Fin de vie, euthanasie : jusqu’à quand la vie mérite-t-elle d’être vécue ?

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Au début du mois, les médias ont relayé l’histoire mise en lumière par Anne Bert elle-même sur la maladie de Charcot et en horizon, la législation sur la fin de vie. Nous sommes deux ans après l’adoption de la loi Claeys-Leonetti. Cette loi a instauré le droit à la sédation profonde et continue pour les malades en phase terminale.

Pourtant votée à une large majorité, la ministre de la santé Agnès Buzyn, assure que pour l’instant « le sujet n’est pas à l’ordre du jour ». Une phrase inaudible pour les personnes concernées, leurs familles, médecins, infirmières en soin palliatif, ni pour la société. Une décision politique dans la lignée de celle du Président de la République qui avait assuré pendant sa campagne vouloir une avancée sur le sujet, mais sans se précipiter. En revanche, la loi sur la bioéthique est prévue pour 2018, à ce titre, la ministre de la santé n’exclue pas rouvrir le sujet à ce moment là.

La Belgique, l’eldorado de la fin de vie et de la mort ?

Il y en a qui vont en Roumanie pour des soins dentaires, ou au Brésil, au Magreb pour la chirurgie esthétique, en Hongrie pour l’ophtalmologie et d’autres en Belgique pour le droit à mourir. C’est ce qui a déclenché cette vague de polémique suite à l’annonce d’Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot qui a annoncé publiquement se rendre prochainement en Belgique pour y être euthanasiée. En effet en Belgique, l’euthanasie est légale depuis près de 15 ans maintenant. Une réponse face à la détresse de certaines personnes en fin de vie, qui réclament le droit à mourir dans la dignité. En Belgique les médecins affirment recevoir de plus en plus de demandes de françaises. Mais ce n’est pas si simple, il ne s’agit pas de passer la frontière et d’en finir avec la douleur et la détresse, il faut établir une relation de confiance avec le médecin, les dossiers sont analysés scrupuleusement pour n’omettre aucun détail éthique ou moral. À ce titre, entre la prise de contact et l’acte en lui-même il se passe en général plusieurs mois, loin des dires et des rumeurs véhiculées en France.

hôpital-300x185 Fin de vie, euthanasie :  jusqu’à quand la vie mérite-t-elle d’être vécue ?Une loi sur la fin de vie mal connue

À chaque fois que je viens vous parler d’euthanasie, cela suscite une vague d’émotion sur les réseaux sociaux, et c’est normal. Dans la même veine, 80% des français sont favorables à l’euthanasie, mais tous disent mal connaître la loi. Seul l’arrêt des soins est aujourd’hui légal dans notre pays, pourtant plus de 45 % des individus pensent que la loi autorise l’euthanasie par injection létale. Il ne reste plus qu’un individu sur 10 pour expliquer ce qu’il y a vraiment dans la loi Claeys-Leonetti. Le texte prévoit la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour certaines personnes. En ce qui concernent les directives anticipées tous ou presque jugent primordial que leurs proches connaissent leurs souhaits en la matière sauf que personne ou presque n’a rédigé un tel acte.

La maladie de Charcot, une maladie invisible ?

Dans le cas précis d’Anne Bert, c’est la société qui s’interroge, le magazine La Croix a récemment publié un article qui vient contrecarrer la décision d’Anne Bert tout en « respectant son choix ». D’autres points de vue s’élèvent en disant que l’euthanasie n’est pas forcément la seule alternative à la maladie de Charcot et des témoignages viennent appuyer ces dires en expliquant vouloir profiter des derniers instants jusqu’au bout.

Un débat quasi sans fin, qui malgré une forte volonté de l’opinion publique n’est pour l’instant pas près de bouger. L’on peut comprendre la position du gouvernement de faire attention au moindre mouvement sur cette loi de la fin de vie qui représente par ailleurs, déjà une certaine avancée. Mais la question reste ouverte : jusqu’à quand la vie mérite-t-elle d’être vécue ?

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour, le temps n’est plus aux discussions, ça fait 37 ans qu’on discute sur ce sujet de la fin de vie et on discuterait encore pendant 37 ans que les opposants ne changeraient pas d’avis ! Heureusement, ces opposants sont peu nombreux puisque plus de 90 % de la population veut une loi comme en Belgique : une loi qui date de 2002 et qui a fait ses preuves. Pas de dérives comme annoncé par les opposants, mais bien au contraire, des Belges qui ne voudraient pas revenir en arrière. Les malades ont le droit de décider de dire stop quand leurs souffrances, qu’elles soient physiques et/ou psychiques sont devenues insupportables. Il faut une loi pour encadrer la pratique du « dernier soin » mais une fois que le malade entre dans les critères de cette loi, ce n’est plus aux médecins de donner leur avis, c’est au patient de décider du moment. Cette loi n’oblige personne à avoir recours à une aide à mourir. Celui qui, pour des raisons religieuses ou autres veut aller au bout du bout doit avoir le droit d’y aller, mais celui qui veut abréger ses souffrances et cette phase de longue descente aux enfers doit avoir aussi ce même droit.

  2. Laisser Dieu où il est certes, mais Cloclo, vous parlez vous-même de « descente aux enfers »!!

    quant à la Belgique, objectivement les dérives d’une loi qui ne fait que s’étendre, aux mineurs, aux personnes souffrant de troubles psychiques et non plus seulement en fin de vie, aux détenus… On se dirigement doucement mais sûrement vers Aktion T4 des Nazis.
    Et ce n’est pas une commission de contrôle quine comporte que des partisans de l’euthanasie qui s’opposeront à ces dérives.

  3. les derniers instants de vie sont souvent trés précieux ,pour parler avec ses proches ;entre autre pour pardonner certains actes commis des 2 cotés ,Celui qui va partir ressent souvent le besoin de partir enpaix

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