Fiction : L’enterrement d’un terroriste

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Paris Match prétend avoir localisé la tombe du terroriste. (capture d'écran site de Paris-Match)
Les terroristes responsables des événements récents en France ont été inhumés nuitamment. En nous basant sur les quelques éléments que nous avons pu recueillir, nous avons essayé d’imaginer la scène. Attention : tout ceci reste une fiction.
Préparation en amont

La mairie de Gennevilliers voyait avec résignation sa crainte se réaliser : ce serait donc dans son cimetière que la veuve du terroriste souhaitait qu’il soit inhumé. Demande acceptée par la mairie, donc, conformément à la loi, mais refus catégorique pour son frère, ni habitant ni décédé sur la commune.

Les équipes avaient été prévenues le plus tard possible, et de la manière la plus discrète possible. Un langage codé avait même été établi « Tu aimes The Voice ? – Oui, j’aime bien – Bon, ben j’espère que tu as le replay sur ta télé ». La préfecture avait été avertie, qui avait averti le ministère de l’intérieur, qui avait prévenu les services compétents.

Le jour venu, le cimetière fermait, horaires d’hiver oblige, à 17 H. La camionnette de la marbrerie était arrivé à 16 H 30, et avait bifurqué nonchalamment, après le bâtiment de l’administration, sur la gauche. Nonchalamment, du moins dans la tête des marbriers embêtés qui s’imaginaient en barbouzes de la pelle et de la pioche.

A 17 H 00, le conservateur signifia lui-même qu’il fermerait le cimetière. Aux derniers employés qui partaient avec un regard interrogatif, il répondait « un indigent ». Personne ne semblait dupe : il se passait quelque chose.

Creusement nocturne

Le creusement de la tombe commença alors que la nuit était déjà tombée. La gendarmerie avait amené un projecteur, dirigé sur le sol, pour que les marbriers voient ce qu’ils faisaient, sans réfraction de la lumière qui aurait alerté les éventuels passants. Pas ou peu de voisins : de part et d’autres, des zones industrielles, une agence de pompes funèbres à l’entrée principale du cimetière, au sud, et, au nord, l’autoroute.

Pendant ce temps là, à l’Institut Médico-Légal, un fourgon prend la route de Gennevilliers, discrètement suivi par une voiture banalisée conduite par deux gendarmes. La mise en bière avait été rapide : un sac blanc, scellé et agrafé à l’issue de l’autopsie, portant la marque du médecin légiste, dans un cercueil sobre. L’humeur des croque-morts était à l’introspection : ils étaient traversés de questions existentielles. « Est-ce que c’est dangereux ? Comment ça va se présenter ? Est-ce que si je fais un excès de vitesse les deux derrière vont me mettre une prune ? » sans oublier le fameux « Est-ce que ma femme va penser à m’enregistrer The Voice ? ».

Le fourgon s’avança vers les grilles du cimetière, qui s’ouvrirent à leur arrivé et de refermèrent derrière la voiture des gendarmes avec un claquement.

Tandis que le fourgon progressait vers le lieu de destination, précédé du conservateur qui ouvrait la route dans sa petite voiturette de service, les porteurs aperçurent des ombres parmi les tombes, qui semblaient se mouvoir et les suivre comme des âmes damnées dans l’attente impatiente d’un nouveau compagnon à tourmenter indéfiniment dans les flammes de l’enfer.

Lorsqu’une de ces ombre se trouve prise dans le faisceau des phares, ils virent qu’elle avait une cagoule et un fusil d’assaut.

Hormis autour de la fosse elle-même, il semblait ne pas y avoir un chat, hormis un chat, gros matou gris qui observait la scène avec intérêt et se demandait quel journal accepterait de monnayer son histoire contre quelques souris et un litre de lait. Nous reconnaitrions volontiers que Funéraire Info a obtenu le scoop à grand renfort de Lactel, mais nous sommes des professionnels qui protègent l’anonymat de leurs sources.

Inhumation

La nuit, le froid, les intempéries, ne facilitèrent pas le travail des marbriers, qui finirent tout de même par creuser une fosse. Un officiel qui se trouvait là fit alors signe aux pompes funèbres que l’on pouvait y aller. « Personne ? » demanda le chef d’équipe. « non » lui fut-il répondu « La veuve est resté chez elle pour que les journalistes ne la filent pas. Même chose pour le reste de la famille. ».

L’équipe sortit alors le cercueil, le déposa à même le sol, passa les sangles dans les poignées, puis, après un infime moment d’hésitation, soulevèrent tous ensemble, se mirent en position de part et d’autre du trou, et descendirent le cercueil. Celui-ci finit par toucher le fond, au delà de la profondeur minimum préconisée, pour décourager d’éventuels profanateurs.

On attendit le retour des marbriers, qui étaient partis s’asseoir un instant dans leur véhicule et prendre un café. Ils revinrent et recouvrirent immédiatement la boîte de terre. Lorsque le cercueil fut recouvert, les croque-morts crurent voir les silhouettes noires des hommes du GIGN planqués derrière les tombes se détendre, comme s’ils avaient cru jusqu’au dernier moment que le terroriste pouvait jaillir de sa boîte comme un diable armé jusqu’au dents.

Tout le monde fut autorisé à repartir en même temps, pour éviter de nombreuses ouvertures et fermetures de portail. Le conservateur et les marbriers avaient auparavant rassuré les officiels qui se trouvaient là : vu la météo, le sol serait uniformisé par l’humidité, et on ne verrait plus qu’une inhumation avait eu lieu là.

Cette nuit là, les noctambules qui sortaient de discothèque, à l’heure de la fermeture, furent surpris de croiser un corbillard embarquant des croque-morts manifestement exténués, frigorifiés, et de mauvaise humeur.

Guillaume Bailly

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