« Extra-céleste » : l’urne funéraire comme objet d’art

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« Ultime hommage au défunt, l’urne se doit d’être belle » : c’est le crédo de Sandra Piat et de sa société Extra-céleste. Sur ce marché concurrentiel, la Parisienne vise depuis cinq ans le haut de gamme. Un pari remarqué, mais pas toujours aisé.

Pour elle, le funéraire n’est venu que pas à pas. Architecte d’intérieur de formation, elle a tenu dix ans durant un magasin de décoration à Paris, baptisé « L’île de la Tortue ». Un nom qui sent bon l’exotisme, les voyages et les trésors de pirates. Ce qu’il faut pour ramener des trouvailles à faire partager. Le magasin a aussi accueilli les œuvres d’artistes. La révolution numérique est passée par là, et Sandra Piat a créé son site de vente en ligne de bijoux et d’accessoires de mode vintage. Ajoutons une passion de la mosaïque et l’expérience d’un deuil.

Extra-celeste-300x239 "Extra-céleste" : l'urne funéraire comme objet d'art« J’ai trouvé intéressant d’essayer d’apprivoiser la mort », comme elle le raconte, en créant des urnes. Mais, son bagage aidant, elle les conçoit comme des œuvres uniques, des objets symboliques «aux variations créatives multiples ». Pour elle, l’urne peut adoucir le deuil, être un bel hommage d’affection « au même titre que les chants, les lectures ou les fleurs ».

Sollicitant ses amis artistes, elle conçoit des urnes ethniques, en écho aux rites ancestraux, des urnes d’essence bouddhistes, d’autres biodégradables, des écrins pour les enfants, des reliquaires. De quoi bousculer un milieu qu’elle trouve bien peu enclin à se renouveler, à prendre en compte l’aspiration des familles pour la personnalisation, et souvent trop séduit par des urnes en résine ou granite made in China sans relief et moins chères.

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« Tout est à réinventer », estime-t-elle.  Présenté au Salon de la Mort de Paris, en avril 2011, la qualité de son travail a été rapidement reconnue dans la presse. « Depuis, je sais que je suis à ma place », poursuit-elle. Mais les commandes des professionnels n’atteignent pas ses attentes. Elle pense même arrêter, en début de cette année.

« Depuis le début de cette aventure, j’ai fédéré tellement de particuliers que je n’ai pu m’y résoudre. ». Elle s’est finalement repositionnée, visant désormais directement le grand public, à l’instar d’autres entrepreneurs du funéraire peinant à vendre leurs services via les pompes funèbres. Elle a refondu son site internet. Avec également la secrète ambition de faire valoir l’artisanat d’art français du funéraire à l’étranger.

Dans notre série d’été consacrée aux femmes du funéraire : Un carnet pour mieux vivre le deuil avec son enfant, “Dernières confidences” : pour aider au deuil, A tout jamais veut “remettre de l’humain”, Obsèques : Elicci se développe en musique, AlteRriva : le soucis des belles obsèques et Funéraire : entreprendre au féminin.

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