« En immersion » Harry Roselmack à la fin de la vie

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Hier soir, TF1 proposait l’émission « En Immersion », ou le journaliste Harry Roselmack a passé du temps avec des personnes qui préparent leur fin de vie…
Intense

L’émission suivait plus particulièrement cinq personnes, toutes gravement atteintes, et qui souhaitaient abréger leur vie et leurs souffrances.

Isabelle, atteinte d’un cancer, a décidé d’arrêter ses traitements car elle estime « être prête à partir ». Pour Tania,  la situation est plus difficile. Cette septuagénaire très affaiblie par sa maladie souhaiterait qu’on la laisse partir. Gérard, la quarantaine et qui depuis un AVC ne peut plus tenir sur ses jambes. Sylvie a choisi de se faire euthanasier clandestinement en France après 14 ans de combat contre la maladie. Anne qui à 70 ans a fait le choix d’un suicide assisté et programmé dans son pays, la Suisse.

Avec sérénité et parfois humour, ils nous racontent leur parcours, leur décision, leurs souhaits. Parfois, leur changement d’avis.

Tous sont accompagnés jusqu’au bout, ou presque, par Harry Roslemack et son équipe, dans un exercice d’équilibrisme journalistique brillant.

Une leçon de journalisme

Sans voyeurisme Parce que les pièges dans lesquels auraient pu tomber l’émission existent bien : voyeurisme et militantisme. Roselmack, en professionnel aguerri, les évite sans encombre.

Il est vrai que le format aurait pu tourner à la télé-réalité funeste, ou au voyeurisme sordide. Quelques uns auront d’ailleurs pu recevoir le documentaire ainsi. Mais comment aborder le sujet sans plonger dans l’intime ? C’est exactement ce que fait Harry Roselmack, sans jamais franchir la ligne rouge : une fois sédatée, Tania n’est plus filmée, aucune image facile n’est jamais montrée, et la caméra s’arrête, à la fin, quelques instants avant le départ de Anne.

Roselmack garde également en tête que le travail d’un journalistes est d’apporter des éléments pour permettre à chacun de se faire sa propre opinion, et ne pas chercher à convaincre. C’est sans doute l’un des derniers journalistes objectifs en France aujourd’hui, au passage. Et même si l’on devine son opinion sur le sujet, il reste un modèle de professionnalisme, laissant la parole à toutes les parties, n’hésitant pas à apporter contradiction et objections pour permettre à ses interlocuteurs de développer leur pensée.

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De même, Harry Roselmack ne cherche pas à occuper constamment le temps de parole, mais au contraire, n’hésite pas à se taire, pour laisser à la pensée des interwievés le temps d’affiner et de construire leur pensée.

Bouleversant

La fin du documentaire est proprement bouleversante. Les journalistes accompagnent Anne, présentée au début du reportage, dans ses derniers instants. De l’entretien ultime avec le médecin qui s’apprête à délivrer l’ordonnance, jusqu’au moment ou elle tourne le robinet de la perfusion pour mourir, la séquence ne laisse pas de marbre.

Guillaume Bailly

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Vous en avez pensé
Sur la page Facebook de Funéraire Info, nous avons recueilli vos impressions à vif. Florilège :

« Satisfaite de voir que le sujet soit enfin abordé à la tv. La France est tellement hypocrite sur ce thème que cela en devient pathétique. Dans un pays d’origine catholique qui ne croit qu’en l’amour de son prochain il serait plus logique d’accepter la non souffrance de ces malades plutôt que l’acharnement pour une vie qui n’en ai souvent plus une . Personnellement touchée il y a 6 ans par la question j’ai trouvé le reportage très réaliste et d’une décence très appréciable. Bravo à M. Roselmack! » de Houarnevenn L B; « Je pensais voir une émission engagé pour l assistance de fin de vie, mais non, il nous laisse notre réflection, j’ai trouvé ce document superbe, et de voir cette femme ouvrir la valve… Ca donne une toute autre dimension de la vie et de la mort… Et j applaudis le courage de l équipe de tournage et le personnel médical, ainsi qu’aux familles et défunts, de nous avoir permis de s initier dans cette intimité face à maladie, face à la mort. Ca force le respect… » de Sébastien C ; « Pfiouuuu les 10 dernières minutes mon boulversé » de Rodrigue P ; « Aborder la mort avec beaucoup de respect et de pudeur. Merci à tous ceux qui ont permis à Harry Roselmack de les filmer, de parler librement pour mieux appréhender la mort. Merci Harry. Ah les 10 dernières minutes…. Waouhhhhh » de Yvonne T ; « Bouleversant, poignant … Et nous fait réfléchir à nos petits soucis quotidiens … Ce qui me reste de ce reportage, c’est la réflexion du médecin Suisse : la France est un pays en crise de schizophrénie, comment un pays peut il accepter l’interruption de la vie à ces débuts avec l’IVG et refuse ce même droit en Fin de Vie ? » de Thierry L R ; « De la décence, de la pudeur, le respect de la personne, tout était bien conçu pour que ces gens puissent partir comme bon leur semble. Avoir l’audace de tourner ce reportage fut très courageux de la part de M. Roselmack, tant par ce sujet si tabou et pourtant échéance irrémédiable de chaque être de notre monde, que par la souffrance ressentie par les personnes qui ont su garder leur sourire et si j’ose dire leur joie de vie. Tout simplement magnifique. » de Angé Manu M.

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