Économie du funéraire et écologie : Le mariage impossible ?

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cimetière écologique

L’écologie… c’est bien de vouloir préserver la planète, vraiment. Comme le dit Mélanie, le secteur funéraire n’est pas celui qui pollue le plus et pourtant les opérateurs intègrent fortement dans les nouvelles gammes de leurs produits cette conscience écologique. Il y a des choses possibles, des choses à faire, et d’autres non.

L’écologie en boîte

Je ne me lance pas dans la polémique du cercueil en carton, tout simplement parce que ça n’est pas mon rôle et que je ne suis ni chimiste ni ingénieur et que je ne peux absolument pas valider ou invalider la thèse d’un système plus écologique qu’un cercueil en pin. Il a au moins le mérite d’exister et donc de satisfaire certains opérateurs funéraires ainsi que certaines familles désireuses de cette manière de procéder. D’autres alternatives existent comme le vernis sans solvant, utilisé de plus en plus dans les différentes gammes de cercueils ainsi qu’un système hydro plus écologique de production des cercueils.

De A à Z

Ça c’est pour l’objet, mais à l’intérieur il y a le capiton, si souvent nous le trouvons en coton il peut aussi être fabriqué avec d’autres matières telles que le polyester, en synthétique, en satin. Et quand bien même, le coton n’est pas une matière écologique quoiqu’on en pense. Attention je ne tire pas à vue sur les fabricants de capiton, d’autant que nous sommes fournis par de très belles pièces françaises et artisanales. Idem pour les tenues des défunts, souvent non écologiques, des poignées de cercueil, du diesel du corbillard, du kérosène du rapatriement, etc.

Le marché des obsèques vertes

Bien sur il y a l’inhumation et la crémation, là encore ça se discute, ça se dispute. Plus écolo d’enterrer ? Plus écolo de crématiser ? Ni vous ni moi n’avons réellement la réponse. Bien sûr dans d’autres pays il existe l’aquamation, oui mais pas en France c’est comme ça. Et malgré la volonté d’avoir des cimetières écologiques nous sommes encore loin de l’enterrement de Nate Fisher dans Six Feet Under à même la terre.

Il faut bien comprendre que même si nos volontés individuelles tendent vers des obsèques plus vertes, l’écologie est encore un système qui entre dans une logique de marché que cela nous plaise ou non. Pour certains, écologique voudra dire « simple » et donc « moins cher » pour d’autres « effet de mode » et donc « onéreux ». Il faut donc prendre en compte ces divers éléments et les placer au carrefour des tendances du marché, des normes européennes et légales et les rites, us et coutumes qui structurent notre manière d’organiser des obsèques et qui évoluent doucement au fil des siècles.

Ce que je veux dire si vous me suivez un peu, et je sais que ça n’est pas simple, c’est que malgré la volonté de vouloir réduire son impact écologique il reste une donnée impossible à changer. Le corps humain n’est pas écologique, ce que nous absorbons, consommons de notre vivant ne l’est pas non plus, et les rejets de CO2 ne le sont pas non plus. Dès le premier souffle de vie notre trace est perceptible. Je m’intéresse fortement à la question du deuil comme vous le savez et je mets en corrélation cette conscience écologique avec le travail de deuil. La crémation à ses débuts avait cette volonté de la disparition totale avec la dispersion. Attention néanmoins à intégrer l’importance du rite dans cette démarche écologique. Disparaître à jamais, ne pas laisser de trace, c’est quelque part effacer les traces d’une existence. Alors pas besoin de mettre tout ce qu’il y a de plus polluant pour votre enterrement mais penser que ceux qui restent ont besoin, pendant un temps, d’un lien quelconque pour leurs rappeler que vous avez vécu.

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