House of Card, sur Canal +, la politique selon Fincher et Spacey

0
958

Dans l’univers des séries télévisées actuelles, il n’y a pas que Game Of Thrones. Amateurs d’univers politiques sans les costumes médiévaux et d’intrigues qui ne se résolvent pas à grands coups d’épées, House of Cards est pour vous

house-of-cards-poster-210x300 House of Card, sur Canal +, la politique selon Fincher et SpaceyDe quoi ça parle ?

Frank Underwood, membre du Congrès démocrate et whip (membre d’un parti politique élu au parlement dont le rôle est de s’assurer que les membres du parti soient présents lors des votes à la chambre et suivent les consignes données par les chefs du parti) à la Chambre des représentants, a aidé Garrett Walker à devenir président des États-Unis en échange de la promesse de devenir Secrétaire d’État. Mais, avant l’investiture de Walker, la chef de cabinet Linda Vasquez lui annonce que le Président n’a pas l’intention d’honorer sa promesse.

Furieux, Underwood et sa femme Claire (qui comptait sur la nomination de son mari pour développer son groupe d’activistes environnementaux dans d’autres pays) font un pacte pour détruire ceux qui l’ont trahi. Frank se met donc à la recherche de pions pour mener sa croisade, et il trouve pour cela le député de Pennsylvanie Peter Russo, manipulable grâce à sa vie privée dissolue, et la jeune et ambitieuse journaliste Zoe Barnes, afin de tracer sa route vers les plus hauts postes.

Ça sort d’où ?

Autant le dire tout de suites : la série ne fait pas étalages d’inconnus. Dans le rôle principal, on retrouve avec plaisir l’excellent Kevin Sapcey, dont l’œil frise manifestement de plaisir de se retrouver dans cette excellente série. Sa femme est incarnée par Robin Wright, ex madame Sean Penn, révélée par Dynastie et grand amour de Forrest Gump.

Kevin Spacey produit également la série, aux côtés de David Fincher, initiateur du projet. Comment ça, c’est qui, David Fincher ? Vous ne connaissez pas le réalisateur de Seven, Fight Club, Zodiac, L’étrange histoire de Benjamin Button ? Ah, vous me rassurez.

Fincher et Spacey se retrouvent ainsi, quelques années après que le réalisateur ait donné le rôle du tueur en série de Seven à l’acteur Oscarisé.

Il est amusant de signaler qu’aux Etats-Unis, les 13 épisodes de la première saison ont été proposés en streaming d’affilée, sur l’impulsion de Kevin Spacey, qui déclarait « Quand je demande à mes amis ce qu’ils font pendant leur weekend, ils disent : « Oh, je suis resté chez moi et j’ai regardé trois saisons de Breaking Bad ou deux saisons de Le Trône de fer ». »

Alors, ça ressemble à quoi ?

Cette plongée au cœur de la politique américaine, mais dont le modèle et les méthodes est transposable sur toutes les démocraties parlementaires, est loin d’être aussi barbant que ça en a l’air quand je vous le décrit. C’est vrai : vous dites que vous n’aimez pas les séries politiques, puis vous retournez voir quelques épisodes du Trône de Fer, restez logiques. La seule différence entre les deux séries, à part l’époque, c’est que les perdants ne se font pas décapiter.

Et surtout, c’est drôle. Drôle à mourir dans le genre cynique, bien entendu, mais drôle. Et cela tient beaucoup à un choix de mise en scène : le personnage principal vous raconte l’intrigue. Au milieu d’une action, en effet, Kevin Spacey se tourne vers la caméra, et explique ce qui est en train de se passer, ce qu’il fait, ce qu’il escompte. Régulièrement, lorsque quelques chose qu’il avait prévu se produit, il se tourne vers le spectateur, et fait une petite moue sur le thème « Je l’avais dit ».

Habile, cette astuce de mise en scène est très littéraire, comme le narrateur d’un livre qui commente. Et surtout, elle fait de vous les complices du politicien, en vous prenant à témoin.

Alors, c’est pour qui ?

Si vous aimez le Trône de Fer, la série qui cartonne ces temps-ci, mais que vous aimeriez voir une série un peu moins fantasy, si vous cherchez une intrigue un peu moins touffue en matière de personnages que, si le sexe et la violence de l’adaptation de Georges R.R. Martin vous dérangent, House of Cards est pour vous.

Et si pour vous la politique est une comédie, alors, oui, House of Cards est complétement pour vous.

House of Cards, Canal +, le jeudi soir
houseofcards_620_111512-300x260 House of Card, sur Canal +, la politique selon Fincher et Spacey
"Oui, je sais, il dit du bien de moi, cet article. Je le sais, parce que c'est moi qui l'ai dicté".

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.