés d’un QR Code à scanner permettent d’illustrer l’histoire locale depuis son mobile, via un enrichissement en vidéos, audio et photos. Le site internet correspondant est vu jusqu’au Japon, et offre aux habitants un nouveau lien social.

Etaient présents: Jacques Kossowski (président du SIFUREP) a introduit les débats menés par sa directrice adjointe Catherine Dumas. Outre de nombreux élus locaux, on remarquait dans l’assistance Philippe Gentil (Funecap), Jean Ruellan (OGF), des représentants de la CPFM et de la FFPF, et des acteurs du numérique : notamment les sociétés Comitam, Meilleures pompes funèbres.com, Funémarket, En Hommage, A tout jamais, Elicci, Extra Celeste…

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