Il était une fois…Pascal Gouriou

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Un homme, un visionnaire comme la profession du funéraire en a vu défiler quelques-uns, tous les citer serait impossible cependant Pascal Gouriou était aux opérateurs de Pompes Funèbres ce que Paul Clerc était à la Thanatopraxie, un précurseur et avant-gardiste de talent.

Parti de zéro dans les années 2000, cet originaire de Guingamp était un autodidacte confirmé comme il aimait à le dire, pas de diplôme ni de formation particulière, exceptée celle d’ambulancier qui lui permis de reprendre une société de transport sanitaire en 1998 aidée de sa femme, Virginie.

Elle s’appellera l’Etoile Bleue.

L’entreprise grandit et le couple décide de pallier au manque d’opérateurs funéraires en créant une entreprise de Pompes Funèbres qui voit le jour, doté d’un premier funérarium composé de quatre salons de bonne taille, aux noms évocateurs des îles de la région (Île Callot, Île de Batz, Île de Sieck et îlot Sainte-Anne).

La croissance est alors fulgurante, à la hauteur de leurs investissements et du temps consacré à la bonne marche de l’entreprise aidés de ses cinq salariés, qui, pour certains, sont présents encore aujourd’hui.

L’augmentation des convois s’intensifie, ce qui conduit le couple Gouriou à investir dans un second établissement situé sur la commune de Plouescat en 2004.

Puis vint le funérarium de Taulé, célèbre par son fort construit par Vauban, au bord de la Penzé et de la Pennelé, ces deux rivières qui bordent la commune et qui baptiseront le nom des salons du funérarium de Taulé. Nous sommes en 2008.

L’activité grossit de manière exponentielle et c’est un troisième funérarium qui vient compléter les deux autres, celui de Cléder en 2011 puis très récemment celui de Landivisiau dans la Zone du Vern en 2015, fleuron de l’entreprise Gouriou, doté de quatre salons magnifiquement ornementés et résolument tournés vers le service aux familles.

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Pascal-Gouriou-2 Il était une fois…Pascal GouriouLa vente de l’entreprise de transport sanitaire permet au couple d’investir massivement dans leur domaine de prédilection en privilégiant les innovations comme l’achat de ce corbillard Limousine, de l’agrandissement de son complexe funéraire de Saint-Pol-De-Léon où ils firent ériger une magnifique salle de cérémonie civile d’une capacité de 200 places ou encore de la personnalisation de ces cercueils, revêtus de décors aux couleurs du Pays du Léon, des Îles avoisinantes ou de la Baie de Morlaix.

Pascal, en plus de sa casquette de chef d’entreprise, était un philanthrope, un homme généreux, investi d’un grand cœur et d’une énergie débordante. Et l’on ne compte plus les coups de main, les initiatives, les chances qu’il a données ici et là à ces personnes qui un jour, ont eues la chance de croiser son chemin, parfois un court moment parfois plus longtemps, certaines depuis plus de deux décennies !

Et je fus l’un de ces privilégiés, dans l’entreprise que fut la mienne ; j’étais alors thanatopracteur et je n’oublierai pas notre première rencontre du 12 février 2005, sept jours après avoir lancé mon entreprise de thanatopracteur ! Pascal me confia aussitôt les clés de son funérarium de Saint-Pol-De-Léon et me fit visiter l’entreprise, me parla de ses projets à venir, de ses rêves, comme si nous nous connaissions depuis vingt ans déjà !

Il fut le premier aussi à développer le moulage mortuaire en exposant à l’année les dernières créations que mon épouse et moi-même avions réalisées au sein de son magasin de Saint-Pol-De-Léon. Résonance s’était d’ailleurs déplacé en Terres Léonnes pour rencontrer ce personnage car c’en était véritablement un dans tous les sens du terme !

Généreux pour les uns, mécène pour les autres, Pascal ne savait pas compter quand il s’agissait d’aider les gens, il forma et embaucha David Quémener, personne tétraplégique, à la conduite des ambulances et fit équiper une voiture spécialement à cet effet, il n’en tirait aucune gloriole ou fierté, juste le plaisir d’avoir pu aider à sa façon une personne qui avait envie de travailler comme « les autres ».

Pascal, c’était aussi une complicité sans borne avec son épouse Virginie, un père aimant pour ses deux filles Alizée et Océane et un patron ou plutôt un leader qui ouvre des voies, montre le chemin et ne reste pas assis sans rien faire, c’était la force de l’exemple avec ses coups de gueule qui retombaient presque aussitôt, de la pugnacité (Un vrai Breton quoi !), son humour un peu décalé qui parfois ne faisait rire ou sourire que lui, ses moments de fêtes débridés où le mot « amitié » prenait tout son sens !

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L’hommage civil qui lui a été rendu vendredi 20 avril à Saint-Pol-De-Léon a permis à certains d’entre nous de se rappeler ces bons moments, aidés d’une filmographie et de photos privées qui ne pouvaient laisser aucun doute quant à la bonhommie et à la simplicité du personnage.

D’ailleurs c’est une boule à facette qui accompagnait le cercueil blanc de Pascal et c’est au champagne que s’est clôturée la cérémonie, telle qu’il aurait voulu que cela se termine, en beauté… !

Régis Narabutin, Thanatopracteur

Régis-Narabutin Il était une fois…Pascal Gouriou

Crédits Photos : Le Télégramme

Selon les volontés de la Famille, des dons pour la recherche sont privilégiés au profit de l’association Ildys de Roscoff, fondation reconnue d’utilité publique auprès des personnes en situation de difficulté (Protection de l’enfance, personnes âgées, handicapées, soins de suite, personnes fragilisées à tous âges de la vie).

2 COMMENTAIRES

  1. Un homme visionnaire, toujours en avance sur son temps, qui proposait une offre audacieuse dans une région où il est parvenu à bousculer gentiment la tradition bien ancrée. Le genre de personne qui marque les esprits, un homme entier, tel qu’on les aime en Bretagne. Quelle tristesse ce départ prématuré …

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