Convois funéraires : des obsèques à pleurer

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 Question : engageriez-vous des pleureuses à l’enterrement de grand-maman ? La crise, les traditions et les migrations redistribuent les cartes de cette composante ancestrales des convois funéraires.

Egypte, Rome… Bien après l’Antiquité, la pratique est restée vivace en Afrique, en Orient, en Asie. On y pousse des cris, on gémit, on loue les merveilleuses qualités du défunt, amèrement regretté. Un mort qu’on ne connaît souvent pas. Les coutumes ont été plus loin, puisqu’en avril dernier, la Chine a interdit les stripteaseuses aux enterrements. Une pratique encore en usage à Taïwan, par exemple, où la cérémonie (très coûteuse mais à la hauteur de l’hommage) devient festive. Même les pleureuses en blanc voient le travail s’y raréfier, victime de la crise économique et de la disparition des grosses cérémonies.

Le métier perdure toutefois. Au Cameroun, par exemple, où il fait partie intégrante des prestations proposées aux obsèques, au même titre que le traiteur ou le choeur. Question de bien tenir son rang social.

Ian Robertson, un entrepreneur anglais du comté de l’Essex (nord-est de Londres) a senti le bon filon en 2012. « Rent a Mourner » (louer une pleureuse), sa société, table certes sur le poids des communautés et de leurs traditions dans une Grande-Bretagne multiculturelle. Mais aussi sur l’éparpillement des familles aux quatre vents qui vient amaigrir les convois funéraires.

D’où l’idée d’exploiter ce marché de niche, et de proposer les services de figurants « professionnels, discrets et fiables » (à un peu moins de cent euros la prestation quand même) à disposition dans tout le pays. Le pleureur professionnel (il y a des hommes) s’entend préalablement avec la famille afin d’engranger des éléments de biographie et s’enquiert du rôle à jouer lors de la crémation  ou de l’enterrement. Copain de régiment, ami d’université, collègue de bureau…

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Le tout est de donner l’impression d’avoir bien connu le défunt, et d’être bien malheureux de son départ. Cette société est toujours en activité en 2015, et affirmait avoir reçu 52 commandes la première année d’exercice.

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