Guillaume Bailly, Mes sincères condoléances, l’histoire secrète

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Je fais partie des privilégiés qui ont pu avoir en main le premier opus de Guillaume Bailly, « Mes sincères condoléances » avant sa sortie officielle. Depuis une semaine, j’ai parcouru les pages du livre et je me suis délecté avec quelques histoires.

Il est difficile d’être complétement neutre et impartial, travaillant avec Guillaume depuis plus de deux ans et étant son employeur et l’ayant recruté pour ses narrations sur Requiem29, pardon, Croque-morts magazine, dont quelques unes ont été réécrites pour ce livre avec de nombreuses nouvelles inédites.

L’histoire secrète d’un best-seller!

Il y a bien longtemps, en fait, 4 ou 5 ans, une fois par semaine, Guillaume livrait sur Requiem 29, une nouvelle histoire vécue par lui ou par d’autres et soigneusement vérifiée par notre blogueur. C’était le temps où le funéraire et internet s’ignoraient royalement, et seule Carole de l’IFFPF, tentait de créer une communauté sur Facebook.

Souvenons-nous, « Félicitations à tous les participants à la clôture du jour » »(1), nous nous précipitions pour lire une nouvelle, drôle ou triste, une tranche de vie du funéraire, où le personnage principal n’était pas le défunt, mais généralement les proches dans ce funeste moment. Et sur la page principale du site nous pouvions lire « J’ai gardé un cœur d’enfant.  Sur mon bureau, dans un bocal de formol, Robert Bloch » et « içi, l’humour c’est comme le café. Noir et sans sucre », souvenir… Le 9 octobre ce qui n’était qu’une aventure numérique est devenue réalité, Guillaume se retrouve en librairie à côté d’auteurs qu’il aime ou qu’il déteste, il assure la promotion de son premier livre, écrit des épitaphes, pardon des dédicaces.

Un rêve qu’il avait depuis longtemps, être publié !

Morceaux choisis

Mes sincères condoléances se présentent comme un recueil de nouvelles courtes, une à plusieurs pages. Les unes sont touchantes, d’autres sont franchement à se tordre de rire tant les travers des hommes peuvent se révéler surréalistes dans des moments cruels. Elles se situent souvent en Bretagne et même si rien de paranormal à proprement parler n’y apparaît, on entend parfois l’Ankou passer et on sent l’attachement de l’auteur à sa terre.

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Bien des histoires sont traversées par le souffle de la grande histoire. Comme celle de cet homme qui avait été découvert dans un état de décomposition si avancée que les employés des pompes funèbres priaient pour que les proches n’émettent pas le souhait de voir le défunt. Évidemment, le contraire se produisit et l’auteur tenta avec beaucoup d’insistance de les en dissuader. En vain. Finalement, le grand-père décida d’y aller seul en premier. Et alors qu’il n’était qu’à quelques mètres du défunt, Guillaume essaya une fois de plus de le retenir, lui expliquant à quel point la vision allait être pénible. C’est alors que le grand-père l’arrêta net, lui montra son tatouage sur l’avant bras et dit : « j’ai sans doute vu pire à Dachau ». Immense moment de solitude pour l’auteur qui nous dit qu’à cet instant, il aurait voulu disparaître sous terre….

Mais ce qui frappe le lecteur, c’est l’incroyable solitude de nos mourants, retrouvés des mois ou des années après leur décès ou entourés de proches totalement déficients, comme ceux qui se présentent ivres-morts à la cérémonie, ceux qui exigent une cérémonie courte parce qu’ils rendez-vous avec le notaire, cette dame qui demande qu’à son décès que ses deux fils, avocat et médecin, ne soient pas avertis parce qu’il ne faut pas les déranger, « vous comprenez, ils ont beaucoup de travail », ce tuteur professionnel qui ne s’est pas rendu compte que sa pupille était morte depuis trois ans, ce proche d’un homme mort dans un incendie qui demande un prix pour la crémation « parce que le travail est déjà bien entamé » ou encore cet homme encore jeune, si seul dans la vie qu’il a fallu à Guillaume des recherches pour retrouver la sépulture de son père.

