Fin de vie et euthanasie

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Euthanasie2 Fin de vie et euthanasieCette réflexion personnelle que je propose au sujet de la fin de vie est née des nombreux sujets, parfois très récents au sujet d’un fait de société qui intéresse nombre de nos concitoyens….L’euthanasie et la possibilité de disposer librement de son corps.

Bien entendu, il est est extrêmement délicat de traiter ce sujet sans heurter les sensibilités de chacun et c’est la raison pour laquelle je vous propose d’envisager cette étude sous différents axes.

Le premier aspect abordé est celui de l’aspect religieux :

Cette « étude » a pris tout son sens lors de la mise en forme de ce texte car le thème est délicat pour ne pas dire tabou.

En effet, tout homme conscient de sa finitude se doit d’envisager à plus ou moins longue échéance sa disparition, son extinction, la cessation absolue et définitive de tous les processus métaboliques permettant la vie communément appelée la Mort, SA mort.

L’éthique morale sera donc de considérer la vie comme une réalité effective ressentie et appréhendée par l’homme comme étant le bien le plus précieux et ce quelque soit le type sociétal et autant que faire se peut d’en comprendre la signification et la valeur.

Le Prologue de Saint Jean, semble nous donner les clés pour affronter le mystère de la mort et le sens de la vie, en effet, dans le Prologue je cite : « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes; et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisies. Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean, il vint en témoignage pour témoigner au sujet de la lumière afin que tous par lui fussent amenés à la foi. Celui-là n’était pas la lumière. C’était la lumière, la véritable, celle qui illumine tout homme venant dans ce monde. »

Je ne tenterai pas ici d’ébaucher une traduction métaphorique ou morale du sens de ce Prologue selon Saint Jean mais le sentiment premier que nous ressentons à sa lecture n’est il pas de donner du sens à la vie , d’en comprendre les mystères et d’offrir un tant soit peu d’amour à son prochain?

Le précepte spirituel de l’ Évangile selon St Jean n’est il pas de donner une assurance et une ferveur indestructible et sans limite que l’esprit humain possède pour se préserver des « ténèbres » et de se rallier à la magnificence de la « Lumière » et donc de la vie?

Le second aspect sur lequel nous pouvons aborder le thème de la lumière est d’ordre scientifique et métapsychique, dans le Prologue de Saint Jean, la lumière est la vie en opposition aux « Ténèbres »,la mort peut alors être abordée selon plusieurs perspectives.

Hubert Larcher, Docteur en Médecine et Président de l’Institut Métapsychique International, disait du mot « Lumière » qu’il « pouvait s’appliquer à des aspects si différents de la réalité qu’il en résulte bien des ambiguïtés et des difficultés sémantiques »  (la sémantique étant la signification des mots et des rapports de sens entre les mots, elle vient en opposition à la syntaxe  qui est l’étude des langages, la sémantique et la syntaxe ont le même rapport que le fond et la forme). 

En effet, nous pouvons distinguer par exemple la lumière que ces individus qui reviennent des frontières du trépas aperçoivent et ne dit-on pas d’un mourant qu’il s’est éteint?

Cette parabole n’illustre-t-elle pas l’extinction réelle de l’éclat de ces yeux éclipsés par la mort mais aussi à cette notion plus subjective de la perception de la lumière et par là-même del’abolition de sa conscience ?

Le trépas apparaît alors comme indispensable pour passer d’une lumière à l’autre.

Hubert Larcher disait de « la conscience qu’elle est une lumière intérieure psychique ».

Que dire alors de la lumière physique consacrée par les photons, bradyons et luxons qui lancés dans le vide sidéral de l’univers atteignent des vitesses de l’ordre de 300000 km par seconde et répondant ainsi au nom de « mur de la lumière ».

Mais nous pouvons aussi distinguer la lumière intérieure psychique tels que l’ont montrés les travaux de Madame Yvonne Duplessis au sujet des couleurs visibles et non visibles et donc de la perception de la lumière par tout ce qui nous entoure tels que ces éléments se révèlent à nous.

La lumière spirituelle telle que nous l’avons évoquée et telles que l’envisagent les religions monothéistes auxquelles nous nous identifions répond à la possibilité d’envisager la « lumière d’amour aux portes de la mort » à une toute puissance infinie donc divine et créatrice et passant ainsi d’un niveau de veille à un niveau hypnique (qui comprend le sommeil, l’hypnose et la biocémèse) puis le dernier niveau et non des moindres, le niveau thanatique défini en la mort absolue par destruction organique et par là-même irréversible.

