Bashing : La crémation au bûcher ?

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Les critiques pleuvent sur la crémation, présentée par des intellectuels comme une « violence » faite au défunt. Au départ isolés, ces détracteurs commencent à trouver une audience, ce qui inquiète les sociétés crématistes…

beltain-300x195 Bashing : La crémation au bûcher ? Le mot à la mode, actuellement, est « bashing ». Mais si, vous connaissez : le Hollande bashing, ce phénomène qui consiste à attaquer systématiquement le président de la république, qui succède au Sarko bashing, qui visait son prédécesseur. Il y a aussi le français bashing, dont on parle peu, puisque ce mot anglais pourrait tout simplement être traduit par dénigrement, et se trouve être de surcroît incorrect, le terme bashing étant un suffixe qui doit être accolé à un autre terme anglais pour acquérir une signification. Depuis des années, la crémation subit un virulent bashing, donc, qui commence à porter ses fruits.

A noter que les bashings sont souvent, dans leur systématisme, synonyme de gratuit et de mauvaise foi.

Qui sont les détracteurs

Parmi les détracteurs de la crémation, on trouve Damien Le Guay, Philosophe, vice-président du comité national d’éthique du funéraire, maître de conférence à HEC, qui, dans un article d’Ouest-France paru en octobre 2012, dans son livre, également, La Mort en cendres (Cerf, 202 pages, 17 euros). On notera avec un certain amusement que Damien Le Guay, qui déclare sans ambiguïté être opposé à la crémation, donne des conférences, dont la dernière était à l’occasion de l’anniversaire du crématorium des Ulis. Le philosophe s’est sagement abstenu, face à son auditoire, d’insister sur le fait qu’il souhaiterait voir disparaître ce type d’établissement. C’est le principal, et plus connu, détracteur laïc de la crémation en France.

Autre forme d’opposition, curieusement, celle issue du mariage pour tous. Les manifestations contre le mariage pour tous aurait provoqué une montée d’une forme d’intégrisme religieux, caractérisé par une sorte de retour aux sources. La crémation, assimilée à une nouveauté sociétale, est plus rejetée qu’auparavant, avec l’aide d’un clergé rétif.

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« Il est vrai que l’église autorise la crémation » souligne Jean Chabert, de la Fédération Française de Crémation, « mais du bout des lèvres. Ca dépend des endroits. Certains évêques interdisent à des prêtres de venir officier dans les crématoriums ». Le concile Vatican II ne serait pas encore entré en plein exercice et dépendrait du bon vouloir du clergé qui freinerait des deux pieds.

La crémation est une violence ?

On constate que l’opposition a la crémation, en dehors des connotations religieuses, est surtout le fait d’intellectuels, digressant sur le problème plutôt qu’essayant d’y apporter les solutions.

La crémation serait une violence faite au corps, et une violence infligée à la famille. Plus surprenant, dans un contresens assez manifeste, toujours dans l’article d’Ouest France, Monsieur Le Guay assimile la distinction faîte entre les termes incinération, usuel chez les béotiens, et celui revendiqué de crémation, à une comparaison du corps à un déchet, alors que, justement, l’objectif est d’établir un distinguo.

Sur le fait de considérer comme une violence de soumettre un corps à une forte température afin de le transformer en cendres, l’on pourra opposer, sans prendre parti, la violence faite au corps en l’enfermant dans un endroit exigu, sous des tonnes de terre, livré aux coprophages afin d’être transformé en terreau.

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Les crématoriums en France

Ne pas enterrer la crémation

Il semble important de défendre la crémation : pour que chacun ait le choix de ses obsèques, selon ce qui lui correspond le mieux en fonction de son histoire, de son point de vue et de ses croyances, et non pas contraint sous l’influence d’un lobby qui aura réussi à faire baisser la fréquentation du crématorium au point de le faire fermer.

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Aussi nous semble-t-il important de souligner une confusion fréquemment faite : crémation ne signifie pas forcément dispersion des cendres. Même si celle-ci est possible, il est possible d’inhumer les cendres, ensuite, dans un lieu de recueillement. Lorsqu’une personne exprime cette volonté conter sa famille, qui souhaite pouvoir se retrouver autour d’un monument, la discussion doit porter sur la destination des cendres, pas sur le choix entre inhumation et crémation. Et la matière, de multiples solutions sont possibles.

