Crémation, pour un vocabulaire adequat

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Un métier, ou une profession, se distingue généralement par un savoir-faire, évidemment, mais aussi par un vocabulaire qui y est accolé. Essai de vocabulaire funèbre, après un refus du jargon.

La différence entre vocabulaire et jargon tient dans le but qu’il poursuit. Etablir le vocabulaire d’une profession, consiste à choisir ou forger des mots qui désignent précisément un élément ou une action, afin de pouvoir le désigner avec exactitude, rapidement, et sans ambiguïté. Le jargon poursuit les même objectifs, à la différences que le jargon a aussi pour objectif de faire en sorte que celui qui le manie ne puisse être compris que par un autre initié. Le meilleur exemple est le jargon médical : deux hommes de l’art peuvent discuter pendant deux heures devant vous sur le fait qu’il ne vous reste plus que dix jours à vivre sans que vous ne sachiez même que vous êtes concerné, et que ce n’est pas un simple rhume.

Les pompes funèbres ont un vocabulaire, il faut juste le mettre en valeur. Et ne pas le transformer en jargon, si on ne veut pas que la presse soit encore méchante avec nous à la Toussaint. Toute cette année, et ensuite, nous allons essayer, non pas de définir ce vocabulaire, mais d’expliquer et de diffuser les mots existants. Pour ne plus jamais entendre un Maître de Cérémonies dire « incinérer », par exemple.

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Dictionnaire

coffin-cremation-300x225 Crémation, pour un vocabulaire adequat

La crémation est l’action de sublimer un corps en le soumettant à une forte chaleur. Plus simplement, il est le terme adéquat pour désigner l’action de brûler un corps humain.

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Origines du mot et usage

Le mot crémation vient du latin, et plus précisément du mot « cremare » qui veut dire brûler. Ce qui a donné, d’abord en ancien provençal, « cramer », qui est devenu « crémer » au VIIéme siècle. A noter que le mot cramer est revenu avec une connotation familière voire argotique. On parlera, pour l’action d’une « crémation », du verbe « crématiser », une personne désireuse et/ou quelqu’un qui travaille dans un crématorium sont des « crématistes ».

il est important de noter que « crémation » et le vocabulaire s’y rattachant sont les seuls mots adéquats pour désigner la combustion d’un corps humain. L’usage de mots comme « incinération » est impropre : du latin, « cinere », qui signifie « réduire en cendres » il a désigné dès le début les rebuts et ordures ménagères.

Incinération et crémation?

Lorsqu’on dit qu’untel « a été incinéré », on le traite donc d’ordure, ce qui n’est ni très poli, ni respectueux.

Pratique

Autorisée en France depuis 1887, officiellement, la crémation a suivi une courbe lente, qui s’est soudainement accélérée depuis vingt ans. Les changements des pratiques religieuses, le développement de l’implantation et de l’accessibilité des crématoriums en France, et certains avantages, comme un coût légèrement inférieur à celui de l’inhumation dans certains cas, la possibilité de disperser les cendres, entre autres ont permis ce développement. Nous sommes cependant loin des pays Germaniques, Scandinaves et Anglo-saxon.

La crémation se déroule à la température idéale de 850 degrés. Le corps se sublime, il se transforme en gaz ou en poussière, et il ne reste que les os à l’issue, qui sont broyés, par obligation de la législation Française.

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Le tarif moyen d’une crémation en France est de 600 Euros environ.

5 COMMENTAIRES

  1. je vous mets au défi de trouver le verbe crématiser dans un dictionnaire….. Meme dans le Larousse 2014, il n’y figure pas. Si ce verbe apparait dans Wikipedia, je tiens à signaler que ce n’est pas un dictionnaire. Ce verbe inventé par les pompes funèbres est un néologisme

  2. Travaillant dans le nord, nous sommes forcement en collaboration avec La Voix du Nord qui est le journal régional.
    Comme ils sont extrêmement pointilleux sur l’utilisation de leurs colonnes, ils contrôlent scrupuleusement le contenu des avis de décès et refusent catégoriquement le verbe « crématiser » puisque absent du dictionnaire, du fait de ma volonté de ne pas utiliser « incinérer » que certains de mes confrères utilisent sans se poser de question. Depuis des années je trouve des tournures de phrases dans mon faire part pour utiliser « crémation » directement…

  3. Mail reçu de l’académie Française à mon attention suite au terme « crématisé »

    Madame,
    Les dictionnaires, de fait, ne font pas figurer dans leur nomenclature le
    terme crématiser, qui relève d’un jargon professionnel, s’il est employé par
    certaines entreprises de pompes funèbres. Les mots de la famille de
    crémation sont dérivés du verbe latin cremare, qui ne pourrait pas donner
    crématiser en français. Les verbes latins en -are donnent en général des
    verbes français en -er: le verbe crémer, aujourd’hui sorti d’usage, a existé
    en ancien français avec le sens de « brûler, embraser ». Crématiser est donc
    un néologisme, « existant » s’il est employé par un certain nombre de
    personnes, mais rare et mal formé.
    En revanche, il existe un terme courant qui est incinérer, et dont voici la
    définition dans le Dictionnaire de l’Académie française:

    INCINÉRER v. tr. (se conjugue comme Céder). XVe siècle. Emprunté du bas
    latin incinerare, de même sens, dérivé du latin classique cinis, -eris, «
    cendre ».
    Réduire en cendres. Incinérer des déchets domestiques. Spécialt.
    Incinérer un mort. Il a demandé par testament à être incinéré, à se faire
    incinérer.

    Avec mes cordiales salutations,

    Marie-Claire Chatelain
    Service du dictionnaire

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