Football : Et un, et deux, et trois – cercueil !

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Roland Garros vient de succéder au festival de Cannes, et cèdera dans quelques semaines la place au mondial de football. Ces évènements ont ils une influence sur le moral national et les décès ?

foot_mort Football : Et un, et deux, et trois – cercueil !Vous aurez bien entendu noté, à la lecture de ce chapeau, que le festival de Cannes n’est pas un événement sportif, et que, cette année peut être encore plus, il ne doit pas avoir grande influence sur le taux de mortalité. Exception faite des potentiels récipiendaires des prix, le public a peu d’intérêt en général pour savoir quel film décrochera la Palme d’Or. A quelques exceptions prêt, récompensé ou pas, le succès du métrage restera confidentiel.

Peut être pourrait on faire de même pour la politique : la dose de stress chez les militants de touts bords à 19 heures 59 minutes et 59 secondes doit atteindre un point culminant, suivi à 20 Heures pile, lors de l’annonce des résultats, d’une décharges émotionnelle positive ou négative éprouvante pour l’organisme.

On ne s’étonnera pas que nul chercheur n’ait étudié, donc, les réactions des cinéphiles lors de la remise de la Palme d’Or à Cannes, peut être plus qu’aucun médecin ne se soit posté dans les permanences politiques pour prendre le pouls des militants à des fins statistiques. Ce serait certainement instructif, et pas seulement pour la soirée d’hier.

Football de mon cœur

Parce que figurez-vous que cela s’est fait pour le football. Plusieurs médecins à travers le monde ont constaté que des évènements stressants causaient une augmentation de la mortalité cardio-vasculaire, lors par exemple de guerres ou de tremblements de terre, rien de plus normal, mais se sont alors demandé si le stress du supporter de football pouvait être assimilable à ces résultats.

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Et leurs conclusions sont étonnantes.

Une tachycardie associée à une augmentation tensionnelle avec des pics lors des buts a été observée chez des spectateurs de matchs de First League (9). Plus étonnant, il a été montré que des supporters de la Coupe du monde de football présentaient plus d’extrasystoles ventriculaires et supraventriculaires lorsqu’ils assistaient à un match que lors d’une épreuve d’effort. En gros, rester confortablement assis dans son canapé à regarder un match était plus susceptible de vous faire tomber raide mort que de galoper pendant 90 minutes après un ballon.

Partant de là, il fallait établir une corrélation statistique entre des effets observés cliniquement, et des statistiques à grande échelle.

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Ce sont les Hollandais qui, les premiers, étudièrent les statistiques de décès lors de grands évènements sportifs. Une étude a montré une surmortalité le 22 juin 1996, jour de l’élimination du Championnat d’Europe de football de l’équipe hollandaise par l’équipe de France, lors de la séance de tirs au but. En effet, par comparaison avec les 5 jours précédents et suivants de la même année, et les mêmes jours des années 1995 et 1997, la mortalité cardiovasculaire (coronarienne et vasculaire cérébrale) des hommes de plus de 45 ans a augmenté de 25 %. Plus fort, les accidents coronariens ont augmenté de 51 %.

Sur un championnat national, on observa en Angleterre une surmortalité de 28 % lorsque les équipes de foot perdaient à domicile, dans le cadre du championnat national. Mises bout à bout, toute ces études semblaient prouver la corrélation entre les décès par problème cardiaque et les défaites d’équipes de football chez les supporters.

Et un, et deux, et trois – cercueil !

Mais, mais, et la victoire ? Les scientifiques français eurent une occasion unique d’étudier ce phénomène lorsque la France remporta la coupe du monde de football en 1998.

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Berthier et Boulay dans leur émouvant article « Lower myocardial infraction mortality in french men the day France won the 1998 world cup of football » dans la revue Heart tirent un bilan mitigé. Aucune baisse nette de mortalité ne fut en effet constatée lors des victoires dans les matchs précédents, seule une baisse de 29 % fut observable le jour de la victoire. Mais Berthier et Boulay nuancent ce résultat en expliquant qu’une large part de ce résultat est sans doute dû à l’inactivité qui avait saisi le pays lors de la qualification de la France en demi-finale. De nombreux supporters ayant posé des congés pour assister à l’évènement, et, plus globalement, les activités générales s’étant considérablement réduites, les efforts tiers et le stress global avaient proportionnellement baissé.

C’est donc un pays reposé qui, ce soir là, assista au match et réussit à y survivre.

La relation entre la survenue d’un événement cardiovasculaire chez les supporters et les matchs de football semble donc complexe, inconstante et exclusivement masculine. Les mécanismes physiques en cause ne sont pas totalement élucidés. Deux facteurs favorisant la majoration du risque semblent se dégager : les matchs de haut niveau, le plus souvent à domicile, et la nécessité d’une forte adhésion de la population envers son équipe nationale.

Autant dire que, pour le prochain mondial de football, les cardiologues peuvent dormir tranquille : l’équipe de France de football jouera loin, n’est certainement pas de haut niveau, et 50 % des français s’en fichent.

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