Funéraire : quelles questions se pose le public ?

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Jeudi dernier, j’étais en rencontre-dédicace à la Librairie Dialogues de Brest. Ce moment très sympathique m’a permis d’apprendre quelques petites choses…

Une rencontre

Le principe de la rencontre est assez simple : la librairie invite un auteur, une libraire fait une interview d’environ une demi heure, et pendant trois quart d’heures, le public peut poser les questions qu’il souhaite.

Autant le dire, j’appréhendais un peu : autant une dédicace permet d’échanger quelques mots avec quelqu’un qui, soit n’a pas lu votre livre, soit l’a apprécié (sinon, il ne se donnerait pas la peine de venir le faire signer.

Mais une rencontre, c’est un temps dédié à la discussion, et aux questions. Et le public était nombreux. Autant dire que, en arrivant dans la salle, je l’ai parcourue du regard pour voir s’il y avait du goudron et des plumes. Il n’y en avait pas, mais, à la place, un public plutôt sympathique, qui posait des questions.

Conclusion : les râleurs n’étaient pas suffisamment en pétard pour se déplacer.

Mais, au final, qu’est-ce qui intéresse les gens, lorsqu’ils ont un agent funéraire sous la main ?

La personnalisation des obsèques

Les questions ont beaucoup porté sur la personnalisation des obsèques. Globalement, le public semblait conscient que l’avenir des obsèques n’était pas dans le religieux, et anxieux de savoir ce que nous proposions à la place, et ce qu’ils avaient le droit de nous demander.

Globalement, ce que nous proposons à la place, c’est en fonction de chacun, et ce qu’ils sont en droit de nous demander, c’est à peu près tout : ça ne coûte rien, et on s’occupera ensuite de voir ce qu’il est possible de faire (ce sont deux choses très différentes).

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Les nouveaux concepts on suscité également pas mal d’interrogations. Le cercueil en carton, incontestablement, intéresse, en bien ou en mal. Il semblait y avoir deux camps, du « J’en veux un ! » (et son corollaire « Vous savez chez qui je peu en acheter ? ») jusqu’au « Pas pour moi, merci ». Aucun « sans opinion » à l’horizon.

Plus inquiétant, à peine une question sur les QR codes, et, dans la salle, une indifférence polie, parfois amusée, mais aucun intérêt pour le produit. Les plus jeunes dans l’assistance devaient avoir la petite trentaine, et ne semblaient pas concernés par l’idée.

LA grande question

Mais LA grande question, qui fascinait quelques personnes qui étaient venues, à priori, exprès pour ça, c’était… La vie après la mort.

Après tout, nous sommes aux première loges. Donc, une petite série de questions sur « Vous croyez au surnaturel ? » (non) ou « Vous avez déjà assisté à des événements étranges ? » (oui. J’ai écrit un livre, à ce sujet. Mais il n’y a pas de fantômes dedans).

Une dernière question, qui suscitait manifestement la curiosité : si le fait de travailler dans le funéraire avait changé mon regard sur ma propre mort. Une conclusion presque philosophique. La réponse ? Non. Je n’avais pas envie de mourir avant, je n’en ai toujours pas envie aujourd’hui.

Pour conclure

En guise de conclusion, je suis sorti de là soulagé, et vaguement heureux. Parce qu’il semble que notre profession n’a pas mauvaise réputation, finalement. Ce qu’il est ressorti globalement de cette rencontre, c’est une impression de respect pour ce que nous faisons, et une intense curiosité sur la façon dont nous le faisons, et pourquoi.

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Guillaume Bailly

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