Déchéance de la nationalité et la peine de mort ?

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La déchéance de nationalité est au cœur des débats. Mais l’éventuelle modification de la constitution ouvre la voie vers une autre possibilité beaucoup plus mortelle.
Le grand flou

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette histoire de déchéance de nationalité fait couler de l’encre et de la salive. Dans un premier temps, il était question de retirer la nationalité française aux résidents bi-nationaux convaincus d’actes de terrorisme, mais il semblerait, un nom d’un principe égalitariste, qu’on se dirige vers la « déchéance pour tous ».

Un individu disposant d’une double nationalité qui s’en voit supprimer une, il lui en reste une autre. Mais un citoyen ne disposant que d’une seule nationalité et qui se la voit supprimer se retrouve apatride, puisqu’il est impossible à un pays de donner à un quidam la nationalité d’un autre pays. Sinon, le problème était résolu, il suffisait de faire de tous les jihadistes des citoyens de la riante Corée du Nord, d’une pierre, deux coups.

Mais créer un apatride est interdit par les traités internationaux. « Pas de problème », répondent les politiques (des deux bords, précisons) « Les engagements, on peut les rompre en cas de besoin ». Ah, d’accord. La Déclaration des Droits de l’Homme n’est pas contraignante. Pas de problème, alors.

Une manif sous ma fenêtre

Mais quel est ce bruit ?

Pardon pour cette interruption, il y avait une manifestation devant chez moi. Des militants pro peine de mort, qui demandent son rétablissement.

Bon, sur la peine de mort, soyons clair, puisque vous êtes obligés de me lire sans avoir possibilité de m’interrompre, je n’ai pas d’avis. Je comprend parfaitement les arguments de ceux qui sont pour son rétablissement. Ils sont convaincants. Je comprend aussi les arguments de ceux qui sont contre son rétablissement. Ils sont tout aussi convaincants. Je me fous éperdument de ceux qui sont pour ou contre pour une question de principe : on gouverne avec de la rationalité, pas des principes. Mais s’il y avait un référendum demain sur le rétablissement de la peine de mort, ne parvenant pas à me faire un avis solide, je voterai blanc.

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« Ca ne risque pas d’arriver » m’explique-t-on, « la France ne peut pas rétablir la peine de mort » ah bon ? Pourquoi ? « Oui, elle s’y est engagée » ah bon ? Comment ? « Par un traité ». Ah, d’accord… Otez-moi d’un doute : ce ne serait pas, par hasard, le même type de convention qui interdit, par exemple, la création d’apatrides par déchéance de nationalité, au moins ? Celui-là même sur lequel on nous explique qu’on peut s’asseoir à sa convenance ? Si ? Mais « la peine de mort, ce n’est pas pareil ? » Pourquoi, au juste ?

Au dessus de tout soupçon

Parce qu’après tout, si on peut déchoir des jihadistes de leur nationalité, et, accessoirement, débarquer chez des gens vaguement soupçonnés de l’être à n’importe quelle heure, les emprisonner sans justification, pourquoi ne les tuerait on pas ?

Les jihadistes « Quand les policiers en attrapent un, il faut qu’ils le tuent, tout de suite ! Il n’y a rien à négocier avec eux. » ce n’est pas moi qui le dit, c’est Patrick Pelloux, médecin urgentiste, écrivain et membre de la rédaction de Charlie Hebdo, dans le Télégramme de Brest le jeudi 7 janvier 2016. Pas vraiment le genre de bonhomme qu’on peut soupçonner de collusion avec des extrémistes de droite. Alors, on peut rétablir la peine de mort pour les terroristes. « Et pour les enfants ? » « Pour les personnes âgées sans défense ? » « Pour les autres ? » s’exclameront immédiatement les associations de victimes. Et oui, la peine de mort, c’est pour tous ou rien, parce qu’établir une gradation en fonction de la victime, c’est dire que certaines vies valent plus que d’autres.

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Fusillez ce traité à l’aube

Mais la peine de mort n’est qu’un exemple, choisi parce qu’il est frappant.

Ce qu’il est particulièrement utile de retenir, c’est que depuis des années, les politiques se paient notre tête. Depuis des années, on nous explique que des mesures souvent impopulaires et parfois franchement antidémocratiques sont prises au nom de traités, et qu’on ne peut rien faire, sinon, ce sera terrible.

Et là, benoîtement, la classe politique dans son entier, avec Schengen, d’abord, puis avec cette histoire d’apatrides, nous explique qu’un traité, bon, finalement, hein… Sans réaliser qu’ils viennent de renoncer à une certaine forme d’immunité. Désormais, on sait qu’ils ont leur part de responsabilité dans l’application de traités pour lesquels ils plaidaient, jusqu’à présent, non coupable. Ils pourraient très bien refuser d’appliquer des mesures au nom de l’intérêt de la nation, et qui d’autre, dans une démocratie, décide de l’intérêt de la nation si ce n’est pas la nation elle-même, à travers ses citoyens ?

Il suffirait juste d’attirer l’attention des électeurs sur ce sujet. Et vous savez comme on est, à Funéraire Info. Nous pouvons résister à tout… Sauf à la tentation.

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