Quand France Culture se penche sur le funéraire

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A l’occasion de la Toussaint, les émissions radio sur la mort ont fait florès. Parmi elles s’est particulièrement distinguée France Culture, que nous avons écouté, un peu par hasard…

france-culture Quand France Culture se penche sur le funéraire… Puisque dans la bande annonce qui précède l’émission, la journaliste, Irène Omélianenko, a eu la gentillesse de préciser qu’elle lisait Funéraire Info, et a même lu une citation de votre serviteur. C’est donc un ami qui m’a envoyé un message pour attirer mon attention sur ce fait, et, par ricochet, sur l’émission en elle-même.

Une émission extrémiste, d’ailleurs, si vous pardonnez ce jeu de mots, puisque divisée en quatre chapitres, étalés sur quatre jours, les deux premiers traitant de la naissance et les deux autres sur le décès. Deux jours sur la naissance, deux jours sur la mort, et ce qui se passe entre les deux, c’est vous qui décidez. C’est audacieux, c’est France Culture. Même si les deux premières émissions sont intéressantes, nous nous sommes, vous vous en doutez, plongé dans les deux dernières, concernant la réception de famille et les Maître de Cérémonies. Pour être vraiment précis, leur formation, les journalistes ayant planté leurs micros à l’ENAMEF. L’École Nationale des Métiers du Funéraire.

La forme

C’est une émission de France Culture, qui respecte la ligne éditoriale de la radio, il faut le savoir. C’est donc un reportage rigoureux, exigeant, mais peut être pas facilement accessible, du moins au début.

Pour être clair, si pour vous, la radio, c’est NRJ ou Skyrock, si les radios qui causent, c’est Laurent Ruquier ou Philippe Bouvard, vous serez peut être désarçonné, au début. Les stagiaires de l’ENAMEF s’entraînent à leurs cérémonie, tâtonnent, hésitent, laissent un blanc, et les bredouillements et silences sont laissés, un peu brut de fonderie. Point ici de remplissage, d’animateur survolté ou de coupe au montage.

Mais il est fascinant de constater que, au bout de quelques instants, le temps de rentrer dedans, on change de point de vue. De critique distant, censé faire un article sur une émission de radio, je me suis retrouvé, les yeux fermés, à côté des stagiaires, à compter les points, reprendre leurs erreurs, approuver ce que je trouvais bien. Lorsque l’oreille s’est habituée à ce standard, Sur les Docks se trouve être une émission particulièrement immersive.

Le fond

Que dire du fond, hormis que nous l’avons certainement tous connus ? Exercices, simulations, bons conseils, on entend ici ses futurs collègues, ou non, apprendre le métier. Pourquoi non ? Parce que, c’est sous-entendu, certains ne seront jamais au niveau… Mais déjà, nous sommes sur un autre sujet.

Les journalistes se font discrets : ici, parole aux stagiaires, aux formateurs qui commentent eux-même ce qui se passe, répondent aux questions, mais pas de jugement, de condensé pré-mâché, et orienté, l’émission immerge l’auditeur dans un univers précis, pendant un moment donné, et laisse son intelligence se faire sa propre opinion.

En conclusion

Ce n’est pas souvent que l’on consacre à notre profession deux heures de documentaires de cette qualité et de ce niveau d’exigence. Dommage. Aux antipodes des Infiltrés ou de Capital, l’émission, qui peut sembler d’un abord austère, se révèle un petit trésor d’intelligence et d’immersion.

A réécouter, en podcast, donc, à tête reposée. Faites l’effort, vous ne serez pas déçus.

L’émission Sur les Docks du mercredi 30 octobre Votre mort, on s’en occupe

L’émission Sur les Docks du jeudi 31 octobre Les maîtres de cérémonie

1 commentaire

  1. On ne fait ces rencontres-là, des émissions qui prennent leur temps sans se foutre du monde, que sur France Culture. Comme quoi toi et moi, on peut parfois être d’accord !

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