Le don du corps à la science

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« Et le don du corps à la science, cela se passe comment, dites ? » oubliez vous régulièrement, et c’est dommage, de demander. Eh bien, ça se passe plutôt bien, en général. Un peu court ? Vous voulez des détails ? Suivez le guide.

Don_du_corp_1-300x225 Le don du corps à la scienceLe don du corps, mode d’emploi

Faire don de son corps à la science consiste à s’inscrire sur une liste. Renseignez vous auprès de la faculté de médecine ou de l’hôpital le plus près de chez vous. Vous aurez à remplir un testament, à l’issue de quoi, il vous sera alors délivré une carte. Celle-ci est extrêmement importante. C’est elle qui indique que votre dossier est complet et que la science peut disposer de votre corps sans crainte de représailles légales.

Lorsque le décès survient, la famille doit contacter un numéro, celui d’un bureau qui s’occupe, au sein de l’université, en général, des dons du corps, qui va les envoyer auprès d’une société de pompes funèbres.
La société de pompes funèbres va alors convenir d’une heure de transport du corps, faire les déclarations nécessaires, et vendre un cercueil à la famille. En effet, il revient généralement à la famille de régler les frais de bière, sauf en cas d’exception, dans certaines universités généreuses, ou qui ont du mal à convaincre des volontaires.
Ensuite, la famille pourra aller se recueillir auprès du corps, jusqu’à l’heure d’enlèvement, et ce sera la dernière fois. En effet, lorsque les pompes funèbres livrent la dépouille à la faculté de médecine, celle-ci se trouve privée d’identité et considérée uniquement comme du matériel biologique.

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Ce qui se passe ensuite

Les universitaires (chercheurs, carabins) font ensuite leurs expériences, puis les restes sont placés dans un cercueil, celui qui leur a été livré avec le défunt ou un autre, et crématisés en tant que déchets biologiques. Les cendres sont ensuite dispersées au jardin du souvenir.

La famille est généralement informée d’une date à partir de laquelle les cendres seront dispersées
Assurer un suivi des dépouilles mortelles s’avérerait impossible. Ou il faudrait que la famille entende des choses du style « Oui, madame X ? Le corps de votre papa a été crématisé, et il est dispersé au jardin du souvenir. Tout du moins l ‘essentiel. »

Les villes, en partenariat avec les centres hospitaliers universitaires, mettent souvent à disposition des familles de donneurs des jardins du souvenir. Pour la famille, c’est autant un point de recueillement que de reconnaissance, qui est un élément essentiel.

Don du corps, pour quoi faire ?

Le don du corps à la science sert à énormément de choses. La première est la formation des médecins, même si aujourd’hui, la dissection de cadavres n’est plus un passage obligé des études de carabin, principe de précautions oblige.

Les corps servent également à la recherche scientifique. On ne sait pas trop comment ni pourquoi, puisqu’il faut avoir fait quelques années d’étude afin d’en saisir le principe, n’empêche que les résultats sont parlants : une augmentation flagrante de l’espérance de vie entre l’âge de pierre et notre époque plaide en faveur de la science.

Le don du corps sert enfin, on l’oublie, à la formation des thanatopracteurs, dont certains chanceux ont pu pratiquer leur apprentissage théorique sur des corps mis à leur disposition par des universités.

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Pour les professionnels du funéraire

Ce qu’il est important de retenir, pour les professionnels du funéraire, tient en deux points essentiels : le premier, la carte, le second, le recueillement. Il est absolument impératif que la famille produise la carte de donneur de corps que le défunt a obtenu de son vivant, en faisant lui-même la démarche. Il est impossible de procéder à un don du corps par testament si l’université n’en a pas été informée et n’a pas fourni ses propres documents à l’intéressé.

Le second point est le recueillement. La famille n’a pas toujours conscience du fait qu’après la levée de corps, elle ne reverra jamais son défunt, et que tout sera fini. Il faut insister sur le fait qu’ils peuvent se recueillir sur le lieu de repos, pour un dernier au revoir, et leur proposer d’organiser une petite cérémonie. Totalement facultative, on ne soulignera jamais cependant le pouvoir de catharsis qu’elle peut avoir.

 

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