La fin de vie ne serait-elle donc que l’extinction d’une lumière pour passer vers une autre lumière si l’on s’en réfère aux travaux du Docteur Larcher?

Mais comment envisager la fin de vie puisque cette dernière peut arriver dès le moment de la naissance et même avant encore, in-utéro; avant même la libération et le relâchement de cette étreinte maternelle dans laquelle le fœtus s’est crée, développé et finalement n’a pas été au terme de ce processus de début de vie.

euthanasie-300x175 Fin de vie et euthanasieOn ne saurait aborder le problème d’une fin de vie sans accepter d’évoquer la loi morale à laquelle tout homme se doit de respecter; en effet la définition de cette loi « interdit à tout homme certains comportements non pas pour le seul motif que ces comportements soient punissables par le droit mis en place par le législateur, mais parce qu’ils sont indignes de l’homme!

Située bien en amont des lois civiles, la loi morale définit le bien et le mal, en commandant de faire le premier et de rejeter le second. Elle est universelle, immuable et transcende toutes les expressions écrites qui peuvent chercher à l’exprimer. C’est pour les juifs et les chrétiens, le Registre du Décalogue et pour beaucoup de nos contemporains, celui des Droits de l’homme. »

Et c’est bien là que réside le problème de la fin de vie si l’on choisit de l’aborder par le côté le plus obscur de la question, celui de l’euthanasie qu’elle soit « passive », « active » ou d’ « Exception », des termes choisis pour une finalité analogue…

Étymologiquement, « Euthanos » signifie la « bonne mort », au sens actuel du terme, l’euthanasie signifie de préférence« provoquer » ou « hâter » la mort dans le but d’abréger les souffrances.

Actuellement, la loi ne permet pas de disposer librement de son corps puisque l’euthanasie est à priori pénalement réprimée car elle peut constituer un meurtre, un homicide involontaire, un empoisonnement, une provocation au suicide ou encore un délit de non-assistance à personne en danger…

La loi Léonetti du 22 avril 2005 admet que l’on puisse ne pas s’acharner thérapeutiquement et que l’on cesse les traitements qui ne sont d’ores et déjà plus d’ordre curatifs et la loi permet même la privation de nourriture en revanche elle propose l’administration de calmants à base de morphine afin d’éviter les souffrances même si ses substances peuvent provoquer la mort

C’est ce que l’on nomme « l’euthanasie passive » mais il faut encore pour pouvoir faire ce geste, que le médecin suive une procédure collégiale en accord et après concertation avec l’équipe de soins si elle existe et sur l’avis « motivé » d’au moins un médecin appelé en qualité de « consultant » et le cas échéant celui d’autres personnes de confiance comme des membres de la famille par exemple.

L’ « Euthanasie d’exception » est quant à elle une proposition de Madame Nadine Morano alors Secrétaire d’État à la famille et qui consisterait en un « suicide assisté » à titre d’exception et de constatation d’échec de toutes les possibilités médicales par création d’une Commission Nationale d’Euthanasie à qui reviendrait le droit d’examiner les cas exceptionnellement graves.

Et enfin l’ « Euthanasie Active » qui est pratiquée chez nos voisins Belges et Néerlandais qui autorise l’intervention médicale en vue d’abréger les souffrances du malade en fin de vie au titre du droit de finir sa vie dans la dignité sans déchéance et dans le libre consentement.

Voici les trois formes d’euthanasie qui ont été proposées jusqu’alors….

Comment peut on envisager seulement l’un de ces cas dans le respect de la « loi morale » qui interdit le meurtre et de l’autre côté la nécessité impérieuse pour la société de se prononcer face d’une part aux 85 % des français favorables à une loi qui assurerait la dignité et le libre arbitre et d’autre part des groupes de pression comme l’association « Marie Humbert » ou l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité qui ont comme préoccupation fondamentale le droit d’éviter à leurs proches des souffrances intolérables et des situations conduisant (et l’actualité nous l’a déjà démontrée avec le cas de Chantal Sébire,) à un suicide en règle si j’ose dire faisant fi des lois et règlements.

Je n’aurai pas la prétention d’apporter aujourd’hui une solution miracle mais je pense qu’en tant qu’homme et en tant que Citoyen responsable et soucieux de ce qui un jour pourrait me toucher ou me concerner personnellement, il est possible de proposer des « pistes » qui feraient que la loi morale et la loi Législative puissent s’harmoniser afin d’apaiser les tensions et le climat d’hypocrisie il faut bien le reconnaître que la justice s’interdit de juger et encore moins de condamner.