Ce qui atténue cette impression de violence, également, est le cérémonial. Des cérémonies sont possibles, au crématorium comme à l’église, par exemple, et la crémation elle-même peut être accompagnée par une symbolique, comme l’inhumation au cimetière. « Les familles ne le savent pas toujours » explique Jean Chabert, « Ou se voient proposer des cérémonies-type, avec des textes lus qui n’ont rien à voir avec le défunt. » La solution ? Des cérémonies personnalisées, impliquant la famille et les proches, établies avec l’aide de l’opérateur funéraire. « C’est un sujet important, sur lequel nous travaillons beaucoup à la FFC » conclut Mr Chabert. Et que Funéraire Info suivra de près.

Le crémation bashing n’est pas – encore – un sujet de préoccupation majeur. Mais, combiné aux refus d’implantation de crématoriums par les riverains, aux implantations non raisonnées, ou à la suspicion de groupes écologistes, autant de sujets dont nous vous avons déjà entretenus en ces colonnes, cela pourrait le devenir. A suivre, donc…

L’articlede Ouest France cité se trouve ici

Le site de la Fédération Française de Crémation se trouve ici

 

 

4 COMMENTAIRES

  1. Je fais partie de ces gens qui prêchent l’anti crémation. Je suis personnellement contre, pour deux raisons qui se rejoignent: l’une physique, l’autre spirituelle.

    La première étant que la crémation est une destruction accélérée et artificielle du corps par le feu, faite quasiment à la chaine dans la plupart des crématoriums, on perd l’humanité et la sincérité d’une cérémonie  » traditionnelle « . On cache l’envers du décor aux familles, sans leur dire que l’urne ne contiendra pas 100% des restes du défunt. On sait également que certains os ne brulent pas, ils sont broyés et réduits en poudre tels des déchets. Les cendres qui tombent au fond du four se mélangent au reste des cendres de la crémation précédente, on perd un peu trop tôt son individualité. C’est un acte à mes yeux barbare et irrespectueux.

    D’un point de vue plus spirituel, et je respecterais chaque personne en désaccord avec le mien, je considère l’inhumation comme permettant le prolongement du cycle de la vie, à travers les insectes, les larves, les bactéries et les plantes qui se nourissent de la dépouille. La nature reprend ses droits sur l’homme qui la maltraite tant, la vie reprend son cours calmement.
    En revanche la crémation … Les flammes … La violence … ne serait-ce pas un symbole moderne de la phobie la plus ancestrale des hommes spiritualisés : les flammes de l’enfer, la damnation ? Pourquoi s’infliger une telle douleur, pourquoi nier la continuité de l’âme, et pourquoi vouloir stopper net tout espoir de vie et de cycle naturel ? La plupart des religions monothéistes interdisent formellement la crémation et la raison en est simple. On a d’un côté une représentation de la vie, le « paradis » en somme, de l’autre une représentation de l’enfer.

    J’ai préféré garder l’anonymat pour ce commentaire, néanmoins j’expose ce point de vue à mes proches sans pudeur et sans honte. J’espère véhiculer un message de paix et de respect.
    Bien à vous

  2. Le point de vue de Martine peut se comprendre mais de là à dire que les crémations se font à la chaine sans respects… ça arrive sans doute dans certains créma mais dans la majorité des cas(pour y avoir assisté devant comme derrière « scène »), le cérémonial (comme processus de crémation) est traité avec le plus grand soin.Cérémonie religieuses ou civiles possibles et tout à fait proches de celles pratiquées dans les lieux de cultes.
    D’accord sur la symbolique des flammes mais on est pas obligé de voir ça. D’ailleurs les créma le déconseille aux familles;
    Il faut déjà avoir un détachement avec le corps lorsque l’on choisir la crémation, un long et douloureux chemin à faire pour certains. Donc on peut comprendre cette peur mais le « dénigrement » …
    Ce choix est très personnel mais la crémation n’a quand même rien à avoir avec des « pillages » de corps.

  3. La première des libertés est le RESPECT du choix de chacun et il ne faut pas essayer de vouloir tromper les gens en leur donnant de mauvaises explications concernant la crémation ….
    Merci de laisser libre chacun d’entre nous pour sa fin dans ce monde, la crémation n’empêche nullement le receuillement, même la cérémonie religieuse.
    Réfléchissez pauvres gens sans réflexion !

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