Concours de thanatopraxie, l’angoisse monte chez les candidats

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La liste des 60 nouveaux reçus à la partie pratique du concours 2017 de thanatopraxie n’est pas encore parue et quantité de rumeurs bruissent ici et là. Une candidate témoigne de son anxiété.

Encore une journée inutile qui se termine… Une journée passée à attendre vainement des nouvelles de ces fichus résultats de la pratique. A attendre sans rien faire, parce que je n’ose pas chercher un autre travail. Et si la liste paraissait demain ? Et si mon nom y figurait ? Je pourrais enfin prendre mes fonctions dans l’entreprise de thanatopraxie où j’ai fait mon stage. Ils n’attendent que moi, ils sont débordés de travail et moi je ne peux rien faire d’autre qu’attendre.

Partout autour de moi, j’entends dire qu’on manque de thanatos. Mais non, je ne crois pas… Il ne faut pas écouter les écoles, qui ne sont là « que pour encaisser nos chèques », ni les maîtres de stages, qui se repaissent du sang frais des stagiaires et encore moins les nombreuses offres d’emplois, en réalité, elles sont en réalité passées par des thanatos qui n’ont pas envie de travailler et cherchent à profiter de larbins fraîchement diplômés. C’est sûrement ça…

Non, on ne manque pas de thanatos, j’en veux pour preuve l’obstination et la persévérance de certain(e)(s)à bloquer la parution de cette liste.

Que nous dit-on ? Et bien rien justement, RIEN. On reste là à attendre comme de bons petits soldats. Et à pleurer aussi. Parce que nous n’attendons tous qu’une seule chose : Pouvoir travailler.

Pourquoi ? Mais parce qu’on a obtenu notre concours, qu’on est allés au bout de notre formation et qu’on a passé notre évaluation pratique, tout ça dans un seul but : Exercer ce métier.

Même si tout s’est bien passé pour moi, je ne suis pas totalement sûre d’être reçue, mais je dois le savoir parce que maintenant je dois commencer à rembourser l’argent que j’ai emprunté pour pouvoir suivre cette formation. Alors je dois gagner ma vie, comme thanato dans le meilleur des cas… Sinon je chercherai du travail, mais un travail qu’on peut quitter du jour au lendemain sans préavis à la parution de la liste, ça n’existe pas.

Voilà des mois qu’on nous laisse dans l’ignorance totale de notre sort. Personne ne communique avec nous, nous attendons sans savoir quoi ni pourquoi.

Est-ce que ces gens du ministère se rendent compte des conséquences terribles de ce retard ? Certains d’entre nous ont vu un CDI leur échapper, d’autres sont pris à la gorge avec leurs crédits à rembourser. Et nous n’avons aucune information. Ce sont 60 vies qui sont paralysées. Par qui et dans quel but ?

Il s’agit d’une prise d’otages, ni plus ni moins. Nous sommes 60 otages qui n’avons pas d’autre choix que de nous rassembler pour nous faire entendre. Personne ne se préoccupe de nous. Il existe pourtant un syndicat des thanatopracteurs, mais il ne se propose pas de nous défendre. Nous sommes livrés à nous-mêmes.

Je m’interroge et je pense que nous sommes tous dans le même cas, sur les raisons qui ont pu pousser on ne sait-qui à faire bloquer la parution de cette liste. J’ai envie de m’adresser à lui, elle, eux, je ne sais pas pour demander « Que nous avons-vous fait ? Pourquoi nous faites-vous subir tout cela ? Est-ce que vous réussissez à dormir ? Parce que moi, enfin nous, non. »

Ce qu’on m’a enseigné d’abord à l’école, puis ensuite en stage, c’est que la thanatopraxie est un métier qui demande beaucoup d’empathie et d’humanité. J’y ai cru… Pourtant cette profession semble compter quelques malfaisants qui sont prêts à sacrifier notre avenir pour servir leurs propres intérêts.

Le parcours pour arriver jusqu’au diplôme a déjà été long et difficile, mais là je sens que je vais vraiment devoir lutter pour garder la foi en ce métier que j’ai choisi.

Une candidate en attente de la parution.

 

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