EnHommage : le couteau suisse du funéraire

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« Mettre du lien et de l’intelligence dans les usages et les applications » : c’est le but d’EnHommage.fr, plateforme internet commémorative et multiservices notamment créée par la lilloise Gwenaëlle Brémilts. Ultime rendez-vous estival de nos « femmes du funéraire », elle revient sur le parcours de sa jeune entreprise.

Funéraire Info : le numérique pour révolutionner le quotidien, c’est votre crédo ?

Gwenaëlle Brémilts : Je viens de deux univers distincts et complémentaires : les solutions web destinées aux services de ressources humaines. J’ai passé sept années dans le groupe Le Figaro, avant d’intégrer un gros cabinet de recrutement parisien. Internet a complètement changé les usages. Et c’est ce que je vois aussi dans le funéraire depuis ces 18 derniers mois. Avec cet outil, lauréat du réseau Entreprendre dans le Nord, nous voulons enrichir l’offre des pompes funèbres, un secteur qui a parfois peur des nouveautés et dont l’activité est chronophage. Avec le numérique, nous voulons faire gagner du temps. Ce qui n’empêche pas un avis de décès sur papier, par exemple. Mais c‘est tellement plus rapide d’envoyer un mail.

F.I. : Passer par les pompes funèbres, c’est votre canal normal. Comment les intéresser ?

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L’avis de décès interactif

G.B. : Nous sommes très bien reçus, parce que notre offre couvre 80 à 90 % des services qui peuvent être proposés en ligne. On va continuer à intégrer des services à valeur ajoutée. Les pompes funèbres à qui on fait une présentation sont fans. Ce qui leur plaît, c’est le tout-en-un, le beau,  le design, la modernité. Et que ce soit simple d’utilisation.

F.I. : Quand vous proposez vos services à une pompe funèbre, c’est sous son nom…

G.B. : Oui. Elle apparaît sous sa signalétique quand les gens reçoivent un faire-part, par exemple. Elle s’offre de la modernité, alors qu’elle n’a pas forcément les moyens de se payer une agence pour travailler son image de marque et son e-marketing.

F.I. : Cela suppose qu’elle soit ouverte à l’évolution du secteur funéraire.

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L’espace dédié aux familles sur EnHommage

G.B. : La difficulté est là : faire rentrer ça dans leurs usages, leur organisation du travail. Nous sortons d’ailleurs à la rentrée des modes d’emplois sur Youtube pour eux. Nous laissons aussi des fiches explicatives papier dans les pompes funèbres pour les familles, détaillant tout ce qu’on peut faire via notre site : remercier, rédiger un hommage, faire une collecte, créer un faire-part, un livret de cérémonie, un livret de messe en moins de 30 secondes, une plaque funéraire personnalisée, s’occuper des fleurs, d’entretien de sépulture… N’oublions pas qu’aujourd’hui, la famille éloignée ne se déplace plus forcément pour les obsèques d’une grand-tante. Et puis qu’avant de se déplacer dans une agence, les gens se renseignent sur internet. Nous avons un gros travail d’évangélisation à faire, côté familles, côté opérateurs. C’est ce que nous ferons vers les professionnels au prochain salon du funéraire à Paris, en présentant nos partenaires sur notre stand.

F.I. : Votre modèle économique est le suivant : vous gagnez de l’argent en étant intermédiaire entre les familles et une cinquantaine de prestataires…

G.B. : Quand on a créé l’offre, on a fait appel à des prestataires pour ce qu’on ne savait pas faire nous-mêmes. Nous avons une forte expertise web. Après, nous associons en priorité les partenaires privilégiés de la pompe funèbres. Et ensuite, nous avons nos opérateurs nationaux, comme En sa mémoire, A tout jamais, Elicci… A plusieurs, on est plus forts. C’est un cercle vertueux. La pompe funèbre va ainsi pouvoir élargir les services qu’elle offre, et sous sa propre marque. D’ici à la fin de l’année, nous voulons aller encore plus loin dans l’accompagnement, et fédérer une centaine d’opérateurs. Et proposer, par exemple, des bijoux ou des bougies personnalisées. Mais on ne veut pas trop bousculer le marché.

F.I. : Sur la dernière année, en chiffres, ça représente quel volume d’activité ?

G.B. : Un peu plus d’un millier de faire-part déposés avec le souhait de la famille. On ne fait pas de reprises sauvages d’avis de décès. Une belle performance aussi en commandes de fleurs. Et 40 à 50% des familles qui se connectent en utilisant nos services.

F.I. : La multiplication de services aux pompes funèbres ou aux familles, via internet ou pas, embouteille le marché. C’est un danger pour vous ?

G.B. : Un modèle économique qui fonctionne attire forcément des convoitises. C’est pour ça qu’on s’est dit qu’il ne fallait pas proposer une offre de niche économique, mais plutôt une offre multiservices funéraire. De même, on ne va pas aller à contre-courant des opérateurs mais au contraire plutôt les pousser. Et puis en proposant un maximum de services, on va pouvoir organiser, personnaliser. Sans pour autant aller trop vite, et passer d’un coup de l’âge de pierre à la navette spatiale. Comme dans les télécoms, le secteur va maintenant se concentrer d’ici trois-quatre ans, avec quelques grands acteurs maximum.

F.I. : En tant qu’experte du web, iriez-vous jusqu’à vendre votre solution à de grands groupes ?

G.B. : Clairement oui. Nous sommes éditeurs de logiciels. Les gens veulent du sur-mesure. Nous proposons donc des solutions clé en main, en marque blanche. Mettre toujours en avant l’écosystème des opérateurs, et pas le nôtre : c’est comme ça que nous fonctionnons. Il ne peut y avoir qu’une seule marque mise en valeur. Et c’est celle du client.

Dans notre série d’été consacrée aux femmes du funéraire : « Extra-céleste » : l’urne funéraire comme objet d’art, Un carnet pour mieux vivre le deuil avec son enfant, “Dernières confidences” : pour aider au deuil, A tout jamais veut “remettre de l’humain”, Obsèques : Elicci se développe en musique, AlteRriva : le soucis des belles obsèques et Funéraire : entreprendre au féminin.

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