Ennemi Public, une variation sur l’affaire Dutroux, sur TF1

0
163
ennemi public tf1 Dutroux
La policière, le moine, le monstre

TF1 diffuse actuellement « Ennemi Public », une série Belge inspirée de l’affaire Dutroux, retentissante internationalement, mais qui est, bien au-delà, un véritable traumatisme en Belgique. Avec une question simple : que se passerait-il si Marc Dutroux était libéré et se retirait dans un monastère ?

L’ombre de Dutroux

Même si la sérié a été présentée comme une adaptation de l’affaire Dutroux, elle en est plutôt une extrapolation. La série pose une question : que se passerait-il si Marc Dutroux venait à obtenir la liberté conditionnelle, grâce à sa bonne conduite, après avoir demandé à se retirer dans un monastère et se faire moine. Ce genre d’homme est -il récupérable ?

Dans les faits, c’est Michelle Martin, complice et épouse de Dutroux, qui a effectivement été libérée en 2012 et s’est retirée dans un couvent près de Namur, où elle ne réside plus aujourd’hui.

Plus qu’à un scénario abracadabrantesque, la justice Belge n’en ayant pas encore fini avec Dutroux, et ce dernier, aux nouvelles, ne semblant pas faire montre d’un semblant de repentance, la série est prétexte à une interrogation sur le bien et le mal.

Synopsis

Assassin d’enfants, libéré en conditionnelle, Guy Béranger est accueilli par les moines de l’abbaye de Vielsart, un tranquille petit village de l’Ardenne. Il est placé sous la protection de Chloé Muller, une jeune inspectrice de la police fédérale, persuadée que, tôt ou tard, l’ancien criminel récidivera. Alors que la population s’indigne de la présence de l’ennemi public no 1 dans leur voisinage, la police apprend la disparition inquiétante d’une fillette du village…

Alors, c’est comment ?

Première constatation : le niveau de jeu des acteurs est plusieurs cran au dessus de la plupart des séries policières françaises. Des acteurs Belges et Français s’y donnent la réplique sans sur ou sous-jouer, hormis éventuellement Stéphanie Blanchoud qui en fait peut être un peu trop, desservie par un personnage caricatural.

Angelo Bison est glaçant dans le rôle de Béranger, et Clément manuel, découvert en adjoint de Falco, est juste parfait en moine partagé entre ses convictions profondes et la réalité qui s’acharne à lui donner tort.

S’y ajoute une réalisation impeccable, un paysage adéquat (les Ardennes Belges), et un scénario qui donne la part belle à des personnages profonds, plus complexes et humains, souvent, que la simple surface de leur rôle.

C’est pour qui ?

La série est parfaite pour quiconque aimerait pouvoir regarder une série francophone mais se désole devant les scenarii indigents et le jeu d’acteur pitoyable des « Le juge est une femme » et autres « Section de recherches » qui font pourtant les beaux jeudis de TF1.

L’œuvre n’est pas marquante ou inoubliable, mais suffit amplement à faire passer une bonne soirée les lundis soir, et surtout, pour les amateurs, offre un vaste panel de « et si ? » qui aboutit à s’interroger soi-même : « Qu’est-ce que je ferais à leur place ? ». Rien que pour ça, c’est une réussite.

« Ennemi public » tous les lundi soir sur TF1, 20 H 55 (et sur TF1.fr pour les épisodes que vous avez manqué).

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.