Funéraire Info, un an déjà

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38852922_p Funéraire Info, un an déjà Or donc, j’ai l’honneur d’exercer cette joyeuse profession de croque-morts. Mon boulot consiste à recevoir les familles, organiser les obsèques et faire les cérémonies. J’ai commencé tout en bas, comme porteur.

Voila pour la présentation et la partie visible. Bon, il faut amender ce constat : actuellement, je passe plus de temps à la rédaction de Funéraire Info, dont je suis salarié à temps plein, qu’en tant que croque-morts de terrain, profession pour laquelle je ne suis plus que vacataire.

Si vous êtes un tantinet observateur, en me regardant bosser, au bureau, vous verriez un petit type en surpoids et manifestement concentré pour avoir l’air professionnel, et, en, cérémonie, un gars manifestement obsédé par tout ce qui pourrait tourner mal. Le tout pour un salaire mensuel équivalent à un quart d’heure de travail d’un trader.

« Pourquoi, alors, fais tu ce métier, si il te stresse si manifestement ? » Me demanderez vous peut être.

Eh bien, pour deux raisons.

La première, c’est que je suis de toute façon stressé de nature, et que, même planqué derrière un guichet de la sécurité sociale, je serait mort d’angoisse, à l’idée de m’attirer un blâme parce que je travaille, par exemple (si d’aventure il y a, parmi notre lectorat, des gens qui travaillent à la sécu, sachez que je plaisante, en jouant sur un a priori facile, que vous devez entendre tous les jours, mais ça reste de la taquinerie : je n’ai jamais eu le moindre souci avec vos services). Donc, de toute façon, ma carrière de maître zen est fichue.

La seconde est que ce travail est l’observatoire idéal de la société, ce qui, pour tout un tas de raisons, m’agrée bien.

L’on parle de temps en temps, dans les journaux, d’individus retrouvés chez eux longtemps après leur décès. Vous avez peut être l’impression que, quoiqu’il s’agisse d’un événement tragique, représentatif de la solitude et de l’indifférence des sociétés modernes, cela reste exceptionnel. Perdu. C’est fréquent. Les gens sont seuls, ça on le savait, les gens sont indifférents, et ça aussi on le savait, alors pourquoi le drame du type qu’on retrouve chez lui, mort depuis plusieurs semaines, étonne encore ? On nous pose souvent la question : mais, comment se fait il que les voisins n’aient rien senti ? Je crois qu’il y a une double raison à cela : la première, c’est que les immeubles sont conçu de telle manière que les odeurs sont évacuées vers l’extérieur. Et la seconde, c’est que les gens sont capables d’occulter ce qui les dérange.

Enfin, d’une manière générale, on voit passer toutes sortes de gens. Mais la catégorie que l’on observe le plus, ce sont les abasourdis. Les perdus, ceux qui ne savent même pas comment réagir, ceux qui croyaient s’être préparés au deuil et qui se rendent compte que non, finalement, hein, ils n’étaient pas prêts, et de l’observation de tous ceux la, il n’y a qu’une seule conclusion à tirer : d’une manière générale, notre société a tendance à occulter la mort. Contrairement à nos aïeuls, pas si lointains, d’ailleurs, nous nous voilons la face envers la vérité ultime : rien n’est éternel : nous sommes condamnés à perdre tous les êtres qui nous sont chers, et le dernier être cher que nous perdrons, c’est nous même.

Tout cela fait partie de la richesse de notre métier, dont nous rendons compte fidèlement, jour après jour, dans Funéraire Info, puisque hormis nous et nos confrères papier Résonance et Funéraire Magazine, il ne faut compter sur personne d’autre pour le faire. A l’origine, flux info de Mémoire des Vies, nous avons créé ce média indépendant pour éviter le mélange des genres : de l’information professionnelle sur un site grand public.

Funéraire Info, depuis un an, a appris beaucoup, et apprends encore, et continuera, parce que le jour ou nous n’aurons rien appris, nous deviendrons immobiles et sentencieux, rien à voir, donc, avec l’attitude qui convient à un journal relatant l’activité du funéraire, sur Internet, en temps réel, donc.

Durant les quelques jours de ce pont, nous allons privilégier les pages culture, puisque l’actualité est bien morne, mais une fois cette (courte) parenthèse passée, et la rédaction reste entre temps sur le pont, prête à réagir au moindre soubresaut de l’actualité, plus encore, nous nous consacrerons aux professionnels, à tous les professionnels du funéraire. Nous sommes une petite équipe : deux collaborateurs à temps plein, et des contributeurs occasionnels, aussi, nous ne pouvons être partout : n’hésitez pas à vous manifester, que vous soyez PDG d’un groupe de 5000 salariés ou artisan, tout seul au fin fond du Cantal, vous êtes un professionnel du funéraire, nous voulons parler de vous.

Ce sera donc la ligne éditoriale que nous tiendrons, parler des pros, mettre en contact des collègues entre eux, des fournisseurs et des clients, des prestataires et ceux qui ont un besoin. Nez au vent, nous parlerons du funéraire d’aujourd’hui en essayant de savoir ce qu’il sera demain.

Nous ouvrons nos pages à la publicité, puisqu’il faut bien vivre, et nous la ferons dans la tonalité du site : qu’elle soit efficace, mais non envahissante. Vous pouvez nous contacter, si vous avez des questions à ce sujet.

Dites, je viens de me rendre compte, ça fait un an… Le premier d’une longue série. Bon anniversaire Funéraire Info ! Vous pouvez, si vous voulez, nous envoyer un petit mot, cela fait toujours plaisir.

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