Car bien souvent l’actualité, il faut en convenir, relate le cas d’une mère ayant mis fin aux jours de son fils tétraplégique comme l’affaire Humbert pour laquelle le Procureur de la République n’a même pas jugé bon de l’opportunité des poursuites devant une cour d’assises estimant que la maman et le médecin ont alors agi « sous l ’emprise d’une contrainte les exonérant de toute responsabilité pénale ».

Et la liste est longue, que dire alors du cas du Docteur Laurence Tramois et del’Infirmière Chantal Chanel acquittées par la Cour d’Assises de Bordeaux dernièrement après deux années de procédures ou encore le 16/08/87 lorsque le Professeur Schwartzenberg, ancien Ministre de la Santé, révèle avoir aidé un patient à mourir…..Verdict?

Le Conseil de l’Ordre le suspend pour un an le 17/07/1990 et le Conseil d’État annule la sanction le 11/06/1993.

Le 3 février 1999, une infirmière de 49 ans exerçant dans une maison de retraite est mise en examen à Nice pour assassinats, elle reconnaît avoir aidé à mourir cinq patients âgés incurables de 89 à 97 ans, elle assure avoir agi avec l’accord des malades et de leurs familles et elle obtient un non-lieu en 2001 mais le comble de l’hypocrisie survient le 16 février 2005lorsque le Docteur Joël De Bourayne, cardiologue à la clinique de la Martinière à Saclay obtient un non lieu après avoir été mis en examen le 3/07/2005 pour avoir euthanasié neuf patients,le tribunal dira qu’il s’agissait de soins palliatifs et non d’euthanasie!!!

L’énumération de ces faits n’est malheureusement pas exhaustive et cela ne représente que les cas les plus médiatiques car il ne faut pas se leurrer, « l’euthanasie active » se pratique tous les jours dans tous les services lourds comme la réanimation, les services de gérontologie ou d’oncologie, tous les patients atteints de maux incurables ne sont pas pour autant dirigés vers un service de soins palliatifs.

Dernièrement, le 11 février 2009, le Journal Le Télégramme dans son édition de Guingamp consacrait une page entièreau sujet de la fin de vie et donnait la parole au Docteur Denis Labayle suite à la publication de son livre déjà très controversé sur la fin de vie intitulé « Pitié pour les hommes ».

En effet, ce dernier expliquait non sans une certaine colère qu’en 2006 , il apprit que des soignants étaient encore mis en examen pour avoir aidée une patiente à mourir et que selon ses dires, l’hypocrisie judiciaire, médicale et politique dépassaient les bornes et c’est alors qu’il rédigea un manifeste où les signataires affirmaient avoir aidé à mourir des patients en fin de vie et soumis à des souffrances incontrôlables ….A sa grande surprise, ce manifeste réunit plus de 2000 signatures!

Si l’on se réfère à la loi Léonetti, on ne peut pas dire en toute honnêteté et sans prendre de position pour l’une ou l’autre des parties qu’elle ait fait preuve d’objectivité; elle est seulement parvenue à arriver à un consensus mais sans en aborder le sujet prédominant et fondamental.

Le texte est très ambigu et favorise des situations inacceptables comme le « laisser-mourir » en incitant le corps médical à utiliser si besoin est la dénutrition et la déshydratation et elle ne correspond pas à l’attente de nos concitoyens.

Au nom du respect de la vie, on a favorisé l’acharnement thérapeutique relate le Docteur Labayle, aujourd’hui mis hors la loi. Au nom du même aphorisme (Dogme) et cette même doctrine, on propose aujourd’hui un acharnement palliatif!

Malheureusement, aucune loi ne répond précisément à toutes les situations, elle ne peut que cadrer et répondre à des orientations données et c’est justement parce que nous n’avons pas de loi précise et responsable sur le sujet que nous sommes victimes de «dérapages» vivant dans une clandestinité malsaine et dommageable comme l’ont été à une certaine époque les « IVG »(Interruptions Volontaires de Grossesse) et qui ont données lieu à une loi précise autorisant les femmes désireuses de ne pas enfanter de pouvoir mettre fin à leur grossesse et ce jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée c’est à dire à un stade plus qu’embryonnaire puisque c’est à ce moment précis que semble se mettre en place le Système Nerveux Central et tout cela reste pourtant contradictoire avec le serment d’Hippocrate qui engage le corps médical à tout faire pour préserver la vie .

