Déclarée morte par le SAMU, ramenée à la vie par la police

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SAMU Paris ambulance secours décès

Une femme morte, ou considérée comme telle, se réveille. Non, nous ne sommes pas à la naissance d’une nouvelle religion, nous ne sommes pas non plus dans un passé lointain, ni même dans quelque contrée peu au fait des techniques médicales de pointe. Non, cette histoire est arrivée près de chez vous, cette semaine.

C’est une triste histoire…

… Qui commence par un appel au SAMU. En rentrant chez elle, une jeune fille trouve sa mère inanimée sur le sol de leur logement. Ce n’est pas la première fois : la femme souffre de nombreux problèmes de santé, et a été hospitalisée plusieurs fois à cause de son anorexie.

Le SAMU arrive avec diligence sur les lieux, et la médecin se précipite vers la victime. Un examen plus tard, elle se relève et annonce sinistrement qu’il n’y a plus rien à faire. L’infortunée est morte.

La doctoresse du SAMU remplit alors le certificat de décès, et, sans doute après un minuscule moment d’hésitation, coche la case « Obstacle médico-légal ». Ce qui implique beaucoup de choses, à commencer par un examen du corps et du lieu de décès par la police.

Et voilà donc un équipage de police qui arrive, une heure plus tard. Même si la médecin du SAMU a été prudente, il ne semble pas s’agir du lieu d’homicide évident ou spectaculaire, et les policiers font tranquillement leur travail, en suivant le schéma en escargot habituel : examen des lieux en cercles concentriques en se rapprochant au fur et à mesure du corps, pour finir par celui-ci.

C’est en vie ! C’est en vie !

C’est en l’examinant qu’un des policiers s’étonne d’un mouvement abdominal un tantinet incongru sur une personne censée être morte et prête à être enterrée. Il consulte son collègue, doutant légitimement de son impression, prennent le pouls à la jugulaire, en détectent un, mais les deux policiers doivent se rendre à l’évidence : la femme est bien vivante. Pas très en forme, néanmoins.

Ce sont les pompiers qui guident les policiers au téléphone pour la procédure de réanimation, un massage cardiaque. Ce qui donne à peu près ceci :

« – Appuie – Ok – Relâche – Ok – Appuie – Ok – Relâche – Ok »

Ad libitum pendant une demie-heure ( pour des raisons évidentes de place et d’intérêt, nous avons coupé une grande partie de cette scène au montage).

Les policiers font ensuite venir le médecin des pompiers, qui constate que la femme est bien vivante. Une procédure qui prendra sans doute tout son sens dans les prochains jours, lorsque l’infortunée devra souligner que, non, elle n’est pas postulante à un rôle dans The Walking Dead, mais victime d’une erreur médicale.

Alors, il s’est passé quoi ?

Depuis, les explications font florès. Un dérèglement du cœur, des battements anarchiques, ou trop faibles pour être détectés, les médecins sollicités par quelques journaux sont tous à peu près d’accord pour dire que le cœur ne s’est sans doute jamais totalement arrêté.

Pour le reste, ça en deviendrait presque gênant. Entre le médecin qui sous entend à l’Express que sa collègue du SAMU a eu un coup de malchance en tombant sur un cas rare, et son confrère qui explique à France TV Info que le diagnostic du décès est peut être un tantinet plus difficile à établir que ce qu’on pensait, le milieu médical hésite entre analyse d’une boulette et solidarité corporatiste.

N’hésitant pas, au passage, à risquer la psychose générale. Quoi ? On peut nous enterrer vivant ? Non, rassurons nous : la procédure de constat de décès en France est rigoureusement établie, a fait ses preuves, et le risque d’erreur, lorsqu’elle est scrupuleusement suivie, est infinitésimale. L’excuse, s’il y en a, est sans doute plus tristement pragmatique. Saturation, garde de 48 heures…

C’est juste que les médecins n’ont pas voulu enterrer prématurément leur collègue. Mieux vaut tard que jamais.

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