Droit à mourir et euthanasie, M6 entretient le débat

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Pour un sujet qui fait débat, en voici un : l’euthanasie. Trois millions de téléspectateurs (12,1 % de l’audience présente en prime time) ont regardé hier soir sur M6 le magazine « Zone interdite » qui enquêtait sur la fin de vie (à revoir en replay pendant une semaine). Sur les fins de vies, en réalité, puisque chaque histoire est unique. Avec ce point commun : pouvoir mourir sans souffrances et dans la dignité.

D’évidence, le sujet mêle passions, douleurs, secrets, et vient s’appuyer sur la loi Leonetti de 2005. Un texte mal appliqué, et qui pousse un courant de l’opinion à réclamer une législation autorisant clairement l’euthanasie. Car si cette dernière reste interdite en France, la loi ordonne aux médecins de ne jamais laisser souffrir un patient et de le soulager. Or, seuls 2% des Français ont laissé des directives sur leur fin de vie. C’est dont la plupart du temps au praticien, formé à guérir mais pas à affronter la mort, qu’il revient de décider, en accord avec les familles. D’où la question : qui est le mieux placé pour donner un permis de tuer ? La famille de Gino, 92 ans, de Longwy (Lorraine) a ainsi attendu de longs mois le décès de l’ancêtre sans que la médecine n’autorise une fin plus rapide. Hospitalisé à domicile, il souffrait pourtant fortement, atteint notamment de Parkinson et d’Alzheimer.

Le documentaire explore aussi les méandres du cas médiatique Vincent Lambert, cet infirmier en état végétatif depuis un accident de voiture en 2008. Sa femme et son médecin veulent le débrancher, ses parents s’y opposent. La Cour européenne dira début 2015 ce qu’il faut faire. En attendant, l’homme ne parle plus, ne bouge plus, ne mange plus. Il perçoit malgré tout des sensations. La médecine a échoué. Cinq ans après, la famille se déchire encore.

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« La qualité de vie doit primer sur la durée de vie », argumente le député Jean Leonetti, réclamant une plus large application de sa loi. Si le magazine de M6 évoque les quelques euthanasies clandestines pratiquées en France (pas toujours par des médecins), il va voir par-delà nos frontière. Est-ce mieux en Belgique ? En Suisse ? Les lois sont plus permissives. Il se pratique en moyenne quatre suicides assistés en Belgique chaque jour. En Suisse, pour 8.000 euros, le forfait couvre de la visite du médecin à la mort filmée, jusqu’au transport du corps et l’incinération. Il faut prouver une maladie. Une solution qu’adoptent certaines familles françaises démunies. Mais qui laisse parfois le champ libre à bien des dérives mercantiles.

Olivier Pelladeau

Photo-Zone-Interdite-300x183 Droit à mourir et euthanasie, M6 entretient le débat

3 COMMENTAIRES

  1. Je viens de lire attentivement l’article qui est publié ci-dessus et je suis bien placée pour y répondre puisque que je suis la fille de GINO.
    Je trouve évidemment que le mot « tuer » est un mot qui ne convient pas du tout à la situation qui a été la nôtre. Nous parlerons donc de « soulager » mais certainement pas de « tuer »
    Quant à poser la question de savoir à qui revenait la décision de le « soulager » elle n’était pas la nôtre puisque mon père avait écrit ses directives anticipées que j’ai lues et que la caméra a bien filmées. Il nous avait toujours dit qu’il ne voulait pas mourir comme son père, sa mort a été bien pire parce qu’à l’époque où mon grand-père est décédé, la médecine ne s’acharnait pas autant à vouloir les faire « respirer » et là, je n’emploie sciemment plus le mot « vivre » parce que mon père ne vivait plus, il respirait pour endurer encore et encore des souffrances qu’il ne supportait plus !
    J’ai juste envie de dire « ça suffit ! » Les Français veulent une autre fin de vie, ils veulent mourir selon leurs volontés à eux et pas suivant les idées de qui que ce soit d’autres.
    4500 euthanasies clandestines (chiffre à minima) reconnues dans les hôpitaux tous les ans. Décision prise de débrancher des respirateurs par des médecins qui, selon la loi actuelle, sont tous des assassins puisqu’ils n’ont pas demandé l’avis du malade la plupart du temps !
    Qu’on arrête de jouer sur les mots ! tant que les uns jouent, les autres souffrent ! arrêtons cette hypocrisie qui consiste à dire que l’intention que met le médecin dans le geste qu’il pratique signe une euthanasie ou pas ! quand un médecin arrête d’alimenter et d’hydrater un malade, il sait bien qu’il va mourir !
    Faites donc des débats avec des malades et avec des familles de malades au lieu de toujours réunir des experts en tous genres. ça changera un peu des discours bien policés qu’on entend depuis plus de 30 ans maintenant !
    arrive un moment où le courage, c’est de prendre les bonnes décisions et d’arrêter de tourner autour du pot pour ne pas appeler un chat, un chat !

  2. d’accord avec clo: des lois pour que chacun puisse vivre et mourir à sa façon!
    sans souffrances ou avec
    sans prolongations ou avec
    avec ou sans « euthanasie » = mort douce provoquée pour supprimer les affres de l’agonie, ou pour ne plus vivre une vie de souffrances morales incurables, souvent survie provoquée par les médecins.

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