Gonflé : le cadavre d’une poupée jeté dans la rivière

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Les pompes funèbres de Langeais, riante bourgade de la région de Tours, n’ont pas été sollicitées, la semaine dernière, pour un enlèvement de corps particulier. Dommage.
La pêche miraculeuse

Les passionnés le savent bien : plonger un hameçon dans une rivière, c’est prendre le risque de remonter un cadavre. C’est du moins ce qu’expliquent les feuilletons télévisés, ou d’innocents pêcheurs remontent la victime en début d’épisode, en général pour un misérable salaire de figurant. En vrai, c’est beaucoup moins fréquent.

La mésaventure qui est arrivée à un pêcheur la semaine dernière est donc rarissime, et par certains aspects, unique. L’homme, qui taquinait le poisson, a aperçu le corps d’une femme flottant immobile dans l’eau, est s’est empressé de prévenir la gendarmerie, sans même appeler une chaîne info avant, c’est dire s’il était pressé.

Arrivé sur place, les militaires n’ont pu que constater le décès de la victime, posant une question métaphysique : avait-elle jamais pu être considérée comme vivante ? Le corps, en effet, était celui d’une poupée gonflable de type féminin à usage sexuel. Un des gendarmes a déclaré à France Bleu Touraine que c’était « en touchant le corps » qu’ils avaient compris la véritable nature de l’objet.

Moralité : les poupées gonflables ont fait d’immense progrès, elles ressemblent désormais plus à une femme noyée qu’à un ballon de plage de mauvais goût, mais la marge de progression reste forte.

Les pompes funèbres en canard de bain

Nulle précision n’est donnée sur la méthode retenue pour enlever la défunte du théâtre funeste. Une chose est sûre : nulle société de pompes funèbres n’a été sollicitée. Qu’est il advenu d’elle ? A-t-elle fini dans le coffre d’une voiture de gendarmerie, puis balancée dans les ordures ménagères ? Y a-t-il une vie après la mort pour les poupées gonflables ? A-t-elle été recyclée ? Réincarnée en préservatif ?

C’est dommage que l’on n’ai pas sollicité les collègues. Imaginez :

  • Ou est le corps ? (Demande le croque-morts)
  • Là, sur la berge. (Répond le gendarme)
  • Elle est décédée depuis longtemps ? (Interroge le croque-morts)
  • Difficile à dire. Elle flottait sur l’eau. (Précise le gendarme)
  • Si il y avait encore des gaz, ça fait quoi, 3, 4 jours ? (insiste le croque-morts)
  • Oh, ça, des gaz, elle n’a pas dû en manquer (conclut le gendarme)

La tête de l’équipe envoyée en réquisition au moment de la mise en présence du corps aurait pou être photographiée, agrandie et servir de poster pour une campagne de recrutement (« Étonnez-vous chaque jour, devenez croque-morts »). Nul doute que, consciencieusement, ils auraient soigneusement installé l’infortunée de plastique dans une housse de la même matière, pour la première fois de leur vie, les housses en cuir humain n’étant pas très répandues.

Enfin, l’assistant funéraire aurait réglé les obsèques, mais avec quelle famille ? Et puis, qu’en faire ? La crémation, non, le plastique n’est pas bon pour les systèmes de filtration des fours. L’inhumation non plus, la pauvre poupée gonflable n’étant pas biodégradable. Notez, le problème est le même avec certaines personnes qui ont passé trop de temps chez leur chirurgien esthétique.

N’empêche, il est désolant de penser que la noyade de cette infortunée finira sans doute sur un non-lieu, voire sur un jamais-eu-lieu. Aucun médecin légiste ne déterminera si la victime avait eu des rapports, consentis ou non, avant sa mort. Et son ancien amant l’a déjà certainement oubliée dans les bras d’une autre d’un modèle plus récent. C’est triste, une histoire d’amour qui finit mal.

Guillaume Bailly

1 commentaire

  1. Pour établir l’identité de « l’assassin », un test ADN a-t-il été entrepris ? De toute évidence, il y a eu rapport sexuel avant le drame…

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