Combien y-a-t-il eu de morts pendant la Révolution ?

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morts pendant la Révolution

Allons enfants de la patriiiiiiiee, bref, je vous écris là posée, avant de partir chercher les lampions. Eh oui vous le savez, je reste une enfant. Voilà je suis déjà en train de digresser alors que je vous parle de quelque chose de sérieux quand même, de têtes tranchées, de corps pendus, toussa toussa, mais au fait, combien y a-t-il eu de morts pendant la Révolution ? Vous êtes à la plage, pas grave, on révise ses classiques.

Morts pendant la Révolution

1 400 000 de morts pendant la Révolution. Voilà pour la première partie des lecteurs vous pouvez arrêter de lire, pour les autres, courage : la plupart sont jeunes et les conséquences sur la démographie va se faire sentir pendant le siècle entier.

Mais on va récidiver puisque c’est presque autant que le nombre de morts que coûtera à la France, les deux guerres les plus meurtrières de son Histoire de 1914 et 1940.  Seulement en 1789, il n’y avait que 27 000 0000 de français et non pas 40 000 000, certes, ça ne change pas le problème de fond, mais de forme.

Le monde est fait de ce genre de guerre, de territoire, de religion, mais la France du XVIII ème siècle avait perdu l’habitude de ce genre d’épreuves, d’autant que là tout était différent puisque c’est le peuple qui s’est soulevé. Du côté de la Lorraine on avait déjà perdu et des hommes et notre identité, mais hormis nous, les guerres se déroulaient hors frontières du côté de la Prusse ou de la Pologne.

Là on se bat, sur le sol Français, c’est la Révolution qui démarre, les invasions recommencent et l’on finit avec deux occupations ennemies en 1814 et 1815. Un véritable « holocauste démocratique ».

S’il y a tant de morts pendant la Révolution c’est aussi parce que la guerre étrangère vient se superposer à la guerre civile, cette dernière étant la plus impitoyable de toutes. La guillotine en est à son heure de gloire.

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« Législateurs, réveillez-vous, foutre, la guerre, foutre, la guerre si vous voulez la paix! » chantonne le Père Duchesne. Nous sommes loin de la fraternité, et la guerre devient synonyme de liberté.

Pourtant l’Empire n’aspire qu’à une seule chose, l’équilibre, l’équilibre …Et la paix.

Mobilisation

Les professionnels ne suffisent plus, le paysan doit quitter ses champs, l’artisan son atelier, le bourgeois sa maisonnée. Une nation armée est un peuple armé.  Mais les volontaires se font rares ( quelle surprise… ) non content de quitter la monarchie, mais pas encore au fait d’autre chose. Les communes sont obligées de fournir un quotta de volontaires (je ne suis pas certaine qu’ils aient été très intimes avec le concept de volontariat ). Tirage au sort, ou nom nommé, un genre de tombola de la guerre. Quitte à faire du pratique on envoie les chômeurs et ceux qui sont un peu trop patriotes dans l’âme. Les plus riches peuvent se faire remplacer en moyennement quelques pièces.

Et puis voilà qu’arrive 1793 avec le mot qui est sans doute le synonyme de génocide : la réquisition. Un décret organise une levée en masse pour appeler le peuple entier à mourir sur les champs de bataille. L’égalitarisme par la mort.

« Article 1″ Le peuple français déclare, par l’organe de ses représentants, qu’il va se lever tout entier pour la défense de sa liberté, de sa Constitution et pour délivrer enfin son territoire de ses ennemis. »

Et voilà tout le pays à la disposition du gouvernement, le contraire même de la montée du peuple quelques années plus tôt. Ce sont les jeunes qui trinquent les premiers, de 18 à 25 ans, quand il n’en reste presque plus on envoie ceux de 25 à 30 ans.

La Convention parvient, en 1794, à lever quelque 1 200 000 hommes. Certains traînent du pied, comme en Vendée (qui se révolte) ou le Pays flamand. Presque plus d’ennemis mais la guerre continue, viiiiite ! un nouveau décret, le mal français inter-siècles : la loi Jourdan y pourvoit en 1798. Tous les Français, désormais, sont soldats de droit, de vingt à vingt-cinq ans, et se doivent à la défense de la patrie. Voilà qui est limpide. Du coup on se passe des trucs et astuces de mutilation, « t’as les incisives arrachées ? pas de chance tu ne pourras pas déchirer la cartouche de papier qui contient la poudre » « t’as plus de pouce ? pas de bol, tu ne pourras pas tenir ton fusil ». On se marie à la hâte pour être exempté.

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https://www.youtube.com/watch?v=aasmFvu3KCE

1 400 000 victimes… 31 000 déserteurs

Au total, de 1789 à 1815, il y a environ 1 400 000 victimes, tombées à l’ennemi, ou décédées des suites de leurs blessures ou alors carrément disparues : 400 000 pour les guerres de la Révolution, un million pour celles de l’Empire. Reste à prendre en compte, pour parvenir au bilan final, les morts de la Terreur et de la Vendée ( qui se sont soulevés contre les décrets ).

Bon je vous laisse j’ai une barbe à papa qui m’attend et après tout si je peux augmenter mon taux de sucre dans le sang aujourd’hui c’est en partie grâce à ceux de mon âge qui se sont battus. Les guerres se sont succédées, la démographie s’est rétablie. Il y a ceux qui sont pour le service militaire, ceux qui sont contre, ceux qui ont des valeurs patriotiques mais n’imaginent pas une seconde leur petit bébé sur les champs de batailles.

Il y a des guerres au nouveau visage, les attentats. La mort frappe sous toutes ses formes et à toutes les époques. À nous de nous souvenir, de nous rappeler, de rendre hommage, à nous de faire appel à la résistance en nous, en nos valeurs, en notre courage. Qu’aurions-nous fait, si nous avions été appelés ? Autre époque, mais toujours vivace :


Morts pendant la révolution, aller plus loin :

https://www.funeraire-info.fr/decapitation-la-guillotine-comme-outil-de-la-terreur-73172/

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