Deuil collectif : la marche blanche comme élément commémoratif

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marche blanche
crédit photo : rts.ch

La première marche blanche n’a pas eu lieu en France mais en Belgique, elle date de 1996 et de l’affaire Dutroux. Depuis, les marches blanches se multiplient à chaque décès médiatique, notamment après le décès d’un enfant.

Une commémoration rituelle collective

C’est aussi une manière d’exprimer de manière pacifique, ce qui pourrait s’exprimer de manière beaucoup plus virulente car la marche blanche a lieu quelques jours ou quelques semaines après le décès d’un enfant suite à un crime ou une injustice criante et douloureuse. C’est pourquoi les personnes viennent habillées de blanc, symbole de l’enfance, du deuil d’un enfan. Mais c’est aussi et surtout une couleur totalement apolitique pour empêcher une réappropriation d’une affaire de cette manière alors même que paradoxalement, elle rélève d’un fait intime et individuel. Photos, fleurs, familles entières font parties de la panoplie du mouvement de cette marche.

Une notion de justice

C’est aussi une manière d’appuyer le mouvement judiciaire d’une affaire qui transcende les opinions individuelles. La marche est là comme symbole pour se rappeler que ça ne doit pas rester impuni. Le collectif fait également du bien à l’individuel, même si le deuil médiatique est difficile à gérer comme je vous l’expliquais dans mon précédent article sur le sujet, la famille des proches de la victime n’est souvent pas à l’initiative de cette marche. C’est toute une communauté qui s’arrête et qui vient épauler cette famille, car elle se sent aussi concernée, ça pourrait arriver à n’importe qui.

Une inscription temporelle et spatiale

La marche s’inscrit de manière locale, organisée par des proches, une association, voire des élus locaux, c’est un moyen de permettre d’exorciser la douleur commune. Car si la marche est locale, le décès l’est aussi, et l’événement permet de retourner à une vie « normale ».

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Un mot quand même sur l’effet à double tranchant d’un tel événement, car le deuil médiatique peut être très compliqué à gérer. Douleurs affichées, impossibilité de retourner à l’intime pour se préserver sont des éléments complexes à prendre en considération, sans parler du fait que le sujet de la mort, non forcément tabou, n’est pas toujours un élément suffisamment fédérateur en soi. Une célébration royale, rassemble plus de personnes qu’une marche blanche.

Si ces marches sont récentes, elles s’inscrivent finalement dans un temps plus ancien où la collectivité et la communauté se resserrent sur elles-mêmes après un évènement aussi douloureux soit-il.

 

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