Formation funéraire : écoles, stages et emplois font débat

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C’est un message qui a beaucoup fait débattre, il y a quelques jours, sur le Facebook de Funéraire Info. Le « coup de gueule » d’une lectrice contre certains centres de formation. Parfois à raison, parfois à tort…
Un message de colère

La lectrice en question (elle se reconnaîtra) dénonçait certains centres de formation, en insistant bien sur le certains. Son reproche était que ces derniers n’informaient pas suffisamment les élèves de la difficulté de trouver des stages et des emplois, le tout pour un coût élevé. Globalement, les commentaires vont dans ce sens, se concluant souvent sur des « bon courage ».

Cette lectrice a-t-elle tort ou raison ? Sans doute un peu des deux. Le funéraire est un vecteur d’emploi de plus en plus courtisé dans un marché de l’emploi global difficile. Certes, les écoles ont un devoir de loyauté et d’information vis à vis de leurs élèves, mais ceux-ci ont également un devoir de lucidité et d’autonomie…

Quelques conseils, donc, pour éviter les écueils.

Motivation, ça s’écrit comment ?

Beaucoup de jeunes gens, aujourd’hui, considèrent qu’ils devraient pouvoir trouver un emploi dans le funéraire parce qu’ils sont motivés et qu’ils ont choisi ce travail, contrairement à d’autres personnes qui l’ont pris uniquement pour avoir un job.

En réalité, au risque de choquer certains, cet argument ne vaut absolument rien. Depuis des années, les effectifs des pompes funèbres sont constitués dans leur immense majorité de personnes qui y sont arrivées par hasard et qui y sont restées perce que le métier leur plaisait, qu’ils le faisaient bien, et qu’ils pouvaient le supporter. A contrario, nombre de jeunes arrivés dans cette profession spécifique par « vocation » se déclarent déçus, ou sont inaptes à faire ce métier.

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La formatrice d’une école réputée me confiait un chiffre éloquent : sur une sélection de jeunes diplômés du funéraire, dans une classe d’âge courant de 19 à 26 ans, 50 % cessait d’exercer tout emploi en lien avec le funéraire moins de six mois après avoir obtenu son diplôme. Les formateurs, d’une manière générale, le reconnaissent à demi-mots : un stagiaire de 40 ans, envoyé là par l’ANPE, qui a déjà du vécu et de la « bouteille » dans une autre profession a plus de chances de succès qu’un jeune de 20 ans hypermotivé sur le long terme.

Mobilité, avec un M comme Malin

La première chose à retenir, c’est que le funéraire est un secteur pourvoyeur de croissance, et donc d’emplois, mais également, par conséquents, extrêmement courtisé.

La nature humaine étant ce qu’elle est, on veut toujours le beurre et l’argent du beurre. C’est à dire que l’immense majorité des candidats va vouloir trouver un emploi qu’il a choisi (ici le funéraire) soit près de chez lui, soit dans un endroit qu’il aura choisi pour des caractéristiques agréables. En un mot : les pompes funèbres de Cannes ou Saint Tropez reçoivent environ 600 fois plus de Curriculums Vitae que celles de Guéret ou Montluçon.

Comme pour toute profession, si vous tenez vraiment à travailler en pompes funèbres, soyez conscients qu’il vous faudra faire des concessions, soit sur vos prétentions de poste, soit sur votre mobilité géographique. Soyez malin : vous aurez plus de chances de trouver le travail de vos rêves dans les endroits ou les autres ne veulent pas aller… et de vous faire un CV en béton qui vous ouvrira beaucoup, beaucoup de portes.

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Renseignements, avec un R comme… renseignements

Ce qui est reproché, dans ce post, aux écoles, c’est de ne pas indiquer clairement la difficulté de décrocher stage ou emploi. Est-ce le rôle d’un centre de formation ? On peut débattre du sujet.

Mais la qualité d’un assistant funéraire est d’être préparé à toute les situations, et de savoir prendre les devants. Ne croyez donc pas sur parole un seul interlocuteur dont le travail, en caricaturant, est de vous vendre une formation. Renseignez-vous, prenez votre bâton de pèlerin, faites le tour des pompes funèbres de votre secteur, avec toujours ces trois mêmes questions :

« Comment est le marche de l’emploi du funéraire dans le secteur ? »

« Est-ce que vous prenez des stagiaires parfois ? »

Et si oui « Alors vous seriez d’accord pour me prendre, moi, en stage, durant ma formation ? »

Si, spontanément, vous avez déjà été au contact des professionnels et à la pêche aux renseignements avent de vous inscrire à une formation, vous êtes sur la bonne voie, mieux en tout cas que si vous attendez du tout cuit. N’oubliez pas que le métier auquel vous prétendez consiste à recevoir seul, sans aide, des familles endeuillées, accepter la très grande responsabilité de s’occuper de leur défunt, sans droit à l’erreur ni seconde chance. Comportez vous comme si vous en étiez capable.

Pour conclure, ce métier est un beau métier, que tout le monde n’est pas capable de faire, diplômé ou non, et qui vaut la peine qu’on se décarcasse. C’est un métier difficile, très difficile. Aussi, si les écoles ne vous simplifient pas la tâche, considérez que ça fait partie de la formation.

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