Grenoble : rififi aux pompes funèbres

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Débats au Conseil métropolitain Grenoble-Alpes (capture youtube)

« Il faut qu’à l’automne, les choses soient impérativement remises d’équerre » : autorité délégante, le Conseil métropolitain Grenoble-Alpes a réclamé ce vendredi de meilleures pratiques à la SEM (semi-publique) gérant les pompes funèbres intercommunales (81 communes).

Il faut dire que le rapport de la Chambre régionale des comptes soumis à discussion ne fait pas dans la dentelle. Portant sur les exercices 2008 à 2012, il relève certes la bonne qualité du service aux habitants, et une bonne santé financière. Mais il dénonce aussi des frais de communication, de bouche, de déplacements excessifs, des avantages en nature et des hauteurs de rémunération des dirigeants curieuses. Ainsi, la directrice générale aurait perçu dans la période un salaire brut de 249.000 euros annuels. 20.000 euros par mois. Son bras droit à peine moins. Les salaires des 70 salariés auraient augmenté sur la période de 2%. Ceux de la direction de 25 %.

Christophe Ferrari, président de l’Agglomération, résume le rapport d’enquête. Evoque ces appartements de fonction pas chers, les travaux d’aménagement qui y ont été effectués. Il souligne que si les rémunérations des dirigeants étaient restés stables, le résultat d’exploitation serait supérieur de 66%. Il formule les recommandations des magistrats : plus de contrôle des élus sur la SEM. Plus d’échanges d’informations financières. Mieux maîtriser les avantages et les rémunérations.

Alors, l’exercice est digne des grands funambules : comment s’indigner fort en minimisant le manque de contrôle exercé sur la SEM ? « Tout cela choque. Mais avions-nous les informations nécessaires pour pouvoir contrôler ?», s’interroge t-il.

L’assemblée est divisée. Il y a ceux qui veulent taper vite et fort. Qui parlent de « dérives importantes », de « faillite politique », qui réclament les démissions immédiates de la directrice générale et du conseil d’administration, qui appellent à « reconquérir la SEM ». Un conseiller : « Quand on est administrateur d’une SEM, on ne vous répondra pas aux questions qu’on ne pose pas ! ».

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Il y a ceux qui préfèrent éluder, s’attachant à la qualité du service rendu, reconnu par plusieurs normes d’excellence. Et les autres, qui cherchent des explications à ce manque de contrôle public, « parce qu’on le doit aux citoyens ».

Un nouveau conseil d’administration a commencé à revoir le fonctionnement des pompes funèbres intercommunales. « C’est à lui de dire s’il a encore confiance en sa directrice générale », assène le Président. « Nous devons exercer un contrôle, mais pas une tutelle. Et s’il y a eu faute pénale, c’est à la Chambre régionale des comptes de saisir le procureur. Nous, nous verrons à l’automne si le Conseil d’administration de la SEM s’est interrogé, et quelles réponses il a donné. »

Les pompes funèbres intercommunales de la région grenobloise, basées à La Tronche (Isère), ont gagné en 2012 un chiffre d’affaire de neuf millions d’euros, ont réalisé 3.100 obsèques, et gèrent un centre funéraire et un crématorium. Sa force de frappe ? Quasiment 90% de part de marché sur un bassin de 520.000 habitants. Selon elles, les PFI sont le premier opérateur funéraire public pour les obsèques et le septième opérateur funéraire en France.

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