Grèce : la difficile entrée en vigueur de la crémation

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Le parlement grec

Dans un pays où la puissante Église est religion d’État et récuse la crémation, le parlement grec vient de réaffirmer cette vérité : le défunt a le choix de ses funérailles. En refusant les rites d’inhumation, on sort de la pratique orthodoxe, réplique l’Église, menaçante. Ambiance.

Petit retour en arrière. En 2006, la gauche fait lever au Parlement l’interdiction de la crémation. Un coup de tonnerre dans cette Grèce pieuse. Hurlements des religieux. Et de fait, la loi a beau exister, les crématoriums promis ne sont pas construits. Ce n’est pas faute d’un besoin : les cimetières sont pleins, notamment à Athènes et Salonique (presque la moitié de la population).

Si le citoyen n’a pas les moyens de s’acheter une très coûteuse concession familiale, il sera temporairement enterré pour trois ans, puis exhumé et au mieux déposé dans un ossuaire. Il n’est donc pas rare de devoir entamer des démarches pour sortir un corps de Grèce vers des pays proches (Bulgarie notamment) afin qu’il puisse être crématisé.

La loi sur la crémation a été officiellement publié dans la Gazette du gouvernement il y a quelques jours. Le nouveau texte stipule que les dernières volontés d’un mort doivent être suivies, du moment que l’ordre public est respecté. Pour éviter tout litige, il est même recommandé d’écrire par avance son souhait devant un notaire.

En janvier dernier, sentant le vent tourner, l’assemblée des évêques a envoyé un courrier de protestation au ministre de l’Intérieur. Ce dernier n’a pas répondu. L’archevêque d’Athènes, principal prélat du pays, a prévenu : l’Eglise a « un certain mode de vie et personne n’a le droit d’ajouter des choses de son goût ». Il poursuit, très clair : chacun est libre de ses choix. Mais en même temps, chacun assume la responsabilité de ses actes. Dans l’intérêt de son salut post-mortem.

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