Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?

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L’écologie est au cœur des préoccupations générales, et funéraires depuis quelques temps. Comment mettre en œuvre cette démarche en marbrerie ?

L’écologie et la fabrication de monuments funéraires

La fabrication de monuments funéraires implique une démarche industrielle, de l’extraction de la matière première au façonnage, en passant par le transport.

L’élément essentiel à la fabrication d’un monument funéraire est certainement l’eau. En effet le débitage du granit se fait à l’aide d’outils diamantés (scies, disques) dont le mouvement répétitif doit être refroidi par de l’eau. C’est le cas dans les carrières où le granit est extrait en blocs avec ces outils quand il ne l’est pas à l’aide d’explosifs.

Ces blocs sont ensuite transportés, généralement par voie terrestre lorsque le granitier est à proximité, ou par voie fluviale lorsque le granit est importé. Sachant que les granitiers sont souvent implantés près des carrières d’extraction, le transport est relativement peu polluant. Le bateau, en cas d’import du granit, est lui aussi peu polluant. C’est des ports jusque chez les granitiers que le transport peut être considéré comme étant plus polluant car les distances sont plus longues.

La transformation des blocs nécessite encore de l’eau, et bien sûr de l’électricité. Une fois cette transformation effectuée, le monument devra à nouveau être transporté chez le marbrier. Bien sûr, le transport est optimisé et il est rare que les camions ne soient chargés que d’un seul monument. A son tour, le marbrier le transportera vers le cimetière, généralement sur une distance plus courte.

Crémation

La plus écologique des démarches écologiques serait, après une crémation, de disperser les cendres en peine nature :  pas de monument donc. Mais pour ceux qui préfèrent pouvoir se recueillir à un endroit matérialisé, quelles sont les solutions les plus écologiques ?

Le jardin du souvenir. Souvent agrémenté de plantes, le jardin du souvenir nécessite seulement une installation qui affichera les noms des défunts. Il est entretenu par la Mairie. Le jardin du souvenir a cet avantage qu’il est fabriqué pour beaucoup de familles, bien plus que le columbarium.

Le columbarium. Les columbariums sont des monuments collectifs installés et entretenus par la Mairie également. Cela implique qu’ils ne soient fabriqués qu’une seule fois pour profiter à plusieurs familles. Les communes les plus engagées s’assureront lors de leur appel d’offre pour la construction du columbarium qu’il s’inscrive dans une démarche écologique : granit français, de préférence extrait au plus près. L’entretien, effectué par la commune profite également à plusieurs familles, ce qui est toujours plus écologique : un employé communal utilisant de l’eau pour un monument, plutôt que 6 familles utilisant aussi de l’eau pour 6 monuments.pierre-tombale-écologique-300x200 Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?

La concession cinéraire. Plus petite que les concessions traditionnelles, elles pourront être aménagées comme la famille le souhaite. Rappelons que la pose d’un cavurne en béton n’a rien d’obligatoire, et s’inscrit logiquement dans une démarche écologique. En effet, la production du béton est particulièrement polluante (gaz à effet de serre notamment). Pour agrémenter la concession, rien de tel pour un écologiste convaincu que le retour à la nature avec diverses plantes et fleurs, ou éléments minéraux dénichés çà et là.

Mais la crémation est-elle vraiment le plus écologique des modes de sépulture en France ? Bien que les crématoriums doivent désormais être équipés de filtres, la crémation nécessite d’utiliser du gaz. Le transport quant à lui est plus important : du lieu de décès au crématorium, puis, après la crémation, du crématorium au lieu de dispersion ou d’inhumation.

Inhumation

Une solution écologique consisterait à faire soi-même le monument, en privilégiant des matériaux naturels. La famille pourra opter pour une sépulture où la place sera privilégiée aux plantes et agréments minéraux tout en intégrant une stèle permettant l’inscription des noms. Le granit, bien que matériau historique, comme la pierre, n’est pas la seule alternative, le bois pourra aussi bien faire office d’entourage.

Certaines entreprises proposent des sépultures dites « paysagères » ou « végétalisées » alliant plantes et pierres brutes. Le paradoxe qui se pose pour ce type de sépulture est l’absence de fosse bétonnée, obligeant à creuser à chaque nouvelle inhumation et donc à refaire l’installation ; ou à trouver une solution permettant un système d’ouverture et de fermeture sans avoir à en passer par là, ce qui implique la présence d’une fosse bétonnée ou d’une dalle de fermeture.

Granit-Gris-du-Tarn-150x150 Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?Pour les familles attachées au monument funéraire traditionnel, il sera privilégié du granit français, et fabriqué en France. Certains granitiers proposent des gammes de monuments écologiques allant dans ce sens. Côté marbriers, une démarche consisterai à prendre des pièces de granit en stock et qui resteraient sur les bras (erreurs de côtes, changement d’avis du client …) afin de créer un monument complet proposé à la vente.

Rappelons que la France dispose de bassins granitiers et de pierres calcaires permettant un choix riche en coloris.

Conclusion

Le transport par voie terrestre des monuments funéraires, avec des véhicules parmi les plus polluants (poids-lourds) est inévitable, mais on l’aura compris, l’industrie marbrière ne tient certainement pas le haut du classement des entreprises les plus polluantes de la planète.

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La démarche écologique poussée à son paroxysme consisterait en l’absence totale de monument funéraire. Des alternatives existent, comme les sépultures paysagères ou les monuments éco-responsables.  Mais il y a lieu de ne pas oublier que les matériaux les plus utilisés dans la fabrication des monuments funéraires restent naturels pour le granit en tout cas, ou la pierre. Exception faite du béton, mais à l’échelle pour laquelle il est le plus largement utilisé – à savoir le bâtiment – nos fosses bétonnées sont bien loin de participer activement à la pollution de la planète.

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