En France, plus de morts par suicide que sur les routes

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C’était lundi dernier près d’Avranches (Manche). Un agriculteur quinquagénaire en difficultés économiques mettait fin à ses jours. Quelques jours à peine après la mort volontaire d’un premier exploitant rural. En France, le suicide tue plus que les accidents routiers.

Et, à lire un rapport remis hier mardi à la ministre de la Santé Marisol Touraine, malgré une baisse ces dernières années, on compterait aujourd’hui chaque jour 27 décès volontaires. « Un drame de santé publique », comme le qualifie la ministre.

Selon l’Observatoire national du suicide, à l’origine de ce rapport, on a dénombré en 2012 9.715 personnes qui ont mis fin à leurs jours. Un chiffre qui s’appuie sur les certificats de décès, mais qui serait en fait sous-évalué de 10%. Ce qui mènerait à environ 10.700 décès par an.

Le rapport permet aussi de constater certaines disparités. Géographique d’abord. On se suicide davantage en France qu’en moyenne dans les 28 pays de l’Union européenne (un taux de 16.7 pour 1.000 habitants contre 11.7 pour 1.000 habitants). Dans l’hexagone même, la Bretagne est la région la plus touchée, devant la Basse-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, le Limousin et les Pays-de-la-Loire. Très au dessus de la moyenne nationale. A l’inverse, on se suicide le moins en Midi-Pyrénées, en Corse, en Rhône-Alpes et en Alsace. Une région détonne : la Lorraine, où le taux augmente depuis 2002.

Le passage à l’acte est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes et augmente globalement avec l’âge. Comment s’y prend-t-on ? Cela dépend du sexe. Les femmes penchent davantage pour les médicaments (25%). Les hommes préfèrent la pendaison (59%) et les armes à feu (19%).

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On dénombrerait, enfin, près de 200.000 tentatives de suicide (20 fois plus que les décès), concentrées pour beaucoup chez les jeunes femmes. Dans le même temps, entre 2010 et 2014, les pensées suicidaires au cours de l’année écoulée (qui ne mènent pas forcément à une tentative) ont augmenté de 26%. C’est ce qui ressort du Baromètre santé 2014 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Des facteurs de risques augmenteraient les passages à l’acte, comme la solitude, la maigreur, la consommation régulière de tabac ou d’alcool.

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