Composter les défunts : un projet sort de terre

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Katrina Spade

Composter le corps humain à l’instar d’un vulgaire fruit, pour fertiliser les sols : certes, la place manque dans les cimetières. Mais notre élan écologiste ira-t-il jusqu’à ce point ? Plusieurs projets sortent de terre, allant dans ce sens.

« Funéraire Info » évoquait en mars l’idée de deux designers italiens : enfermer les corps dans des linceuls-cocons, et planter un arbre au dessus. Le cimetière devient une « forêt du souvenir ». Une sorte de réincarnation laïque allant dans le sens du cycle naturel.

La Suédoise Susanne Wiigh-Masak a sa variante. Cette biologiste a créé en 2001 une société, baptisée Promessa. Son crédo : enterrer (dans un petit cercueil biodégradable bien sûr) non plus un corps, mais une réduction. Le défunt est d’abord congelé dans de l’azote liquide. Devenu très cassant, il est brisé en fins morceaux, puis mis à sécher et filtré pour retenir les résidus de métaux par exemple. Le sol assimile ensuite rapidement ces restes humains. La Suédoise ne composte pas, à proprement parler.

Une Américaine le fait pour elle. Katrina Spade, architecte de Seattle, mène depuis l’an dernier le projet «Urban Death », qui se veut une alternative urbaine à l’enterrement et l’incinération.  Au cœur de son idée : la construction d’un bâtiment à compost. Le corps est placé dans un mélange de copeaux de bois, de paille et d’autres éléments organiques. Au bout du processus, il n’est plus que du terreau qui ira nourrir les plantations. Aux Etats-Unis, on composte déjà des animaux morts trouvés au bord des routes.

Le projet n’est encore qu’au stade du test, fait sur le corps d’une vieille femme. Selon le journal « New York Times », la technique de décomposition doit encore être améliorée. Katrina Spade insiste sur les bienfaits environnementaux : rien qu’aux Etats-Unis, 600.000 km de planches de bois, 1,6 million de tonnes de béton et 3,7 millions de litres de produits d’embaumements sont enterrés dans les cimetières, explique t-elle dans la presse. Elle espère voir les rites funéraires changer, et son projet opérationnel dans deux ans.

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