Deuil périnatal : la douleur du membre fantôme

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deuil périnatal

En France de part la législation nous disposons de plusieurs jours pour crématiser ou inhumer nos défunts, un temps nécessaire pour réunir les membres d’une même famille, effectuer des démarches mais surtout, pour dire au revoir. Or dans le cadre du deuil périnatal, cet au revoir est kidnappé de par les circonstances. Comment faire son deuil, si on a pas pu dire adieu ?

Je vous en ai déjà parlé, mais le deuil périnatal est un deuil si particulier. Au même titre que tout autre deuil, mais il doit être considéré dans son ensemble. Le décès d’un bébé pré ou post accouchement fait mourir avec lui non seulement un être mais aussi le fruit du couple, c’est-à-dire une part d’amour entre deux êtres dans un investissement en dehors de la sphère conjugale, mais aussi un morceau de famille. De futurs parents, ils basculent tout à coup à parents sans enfants, un traumatisme qui s’apparente au membre fantôme, vous savez cette douleur impossible qui apparaît sur la partie de votre corps qui vous a été amputée. Ce membre n’est plus là, mais sa projection est d’une douleur atroce. Il en est de même avec le deuil, et plus particulièrement avec le deuil d’un bébé.

Devenir mère ou père n’est pas facile, je clame haut que l’instinct maternel est loin d’être ce que l’on nous vend dans les stéréotypes moyenâgeux. C’est d’une difficulté sans nom, mais être parent sans enfant, qui nous l’explique ? Qui le comprend ? Comment l’intégrer au quotidien ? A la famille ? A la société ? Des questions qui restent pour ces parents sans réponse.

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Les associations de deuil périnatal existent en France et à l’étranger, leur travail est discret et pourtant tout en profondeur. Parler de ce qui nous rassemble aide à libérer la parole et à se projeter vers un lendemain, surtout pour ces familles qui désirent par dessus tout avoir à nouveau un enfant.

Une grossesse après un deuil périnatal n’est pas de tout repos, déjà qu’une grossesse n’est pas toujours simple à gérer, s’ajoute à cela la peur, compréhensible et incontrôlable d’un schéma répétitif. La génétique, la religion, le destin, tout est appelé à l’aide et au secours pour expliquer l’inexplicable. Sortir de la culpabilité et faire de ce ventre rebondi un espoir à naître.

Pour une pompe funèbre il n’est pas toujours simple de faire face à une famille endeuillée par un décès de bébé. N’hésitez pas à dire aux familles de se tourner vers les associations pour s’assurer du suivi du deuil. Demandez des conseils auprès des hôpitaux et association afin de mieux appréhender ces familles afin de mieux les écouter et de répondre à leur besoin.


Pour aller plus loin : Le carnet du deuil Naissance d’un Ange aux éditions La Petite Gomme

Aux noms des petits anges : Association

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