Accueil A la Une Du cimetière à l’hôpital, les pompes funèbres, un métier à risques

Du cimetière à l’hôpital, les pompes funèbres, un métier à risques

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« Toi, au moins, tu es tranquille, tes clients ne sont pas agités » est sans doute une des déclarations qui revient le plus souvent quand on dit travailler dans les pompes funèbres. Détrompez-vous, braves gens : les métiers du funéraire sont physiques, et, surtout, dangereux. La preuve par l’exemple.

Cascades en tout genre

C’était l’accident bête. Le truc qui n’arrive jamais, sauf à nous, bien sûr. « Clac ! Clac ! » une à une, les poignées du cercueil nous étaient restées dans la main. En entrant dans l’église, une. A la sortie de l’église, deux. La dernière au cimetière, mais on s’était déjà arrangés.

La famille avait été sympathique et compréhensive, et le fils du défunt était même venu nous consoler à la fin, au cimetière « Ne vous inquiétez pas, messieurs, ce n’était pas votre faute, on a bien vu que vous avez fait tout ce que vous pouviez, et plus encore ».

Il n’empêche : l’ambiance était morose, dans le corbillard. Je connaissais le Maître de Cérémonies depuis quelques temps, déjà, et je suis formel : ce jour là, c’est la seule fois ou il a pleuré durant ses heures de travail.

Je me massai le bras : quand la poignée de mon collègue, aussitôt suivie de la mienne, avaient lâché, à la sortie de l’église, javais pris, une fraction de seconde, tout le poids du cercueil sur un seul bras. Au final, le soir, nous serions trois à écoper d’un accident du travail. Une semaine, pour moi. Mais ça aurait pu être pire.

L’échappée belle

Parce que, deux heures auparavant, tout semblait aller bien, et j’étais dans une situation autrement plus périlleuse. Le défunt était à l’étage, où nous avions procédé à la mise en bière, et, dans l’escalier étroit, il n’y avait pas trop de place : j’étais donc seul au pied, en équilibre, descendant à reculons et retenant le cercueil. En haut, deux collègues retenaient le cercueil, chacun d’un bras, par les fameuses poignées.

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Celles qui allaient lâcher une demi heure plus tard.

Si les vis n’avaient pas tenu, je prenais d’un coup tout le poids, cent vingt kilos avec le défunt dedans, basculai en arrière, allai me fracasser le dos contre les marches derrière, la tête contre le mur en bas, et finissait écrasé sous le cercueil.

Une semaine d’arrêt de travail, dans ce cas, ç’aurait été un peu court, je pense.

L’explication ? Un intermittent s’était retrouvé au montage des cercueils dans un dépôt. Tombé à cours de vis pour poignées, renforcées par des écrous à l’intérieur, il avait « eu la flemme » de prendre un véhicule et de retourner en chercher à la maison mère, et avais pris ce qui lui tombait sous la main, des petites vis pour… Emblèmes.

L’intermittent a été embauché en CDI deux semaines plus tard. Le Maître de Cérémonies a écopé d’une semaine de mise à pieds sans solde pour avoir accroché ledit intermittent au col et avoir fait mine de le frapper en salle de pause. Risqué, vous disais-je.

Du corbillard à l’hôpital

C’est en lisant l’histoire de cet infortuné collègue américain que je me remémorai cette histoire.

Alors que lui et ses collègues conduisaient le cercueil d’un défunt vers la tombe ou l’inhumation devait avoir lieu, le chariot a basculé, heurtant les jambes du porteur qui le guidait. Détail important : il s’agissait d’un cercueil américain, massif et luxueux, en bois et acier, hors gabarit, le défunt étant obèse, comme les américains savent parfois l’être.

Le porteur a basculé sous le poids et reçu le cercueil, avec élan, sur les jambes. Total, sept fractures, dont une à chacun des genoux, les muscles de la cuisse écrasés. Il devra passer par de nombreuses chirurgies et plusieurs mois de rééducation avant de pouvoir remarcher normalement.

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Aux Etats-unis, 204 accidents graves subis par des personnels ont été déclarés par les servies funéraires durant des obsèques. En France, le chiffre est noyé dans l’ensemble des accidents du travail.

La morale de cet article : faites attention à vous.

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