Avec le recul, on s’aperçoit que cette loi à remédié en grande partie aux avortements clandestins alors selon la« loi morale », fallait il légiférer sur une pratique que la morale réprouve sans pour autant ne pas tenir compte et oublier les situations de détresse et de désarroi que ces femmes vivaient sans parler des complications hygiéniques qui causèrent septicémies, infections et parfois la mort par des passeuses que l’on appelait alors « faiseuses d’anges » et dont l’une d’elle fut même guillotinée en 1942.

Autre cas tout aussi problématique au regard de la « loi morale », celui des recherches et des expérimentations sur l’embryonqui ne saurait être considéré comme un amas de cellules ou matériau de laboratoire et qui commande de traiter un être humain toujours comme une fin, jamais comme un moyen mais d’un autre côté, les puissants groupes pharmaceutiques et l’opinion publique manifestent leur désir de voir progresser la recherche médicale et c’est en ce sens qu’a été créée une loi vraiment attendue …La loi sur la bioéthiquequi précise que sont tolérés à titre expérimental le recours au « bébé-médicament » et par conséquent, les parents dont un enfant est atteint d’une maladie incurable sont autorisés à recourir à une procréation médicalement assistée pour bénéficier du diagnostic pré-implantatoire dans le but de mettre au monde un enfant capable de guérir l’ainé grâce à des cellules souches prélevées dans le cordon ombilical à sa naissance…

Cette loi confirme la loi Caillavet au sujet du don d’organe sur une personne décédée et qui stipule qu’en l’absence de refus de son vivant sur un registre établi à cet effet, cette absence de refus vaut un consentement présumé

Respecte-t-on pour autant la volonté du défunt dans ce cas présent? Peut-être ignorait il tout simplement jusqu’à l’existence de cette loi? S’est il senti concerné au point de se manifester et d’écrire noir sur blanc sur un registre son refus catégorique de donner ses organes? A t-il seulement eu le courage de penser à cette question qui de fait induit sa propre mort et ne l’a-t-il pas relégué au profit de soucis moins noirs et plus urgents?

Mais il faut reconnaître que cette loi au nom de l’éthique et de la déontologie est rarement imposée à la famille du mourant car dans le cas contraire, la France ne serait pas en manque pour ne pas dire en déficit sur le plan des dons d’organes puisque le sujet revient fréquemment dans l’actualité par diverses campagnes d’information et de sensibilisation.

C’est ainsi que l’Agence de Biomédecine a été officiellement créée le 5 mai 2005 en se substituant à l’Établissement Français des Greffes et à la Commission Nationale de Médecine et de Biologie de la Reproduction et du Diagnostic Prénatal.

Qu’il s’agisse de la loi Veil du 17/01/1975 qui permit l’avortement dans des conditions de salubrité décentes et qui elle même venait compléter la loi Neuwirth de 1967 qui légalisait la contraception ou bien la loi Caillavet du 22/12/1976 sur le consentement en l’absence de refus écrit ou même la loi sur la Bioéthique de 2004 ou encore la loi Léonetti, aucune d’elles ne semblent répondre en tous points et de façon claire à la question originelle.

La justice et la médecine s’entendent également pour permettre l’Interruption Médicale de Grossesse qui n’a pas de limites dans le temps et qui peut intervenir à tous moments dès lors qu’il y a un danger vital pour la mère ou une malformation importante du fœtus, est ce pour autant assimilé à un crime ou un assassinat ? Autant de question qui divisent et qui ont trouvées un semblant de réponse à travers une loi au demeurant imparfaite mais qui semble convenir à la quasi-totalité de nos concitoyens.

Une question est sur toutes les lèvres ….Une loi sur l’euthanasie permettrait-elle d’encadrer un suicide médicalement assisté ou peut-on réfléchir à une forme de testament de « fin de vie » ou de « liberté »,terme que préconise l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité après en avoir longuement parlé à un médecin traitant, à sa famille ou à une personne de confiance en l’absence de famille?