Le livre nous fait d’ailleurs découvrir le dévouement des employés des pompes funèbres, à l’instar de ceux là qui ont déployé des trésors d’inventivité pour qu’épouse légitime et maîtresse ne se croisent pas, ou ce maître de cérémonie, l’un des meilleurs de la profession semble-t-il, qui a trouvé une solution pour qu’un jeune homme handicapé et obèse puisse être transporté dans la sépulture familiale inaccessible ou encore ces deux croque-morts réquisitionnés pour enlever un corps sans que rien de suspect ne soit relevé par la police et qui vont découvrir les indices d’un crime.

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Enfin, si la lecture ravit, c’est aussi grâce à l’écriture. Nos internautes ne seront pas surpris, eux qui ont déjà remarqué la plume de Guillaume. Elle se déploie dans l’ouvrage avec un talent certain, les trouvailles sont nombreuses et très souvent, il faut le dire, très drôles, tel ce défunt qui devait peser 140 kilos, « dont un bon cinquième tapissait le sol de son séjour »…

Remerciements

Il manque dans ce livre une page remerciements, je vais donc l’écrire moi-même, m’estimant l’entremetteur entre l’éditeur et l’auteur un jour de mars 2014 pendant Tanexpo.

  • Merci à mes parents, sans qui rien n’aurait été possible.
  • Merci à Angélique, sans qui rien n’aurait été possible.
  • Merci au monde des pompes funèbres, sans qui rien n’aurait été possible.
  • Merci à Eric, (moi), sans qui rien n’aurait été possible. (2)
  • Et pardon à ceux que j’aurai pu oublier…

Et pour conclure

En juillet 2011, Guillaume publiait un statut sur Facebook :

« Ambition pour 2012 : que Croque-morts magazine devienne LE webzine indépendant des pompes funèbres. Aujourd’hui, 200 lecteurs, demain, 20 000. J’aurai besoin d’un coup de main… »

Aujourd’hui en 2014, Guillaume travaille pour Funéraire-Info, LE webzine indépendant des pompes funèbres et à partir du 9 octobre, ce n’est plus 200 lecteurs pour tes nouvelles, mais des milliers… Vivement le tome 2 et «Merci pour ce moment»!

Légendes: Guillaume Bailly et Stéphane Chabenat,  Éditions de L’Opportun et Guillaume Bailly en interview avec une journaliste de France-Inter le jeudi 3 octobre, cimetière du Montparnasse. Crédit photo, Funéraire-Info

Pour commander: Mes sincères condoléances – Éditions de L’Opportun – 315 pages – 9 octobre 2014

(1) C’était juste une formule alambiquée pour dire « bravo à tous ceux qui ont survécu à cette journée ». Je ne me rappelle plus comment j’ai eu l’idée, et à chaque fois qu’on me posait la question, je m’amusais à inventer une raison différente…
(2) Pardon pour mon immense modestie.
 

4 COMMENTAIRES

  1. Félicitations Guillaume! Je te suis de prêt ou de loin depuis le début (et tu le sais)! Ravi que ça aboutisse de la meilleure des manières 🙂

  2. Enfin !
    Depuis que nous attendions ce recueil d’émotions multiples partagées sur ton blog et qui a fait nos délices au fil de tes publications, je suis ravie de ce grand saut.
    En lectrice exigeante de la premiére heure, J’espére un opus 2.
    Les femmes sont exigeantes mais quand elles s’ attachent à un auteur, elles lui restent fidéles.

  3. Enfin !
    Depuis que nous attendions ce recueil d’émotions multiples partagées sur ton blog et qui a fait nos délices au fil de tes publications, je suis ravie de ce grand saut.
    En lectrice exigeante de la premiére heure, J’espére un opus 2.
    Les femmes sont exigeantes mais quand elles s’ attachent à un auteur, elles lui restent fidéles.

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