Grande-Bretagne : les pompes funèbres virent au vert

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Pompes funèbres vertes
(capture site BBC)

Avant de mourir, emportée par un cancer, la mère de Rosie Grant a demandé qu’on lui organise des funérailles uniques et à son image. Pas un service victorien britannique. Non. Une cérémonie dans une grange au toit de chaume, un enterrement dans les bois.

Rosie Grant et son frère ont planté un arbre sur la tombe. Cette personnalisation l’a marqué. « Je pense que ma mère aurait été fière », confie t-elle. Au point que cette Anglaise de Manchester, âgée de 46 ans, a décidé de partager son expérience. En 2005, elle a créé sa société de pompes funèbres, Natural Endings. Depuis, raconte la BBC, elle donne un grand coup de pied aux traditions, se voulant plus respectueuse de l’environnement, proposant des obsèques plus intimistes, plus uniques. Dans des pubs, des granges, dans la maison même du défunt. Puis des inhumations dans plus de 200 sites boisés aménagés disponibles dans tout le Royaume-Uni. Ce sont les familles qui construisent les obsèques avec elle.

Rosie Grant imagine des enterrements « éthiques », à l’image d’une nouvelle génération d’entrepreneurs du funéraire (3.900 sociétés au Royaume-Uni). «Les gens sont de plus en plus désireux d’un format différent, d’un choix plus large », convient Mike Owen, directeur général de l’Association qui fédère les pompes funèbres. Natural Endings propose, par exemple, des cercueils biodégradables en bambou, saule et feuilles d’ananas tissées. On est loin du cercueil en bois laqué, limousine noire, hauts de forme et service solennel.

Directrice de l’organisme de bienfaisance Natural Death Center, Rosie Inman-Cook note ce changement, le sens religieux en baisse. Pour elle, la plupart des entrepreneurs du funéraire qui partent dans cette nouvelle voie sont des femmes. Souvent parce qu’elles ont assisté à des obsèques de proches, et qu’elles pensent faire mieux.

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Jeremy Smith, 55 ans, a repris la société Green Endings en 2008, qui ouvrira cette année sa quatrième agence. Il revendique lui aussi le naturel, pas le pompeux. En 15 ans, il a vu lui aussi l’émergence de ce mouvement. Présent à Londres, son corbillard est rose, il transporte aussi les cercueils sur un tricycle drapé noir. Sa société a notamment organisé en 2014 les obsèques de l’acteur Roger Lloyd Pack (Harry Potter, La Taupe…), enterré dans un cercueil tissé.

Pour aider le public à mieux imaginer ses obsèques futures, l’ancienne rédactrice de mode Louise de Winter a lancé en novembre un service de planification, Poetic Endings. A son tour, elle a été marqué par des funérailles familiales. « Consternée » est le mot employé. Alors elle organise aujourd’hui régulièrement dans des cafés des réunions. On y échange sur la mort. On y réfléchit au service funéraire que l’on souhaite, et comment y parvenir.

 

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