Louis Vincent Thomas, célèbre ethnologue disait dans son livre « Rites de mort pour la paix des vivants» qu’il est plus qu’urgent, dans nos sociétés fortement médicalisées de généraliser ce que l’on appelle le rite d’oblation pour les mourants qui consiste à « materner » et à « entourer » le moribond afin que les proches collaborent et permettent un certain partage de la mort et même si il n’était pas un partisan de ce mode de fin de vie, il pensait à ce propos que l’euthanasie posait un problème en ce sens où elle reposait sur une illusion de toute-puissance ou de maitrise de la vie, sur l’idée d’une recette technico-scientifique substituée à la recherche des procédures symboliques permettant de subjectiver sans trop de détresse psychique le passage que représente la mort d’un proche …et surtout sur une poussée individualisante car le désir de la mort du malade peut n’être que la traduction de l’entourage, voire de la société toute entière qui ne croit plus à la valeur de la vie et lui signifie par toutes sortes de messages  ce désir d’abandon.

Euthanasie-menottes-300x112 Fin de vie et euthanasiePatrick Verspieren dans son ouvrage intitulé « Face à celui qui meurt » affirmait que « donner la mort au malade qui le demande, ce n’est pas nécessairement respecter sa liberté; c’est souvent le prendre au mot, c’est répondre par un acte mortifère à ce qui, dans bien des cas, est un cri d’appel. Donner la mort dispense d’entendre cet appel, cela peut aussi témoigner d’une grande méconnaissance des différentes phases par lesquelles peut passer un malade condamné….La phase de révolte, de dépossession et de désespoir. »

A ce propos, Verspieren précise que les témoignages en ce sens sont légion, quand le moribond cesse de vivre dans la solitude et que l’on parvient à maîtriser sa souffrance et à l’accompagner dans sa phase terminale….Les demandes d’euthanasie se raréfient.

A mon sens l’euthanasie doit rester une solution ultime et exceptionnelle et je pense que Louis Vincent Thomas avait vu juste lorsqu’il énumérait les conditions dans lesquelles cet acte suprême et définitif pouvait être envisagé à savoir :

  • Toute initiative de cet ordre se doit d’être collégiale que ce soit du point de vue du patient lui même, de ses proches à plus fortes raisons si il est plongé dans le coma et du personnel soignant

  • Cet acte ne saurait intervenir de façon trop prématurée ce qui risquerait de neutraliser le travail psychologique fondamental que tout moribond actualise spontanément avant qu’il ne chute dans le coma et qui constitue le moment essentiel de l’acte de mourir. Savoir apprécier une euthanasie précoce d’une euthanasie tardive.

  • Enfin, il faut que le combat contre la mort dépasse les forces du malade pour qui la vie n’a plus de sens ou qui n’arrive plus à trouver un sens humain et qu’il n’y ait vraiment rien à faire ou à espérer

Ces trois conditions réunies qualifieraient alors l’euthanasie comme une échappée sinistre certes mais parfois incontournable de l’aide au mourant à condition que si celle-ci se voit un jour dépénalisée sous conditions exceptionnelles, il est à craindre qu’elle soit ou bien trop permissive ou bien trop restrictive.

Qu’il s’agisse d’acharnement thérapeutique ou d’acharnement juridique, il est dangereux de se prononcer pour ou contre l’euthanasie car pour reprendre les mots de LVT, « Un oui pour une euthanasie possible, à condition que la lucidité l’emporte sur la passion, l’amour sur la technique, l’exceptionnel sur la règle et le respect de l’homme sur l’intérêt des autres ou de l’institution hospitalière ».

Pour parachever cette réflexion je finirai sur un extrait de Rudyard Kipling (1) qui déclarait dans son testament :

« Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l’on appelle la mort,

J’espère supporter la souffrance avec l’aide des miens, je saurai subir ce qui doit être subi parce que c’est la loi commune.

[…]

Rien ne sera perdu de ce qui fut donné, je resterai toujours parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même, Ô fils de la Lumière, mes Frères »….

Régis Narabutin, Artisan thanatopracteur et Mouleur d’Art

Sources :

Le site internet de Wikipedia

Hubert Larcher d’après des discussions et des échanges de courriers personnels

L’ Odysée de la Conscience (Société de thanatologie en 1981)

Paul Clerc d’après des discussions et échanges de courriers personnels et d’après une étude faite par ce dernier au sujet des travaux d’Hubert Larcher.

(1) Rudyard Kipling est né le 30/12/1865 à Bombay et mort à Londres le 18/01/1936, c’était un écrivain, contemporain de Mark Twain et de Conan Doyle.

Le Livre de la Jungle et le célèbre poème intitulé « If » (Si, en français) le rendirent célèbre, il reçu le Prix Nobel de Littérature en 1907.

Ses cendres reposent dans le Poet’s Corner de l’Abbaye de Westminster.

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