Coluche, 27 ans déjà : ça ne nous rajeunit pas, enfoiré

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coluche-et-les-restos-du-coeur Coluche, 27 ans déjà : ça ne nous rajeunit pas, enfoiréIl y a 27 ans, Coluche nous faisait une sale blague, à base de moto et de gros camion. Elle ne fit rire personne.

Si Coluche nous est resté malgré les années, ce n’est pas par hasard : le trublion a sérieusement botté le postérieur d’une époque, prouvant par là que c’était possible, et montré le pouvoir du comique sur son temps. « Grossier mais jamais vulgaire », comme il le revendiquait lui-même, il n’hésita jamais à provoquer, en se présentant, par exemple, à l’élection présidentielle de 1981, avant de se retirer.

C’était cela qui faisait aimer Coluche : son personnage de mal élevé qui disait en toute franchise ce qui lui passait par la tête. Un jour, à Europe 1, il lance, sans avoir rien préparé, ni prévenu personne, un appel aux dons alimentaires, pour « monter une espèce de cantine, ou les gens qui n’ont rien viendraient manger ». Il fut drôlement surpris, avoua-t-il ensuite, quand les dons affluèrent de partout.

C’est tout con, mais c’est comme ça : un mec lance qu’il faudrait faire quelque chose de chouette, et comme les gens l’aiment bien, ils se disent « Bon, si c’est lui qui le fait, alors d’accord ». Il n’en fait pas plus pour démarrer les Restos du Coeur. Pareillement, la chanson des Restos : un beau jour, Coluche entre dans la loge de Jean-Jacques Goldman, et lui demande une chanson pour l’association, « Un truc qui cartonne, un vrai tube, t’vois ? Toi tu sais faire ». Goldman répond d’accord, bien entendu, puis, saisi d’un doute, demande pour quand ? « Ben on enregistre la semaine prochaine ».

Ce fils d’immigrés italien n’a pas laissé que les restos : films, même si beaucoup sont très oubliables, sketches qui eux le sont beaucoup moins, oubliables, tant ils sont devenus des classiques, voire passés dans l’inconscient collectif. « C’est l’histoire d’un mec… » fut le premier, « Le Schmilblick » lui apporte la gloire, qui ne s’arrêtera plus.

Ce n’est pas que Coluche était célèbre. Un mec célèbre, c’est un mec qui est connu de plein de gens. Tout le monde connaissait Coluche, avec sa salopette et sa chemise jaune, qui joue du violon avec des gants de boxe et n’aime pas les enzymes gloutons. Et boit du pinard, qui devrait être obligatoire.

Si Coluche n’a pas été oublié, c’est que la place reste vacante. Sans lui, pas de Bigard, même si Bigard n’a pas saisi la limite entre la grossièreté et la vulgarité. Sans lui, pas de Jamel, sauf que Jamel n’a pas compris qu’il ne suffit pas d’être maladroit avec les mots, il faut une vraie idée derrière. Coluche n’ânonnait pas pour ânonner, il ânonnait de grandes idées pour les ridiculiser.

Il reste le plus populaire, dans tous les sens du terme, de la dernière génération vraiment drôle d’humoristes, ceux qui ont changé quelque chose. Coluche le populaire qui tournait en dérision le populisme, Le Luron qui ridiculisait les puissants, Bedos qui démontrait que la politique pouvait faire rire, Devos et sa poésie hilarante qui donnait le goût des mots, et le plus grand d’entre tous, Desproges, qui démontrait à son insu sans doute qu’on pouvait moquer la mort, les pauvres, le cancer, la gauche, la droite, et se hisser au niveau des grands classiques de la littérature, rien de moins.

Mais les temps changent, et c’est dommage. Si Coluche jouait aujourd’hui certains de ses sketches, il finirait devant un tribunal. Il paraît que nous vivons une époque meilleure qu’alors, que nous avons plus de liberté. Mais si l’on en vient à se dire qu’il vaut mieux que Coluche soit mort plutôt qu’obligé de fermer sa gueule, il est permis d’en douter.


1 commentaire

  1. Coluche et la mort…

    • Si j’ai l’occasion, j’aimerais mieux mourir de mon vivant !
    • Commencez la révolution sans nous. On préfère être cons et vivants que morts et pleins d’idées
    • Si on est touché soi-même par la mort, on a intérêt à en rire et si on n’est pas touché, on n’a pas de raison de ne pas en rire.
    • Pour avoir du génie il faut être mort;
    Pour avoir du talent, il faut être vieux;
    Et quand on est jeune on est des cons?
    •Si vous ne voulez pas être malade, si vous ne voulez pas mourir, le mieux est encore de ne pas naître.
    • La drogue fait 100 morts par an en France,
    l’alcool fait 50 000 morts : Choisis ton camp camarade !
    • Bonne nouvelle pour les malades : le prix de la mort augmente. Ils n’auront bientôt plus les moyens de crever.
    •Le problème à l’Académie française ? C’est que Molière soit mort.
    • Le suicide c’est une vengeance personnelle, et moi personnellement, je ne m’en veux pas.
    • J’ai une annonce à faire aux Fumeurs : Pendez vous, ça va plus vite !
    Souvenir

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